Projet est en interligne, au-dessus de dessein, effacé
ner Monseigneur, et présentement', et après lui; combien M. de Luxembourg étoit l'âme de toute cette affaire, et les merveilles pour soi qu'il s'en proposoit ; l'excès du mépris de la Choin et de Clermont pour la princesse de Conti, de qui Clermont lui sacrifia les lettres, que le Roi eut par ce même paquet intercepté à la poste, après beaucoup d'autres dont il faisoit rendre les lettres après en avoir pris les extraits, et avec ce paquet une lettre de Clermont accompagnant le sacrifice, oii la princesse de Conti étoit traitée sans ménagement, où Monseigneur n'étoit marqué que sous le nom de leur gros ami, et où tout le cœur sembloit se répandre. Alors le Roi crut en avoir assez, et, une ^ après-dînée de mauvais temps qu'il ne sortit point, il manda à la princesse de Conti de lui venir parler dans son cabinet. 11 en avoit aussi des lettres à Clermont, et des^ lettres de Clermont à elle, où leur amour étoit fort exprimé, et dont la Choin et lui se moquoient ensemble.
La princesse de Conti, qui, comme ses sœurs, n'alloit jamais chez le Roi qu'entre son souper et son coucher, hors des étiquettes de sermon ou des chasses, se trouva bien étonnée du message. Elle s'en alla chez le Roi, fort en peine de ce qu'il lui vouloit, car il étoit redouté de son intime famille plus, s'il se peut, encore que de ses autres sujets. Sa dame d'honneur demeura dans un premier cabinet, et le Roi femmena plus loin. Là, d'un ton sévère , il lui dit qu'il savoit tout, et qu'il n'étoit pas question de lui dissimuler sa foiblesse pour Clermont; et tout de suite ajouta qu'il avoit leurs lettres, et les lui tira de sa poche en lui disant : « Connoissez-vous cette écriture? » qui étoit la sienne; puis celle de Clermont. A ce début, la pauvre princesse se trouva mal; la pitié en
1. Il y a là une abréviation difficile à lire, mais que nous croyons, vu le sens de la phrase, devoir traduire Tpar présentement.