Avois est en interligne
3. Dangeau disant, dans son Journal, d'abord (tome V, p. 133) que j-^^^^ gtg ^q,^ l'on a songé à faire inhumer le maréchal de Luxembourg dans les caveaux et -iOô] de Saint-Denis, puis (p. 147) que le Roi a autorisé la famille à faire prononcer une oraison funèbre, Saint-Simon a relevé ces deux faits dans
deux Additions dont le sujet ne se retrouve pas au cours des Mémoires. L'oraison funèbre fut prononcée, le 21 avril 1693, dans l'église des Jésuites de la rue Saint-Antoine, par le P. de la Rue, et il y eut un service magnifique, où officia Monsieur de Noyon, et qui coûta dix-huit mille livres ; mais la famille se plaignit qu'aucun des princes de Condc et de Conti, quoique parents, n'y eût assisté. (Papiers du P. Léonard, MM 82o, fol. 161; Mercure, mai 1693, p. 244-249.) Les poètes firent de nombreuses épitaphes en vers pour le capitaine que la France ne croyait pas pouvoir remplacer. Voyez, dans le Mercure (mai 1693, p. 223-244), son Apothéose, en trois actes, représentée au collège des Jésuites de Rennes. Une pièce populaire imprimée (Chansonnier, ms. Fr. 12 691, p. 383 et suivantes) finit par ces mots, bons à citer, malgré leur platitude, comme expression sincère de l'universelle admiration :
Il est mort, ce grand Luxembourg ;
La mort a fini ses jours Le quatre de janvier, dedans Versailles. Prions le grand Dieu tout-puissant Qui {sic) le mette dedans son firmament
Après ces belles batailles.
A l'étranger, on fit paraître, sous ce titre : le Maréchal de Luxembourg au lit de la mort, un pamphlet des plus violents contre la cour de Louis XIV. Voyez aussi les critiques de la Gfl2ei<ed'imsierdam (Extraordinaires xuii et XLiv) sur certains passages politiques de l'oraison funèbre.
Le maréchal de Villeroy eut la charge de capitaine des gardes du corps, en payant cinq cent mille livres de brevet de retenue, dont il eut un pareil', et lui succéda au commandement de l'armée de Flandres. Tout le monde s'attendoit à cette disposition : Villeroy, élevé avec le Roi, avoit toujours été fort bien avec lui et dans la confiance domestique et de maîtresses la plus intime, fils de son gouverneur'^ et tous deux bas et fins courtisans toute leur vie. Quelques nuages étrangers avoient quelquefois éloigné celui-ci; mais le goût du Roi, ramené* par l'art des souplesses et des bassesses*, l'avoit toujours rétabli en sa première faveur °.
Disons tout de suite ce qui se passa entre le duc de
4. Dangeau, tome V, p. 132, et Lettres de Mme de Sêvigné, tome X, p. 239. Les provisions de capitaine furent signées le l'"' février 1695. (Arch. nat., 0' 39, fol. 17.)
2. Nicolas de Neufville, marquis de Villeroy et d'Alincourt, père du maréchal actuel, né vers 1597 et mort le 28 novembre 1685, avait commencé par être enfant d'honneur de Louis XIII, et avait eu la survivance du gouvernement de Lyon dès 1615. Après avoir servi dans toutes les guerres de cette époque, il fut fait, en 1646, gouverneur de Louis XIV et maréchal de France, ministre d'État et chef du conseil royal des finances en 1661, chevalier des ordres en 1662, duc et pair en 1663. On comptait qu'il ne touchait pas moins de deux cent trente mille livres du Roi par an. Saint-Simon a réuni quelques-uns des traits caractéristiques de ce personnage ou de ses bons mots dans une Addition que nous rattachons, faute d'autre occasion, à ce passage des Mémoires.
3. Ramené est en interligne au-dessus du même mot, qui a été biffé parce qu'il en surchargeait peu lisiblement un autre ; à la ligne suivante, r avoient est au pluriel.
4. On a voulu voir une allusion à la bassesse de Villeroy dans un passage des Caractères, chapitre de la Cour (tome II, p. 320 et 531); mais, d'autre part, les commentateurs s'accordaient, au dix-huitième siècle, pour reconnaître le père dans ce beau type du chapitre de l'Homme (tome II, p. 54 et 307) : « Un vieillard qui a vécu à la cour, qui a un grand sens et une mémoire fidèle, est un trésor inestimable, etc. »
5. Les provisions de la charge de capitaine des gardes du corps rappelèrent principalement la belle conduite de Villeroy à Nerwinde, à Charleroy, et en 1694.
Montmorency et' nous dans le cours de cet hiver, qui prit le nom de duc de Luxembourg à la mort de son père^. Nos assemblées se continuèrent. MM. d'Elbeuf, Montbazon, la Trémoïlle, Sullj^, qui avoit repris le procès depuis la mort de son père, Cliaulnes, la Rochefoucauld, Richelieu, Monaco, Rohan et moi, signâmes deux oppositions à ce que nul hoir mâle sorti du ^ feu maréchal duc de Luxembourg ne fût reçu au Parlement en qualité de pair de France, pour les raisons que nous réservions à dire en temps et lieu , dont l'une fut signifiée à Dongois^, qui faisoit la charge de greffier en chef du Parlement, l'autre à la personne du procureur général ; et nous résolûmes en même temps de faire rayer au fils la qualité qu'il prenoit de premier baron de France, comme nous y avions obligé le père. Ce jeu de mots "^ leur a fort
à la réception au Parlement
du duc de Montmorency,
qui prend le nom
de duc de Luxembourg.
Qualité de premier baron