‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 14 sur 334 · En corrige à · texte numérisé non relu

En corrige à

7. Louise de Luxembourg, nommée abbesse en 1597, et morte au mois d'avril 1602, à vingt-deux ans.

tume point, dis-je, à lui voir marier sa seule fille* à René Potier'^ et une fille de cette naissance, et qui, par la mort de son frère unique sans enfants, pouvoit apporter tous les biens de cette grande maison et la dignité de duc et pair, si rare encore^ à son mari; et il faut noter que le premier duc de Pineyfit ce mariage dans son château de Pougy*, sa principale demeure, et où il mourut six ou sept ans après, son fils unique n'ayant que quatorze ans lors de ce mariage. René Potier étoit alors uniquement bailli et gouverneur de Valois. Il ne fut chambellan du Roi et gouverneur de Chàlons que l'année d'après son mariage et même dixhuit mois, et trois ans après capitaine des gardes du corps, qu'il acheta du marquis de Praslin^. Il poussa après sa fortune, à force d'années, jusqu'à devenir duc et pair à

1. Marguerite de Luxembourg, mariée par contrat du 28 avril 1607, et morte le 9 août 1645.

2. René Potier obtint l'érection du comté de Tresmes en duché-pairie en 1648, sous le nom de Gesvres. Il avait été fait gouverneur de Valois en 1d99, chambellan ordinaire d'Henri IV le 30 décembre 1608, gouverneur de Chàlons le 20 octobre 1609, capitaine des gardes du corps le 18 janvier 1611, chevalier des ordres le 31 décembre 1619, conseiller d'État le 26 décembre 1629. Il eut encore le gouvernement de Pontaudemer le 29 novembre 1661, se démit de sa pairie en avril 1669, mais en conserva les honneurs, et mourut le 1''' février 1670, à quatrevingt-treize ans. Voyez, dans Piganiol de la Force, tome IV, p. 89-94, son épitaphe et celle de sa femme, « cette illustre personne, issue de plusieurs empereurs et d'un nombre infini d'autres têtes couronnées. »

3. En dehors des duchés créés pour les princes de la maison de France et pour les maisons de Bourbon, de Savoie, de Bretagne ou de Lorraine, il n'y avait de duchés-pairies érigés en faveur de particuliers que ceux d'Uzès (1565), de Joyeuse (1581), d'Épernon (1581), de Montbazon (1588), de Ventadour (1589), de Thouars (1595) et de Sully (1606).

4. Ce château était un des plus considérables et des plus forts de la Champagne. La commune de Pougy compte aujourd'hui cinq cent cinquante habitants ; elle est à vingt kilomètres S. S, E. d'Arcis-sur-Aube.

5. Charles de Choiseul, marquis de Praslin, lieutenant général en Champagne, gouverneur de Saintonge et d'Aunis, capitaine de la première compagnie des gardes du corps et chevalier des ordres, maréchal de France en 1619; mort le 1^'" février 1626, à soixante-trois ans.

l'étrange fournée de 1663'; et son fils, le gros duc de Gesvres^, vendit sa charge de capitaine des gardes du corps à M. de Lauzun, et acheta celle de premier gentilhomme de la chambre, qui a passé à sa postérité avec le gouvernement de Paris, qu'il eut à la mort du duc de Créquy^. René Potier' dont il s'agit étoit fils et frère aîné de secrétaires d'État^, qui, et longtemps depuis, n'avoient pas pris le vol où ils se sont su élever. Le secrétaire d'Etat étoit

i. Les lettres d'érection de Tresmes-Gcsvres en duché-pairie, quoique remontant à 1648, ne furent vérifiées par le Parlement que le 15 décembre 1663, avec celles de treize autres duchés-pairies créés au profit des maisons d'Estrées, de Gramont, de la Meilleraye, Mazarin, de Villeroy, de Mortemart, de Créquy, de Beauvillier, de Foix-Randan, de Liancourt, de Noailles et de Coislin. Saint-Simon reviendra sur cette « étrange fournée. »

2. Léon Potier, comte de Sceaux, puis marquis, et enfin duc de Gesvres, succéda à son père, comme capitaine des gardes du corps, en juin 1646, et comme duc et pair, en 1669. Il vendit la même année sa charge de capitaine des gardes du corps, pour devenir premier gentilhomme de la chambre (28 juillet 1669). Il avait eu, en 1651, le gouvernement des comtés du Maine, de Laval et du Perche, devint gouverneur de Paris en 1687, chevalier des ordres en 1688, et fut, comme son père, gouverneur et grand bailli de Valois, gouverneur et capitaine des chasses de Montceaux, etc. Il mourut le 9 décembre 1704, à quatre-vingt-quatre ans. Voyez son épitaphe historique dans Piganiol de la Force, tome IV, p. 97-100.

3. Sur ce duc de Créquy, voyez tome I, p. 151-152, et, sur la vente de son gouvernement, les Lettres de Sévigné, tome Ylll, p. 18 et 21-22.

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