Comparez tome XI, p. 173. — 2. Ans est écrit deux fois
3. Journal de Dangeau, tome V, p. 159, et Mercure, mars 1693, p. 278. Ce n'est pas au retour de l'armée, mais à la fin du mois de février suivant, que se fit cette nomination.
4. Voyez tome I, p. iOo. Le comte de Cayeux avait un régiment de cavalerie depuis 167o, le gouvernement de Saint- Valéry depuis 1689, et était brigadier depuis 1690. Il passa maréchal de camp en 1696, fut nommé menin du duc de Bourgogne en mars 1702, puis, dans la même année, généralissime de l'armée de Flandres et lieutenant général.
3. Alexis-Henri, chevalier de Châtillon, capitaine des gardes de Philippe, duc d'Orléans, en 1674, prit le titre de marquis à l'époque de son mariage (1683), et devint alors premier gentilhomme de la chambre de Monsieur, en échange du gouvernement de la ville de Chartres et du régiment de cavalerie du même nom. Il fut fait chevalier des ordres en 1688, brigadier en 1690, passa maréchal de camp en 1710, vendit peu après sa charge de premier gentilhomme, fut disgracié en 1717, et mourut en Poitou, le 17 mars 1737, âgé de quatre-vingt-sept ans. Madame, qui détestait les favoris de son mari, raconte, dans ses lettres (éd. Brunet, tome I, p. 243), l'origine obscure de Châtillon et ses débuts pénibles; néanmoins cette famille prétendait se rattacher à la maison de Châtillon-sur-Marne, si célèbre par ses grands personnages ou par ses alliances, et Saint-Simon parlera bien souvent de ces prétentions.
6. Claude-Elzéar, comte de Châtillon, était mestre de camp de cavalerie, et obtint un régiment de dragons à lever, en 1703. Il mourut le 9 décembre 1721.
7. Selon VÉlat de la France le comte de Châtillon eut la survivance
épousé par amour Mlle de Piennes ' ; c'étoit, sans contredit, le plus beau couple de la cour, et le mieux fait et du plus grand air. Ils se brouillèrent et se séparèrent à ne se jamais revoir. Elle étoit dame d'atour de Madame et sœur de la marquise de Villequier^, aussi mariée par amour. M. d'Aumont avoit été des années sans y vouloir consentir. Enfin Mme de Maintenon s'en mêla, parce que la mère^ de cette belle étoit parente et de même nom que l'évêque de Chartres \ directeur de Saint-
et les deux frères servirent chacun six mois, pendant les années impaires seulement, le service étant déjà partagé entre deux premiers gentilshommes.
1. Le marquis de Châtillon avait épousé, le 18 mars d685, Marie- Rosalie de Brouilly, fille cadette du marquis de Piennes, connue sous le nom de Mlle de Brouilly {Journal de Dangeau, tome I, p. -128, et Mémoires du marquis de Sourches, tome I, p. 66). Cette marquise de Châtillon, faite dame d'atour de Madame, avec Mlle de Châteautiers, en mars 1689, se sépara de son mari en 1693, quitta sa charge en 1706, et mourut à Bercy, le 12 septembre 173S, âgée de soixante-dix ans.
2. Olympe de Brouilly, dite Mlle de Piennes, mariée, le 28 décembre 1690, à Louis d'Aumont, marquis de Villequier, plus tard duc d'Aumont (ci-dessus, p. 140, note 1). Elle mourut à Passy, le 23 octobre 1723, âgée de soixante-trois ans; voyez les Mémoires, tome XIX, p. 158.
3. Antoine de Brouilly, marquis de Piennes, chevalier des ordres, lieutenant général, gouverneur de Pignerol, etc., mort en 1676, eut pour femme Françoise Godet, fille de Claude, seigneur des Marais, et veuve du financier Launay-Gravé. C'était une « demoiselle » de petite noblesse normande, qui avait commencé par être suivante de la première femme de Launay-Gravé, avant d'épouser celui-ci. Devenue veuve, ses charmes furent les seuls qui firent, au dire des chroniqueurs, une impression durable sur Colbert : il s'attacha à elle, et, par reconnaissance, lui fit épouser le marquis de Piennes. Voyez l'historiette de Launay-Gravé dans Tallemant des Réaux, tome VI, p. 352- 376, et les Mémoires du marquis de Sourches, tome I, p. 321. Celle de ses filles dont parle en ce moment Saint-Simon, était grande, bien faite et blonde, mais beaucoup moins belle que Mme de Piennes. Il reviendra ailleurs sur l'une et l'autre, tome V, p. 54-55, et tome IX, p. 429.
4. Paul Godet des Marais, né en 1647, avait commencé par obtenir à quatorze ans l'abbaye d'Igny, grâce au crédit de Mme de Piennes ; puis, reçu docteur en 1677, il avait été appelé, avec d'autres prêtres, à la
Cyr* et de Mme de Maintenon, laquelle enfin en étoit venue à bout".
Le comte de Tonnerre^, neveu de Monsieur de Noyon, dont je viens de parler, vendit aussi l'autre charge de premier gentilhomme de la chambre de Monsieur, qu'il avoit depuis longtemps, à Sassenage^, qui quitta le ser- [Add.S'-S.96] vice. Tonnerre avoit beaucoup d'esprit, mais c'étoittout: il en partoit^ souvent des traits extrêmement plaisants et salés, mais qui lui attiroient des aventures qu'il ne soutenoit pas, et qui ne purent le corriger de ne se rien refuser ; et il étoit parvenu enfin à cet état qu'il eût été honteux d'avoir une querelle avec lui : aussi ne se contraignoit-on point sur ce qu'on vouloit lui répondre ou lui dire''. Il étoit depuis longtemps fort mal dans sa petite
direction de la maison de Saint-Cyr, où Mme de Maintenon le distingua. Il devint son confesseur, fut nommé évêque de Chartres le 11 février 1690, passa au siège de Blois en 1697, et mourut le 26 septembre 1709.
1. Maison royale de Saint-Louis, fondée à Saint-Cyr, près de Versailles, en 1686, sous l'inspiration de Mme de Maintenon, et destinée à l'éducation de deux cent cinquante demoiselles nobles. Elle était soumise à l'autorité diocésaine de l'évêque de Chartres.
2. Voyez le Journal de Dangeau, tome 11, p. 98, et tome III, p. 262 et 266. Comparez, sur M. et Mme de Chàtillon, la suite des Mémoires, tome V, p. 54, et une Addition à Dangeau, 27 mars 168o.
3. François-Joseph de Clermont, comte de Tonnerre, baptisé à Ancy-le- Franc le 18 octobre 1663, pourvu de la charge de premier gentilhomme en 1684, et mort le 30 octobre 170o, à cinquante ans. C'est lui que la Champmeslé préféra à Racine, et qui vendit à Louvois ces immenses « États » dont il est si souvent question dans les lettres des Coulanges.
4. Ismidon-René, comte de Sassenage, capitaine de chevau-légers, était lieutenant des gendarmes d'Orléans depuis 1691. En mai 1693 (Journal de Dangeau, tome IV, p. 287, 294 et 430), il avait presque conclu marché avec M. de Chàtillon ; ce fut seulement en janvier 1694 (tome IV, p. 430) qu'il traita, pour cinquante mille écus, avec le comte de Tonnerre, et quitta les gendarmes. Il revendit une moitié de sa charge en 1697, et se défit du reste en 1708, pour cause de mauvaise santé. Sous la Régence, en 1719, il acheta la lieutenance générale de Dauphiné. Mort le 16 avril 1730, à soixante ans environ.
o. Dans le manuscrit, paroit. — 6. Comparez tome IV, p. 320.
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cour' par ses bons mots : il lui avoit échappé de dire qu'il [Md. S'-S. .97 j ne savoit ce qu'il faisoit de demeurer en cette boutique, que Monsieur étoit la plus sotte femme du monde, et Madame le plus sot homme qu'il eût jamais vu; l'un et l'autre le surent, et en furent très-oiîensés -. Il n'en fut pourtant autre chose ^; mais le mélange des brocards sur chacun et du mépris extrême qu'il avoit acquis, le chassèrent à la fin, pour mener une vie fort pitoyable.
Lors de ce même retour des armées \ le Roi créa huit niiecieuis directeurs généraux de ses troupes, et deux inspecteurs ^^ ê^nUrtT " sous chaque directeur. M. de Louvois, pour en être plus maître et anéantir l'autorité des colonels, avoit imaginé d'envoyer des officiers de son choix , sous le nom de celui du Roi, voir les troupes par frontières et par districts, et de leur donner tout crédit et toute confiance^. Le Roi, comptant que c'étoit la meilleure chose du monde pour son service, et encore piqué de n'avoir jamais pu tirer la charge de colonel général de la cavalerie des mains du comte d'Auvergne pour M. du Maine", voulut ajouter à ce que M. de Louvois avoit inventé, et s'en servir à des récompenses. Il donna douze mille livres d'appointements aux directeurs et une autorité fort étendue sur tout le détail des troupes de leur dépendance. Chacun d'eux devoit faire deux revues par an, en sortant de campagne et à la fin de l'hiver ; et entre deux, les inspecteurs dévoient en faire plusieurs. Ils eurent six mille [livres], dévoient rendre compte de tout à leur directeur, et celui-ci au secrétaire d'État de la guerre, et quelquefois au Roi. Chaque