‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 171 sur 334 · Le 26 avril 4695, à Versailles · texte numérisé non relu

Le 26 avril 4695, à Versailles

2. Marie Stuart, fille du roi Jacques II et de Anne Hyde, née le 40 mai 4662, mariée le 45 novembre 4677 à Guillaume-Henri de Nassau, prince d'Orange, couronnée reine, en place de son père détrôné, le 24 avril 4689, et morte de la petite vérole, le 7 janvier 4695 (et non à la fin de janvier, comme le dit Saint-Simon), sans enfants. La France ne lui reconnaissait pas le titre de reitie d'Angleterre.

3. La première nouvelle en vint le 44, par des matelots. (Dangeaii, tome V, p. 434 et 435.)

4. Ces mots : le roi d'Angleterre désignent toujours, comme on l'a déjà dit, Jacques II.

5. Dangeau, tome V, p. 436; Gazette d'Amsterdam, p. 53; Lettres de Sévigné, tome X, p. 233. Les Duras et Lorge, ainsi que MM. de Bouillon, avaient le même bisaïeul que le prince d'Orange; les la Trémoïlle étaient éloignés d'un degré de plus. — Plus tard (tome III, p. 256), Saint-Simon, racontant en teiniies semblables que le Roi a défendu de porter le deuil de Guillaume III, oubliera le cas de 4695 et dira qu'il « n'y avoit pas encore eu d'exemple. »

6. Saint-Simon avait mis d'abord : « On espéra des changements » ; puis il a biffé le verbe et écrit au-dessus : « eut des espérances » , sans changer, par oubli sans doute, le des suivant en de.

regrettée, et le prince d'Orange % qui l'aimolt et la considéroit avec une confiance entière, et même avec un respect fort marqué, en fut quelques jours malade de douleur^. L'autre événement fut étrange. Le duc d'Hanovre^, qui briguoit un neuvième électorat en sa faveur*, et qui, par la révolution d'Angleterre, étoit appelé à cette couronne après le prince et la princesse d'Orange, et après la princesse de Danemark^, comme le plus proche de ligne protestante^, étoit fils aîné de la duchesse Sophie'', laquelle

d. Avant Orange, il y a deux fois cT ; écrit d'abord à la fin d'une ligne, il est répété au commencement de la suivante.

2. Voyez les articles de la Gazette d'Amsterdam, 169o, p. 18 et 21, et Extraordinaires v, vi, xi, les articles du Mercure, janvier 1695, p. 311-325, février, p. 109-110, et Macaulay, //isioire de Guillaume III, (orne m, p. 258-259.

3. Le duc régnant d'Hanovre était, en 1695, Ernest-Auguste de Brunswick-Zell, né en 1629, évêque d'Osnabrùck en 1662, devenu duc régnant en 1680, après la mort de son frère Jean-Frédéric (tome I, p. 110, note 2), et qui ne mourut que le 3 février 1698. Mais Saint- Simon parle ici de son fils, Georges-Louis, né en 1660, lequel devint aussi duc de Brunswick-Hanovre en 1698, roi d'Angleterre en 1714, et mourut en 1727.

4. Si Saint-Simon se sert ici, en 1695, du mot « briguoit », quoique le neuvième électorat eût été déjà créé par l'empereur Léopold, en reconnaissance des services que le duc Ernest-Auguste lui rendait contre Louis XIV, et que même l'investiture en eût été donnée à Ernest-Auguste le 19 décembre 1692, c'est que plusieurs princes de l'Empire protestaient contre cette création, et que le duc d'Hanovre, fils d'Ernest-Auguste, ne fut admis au collège électoral qu'en 1703. — Les huit électeurs auxquels fut adjoint le duc d'Hanovre se composaient de trois princes ecclésiastiques, les archevêques de Mayence, de Trêves et de Cologne, et cinq laïques, les princes régnants de la Saxe, du Brandebourg, du Palatinat du Rhin, de la Bavière et de la Bohême.

5. Anne Stuart, née le 6 février 1664, fille de Jacques II et sœur puînée delà reine Marie, avait épousé, le 17 août 1683, Georges, prince de Danemark et duc de Cumberland. A la mort de Guillaume III, elle se trouva effectivement appelée au trône d'Angleterre, fut couronnée le 4 mai 1702, et mourut le 12 août 1714.

6. Depuis la fuite de Jacques II, une loi excluait de la couronne d'Angleterre tout prince catholique.

7. Sophie de Bavière, née en 1630, mariée en 1653, appelée en 1701,

Catastrophe de

Kônigsmarck

et (le la

duchesse

d'Hanovre.

\Âdd. S'-S. 110\

étoit fille de l'électeur palatin * qui se fit couronner roi de Bohême et qui en perdit sa dignité et ses États, et d'une fille^de Jacques P'', roi d'Ecosse, puis d'Angleterre^, fils de la fameuse Marie Stuart^, et père de Charles P*"^, qui eurent la tête coupée, et^ du roi Jacques II, détrôné par le prince d'Orange. Ce duc d'Hanovre avoit épousé sa cousine germaine, de même maison, fille du duc de Zell'. Elle étoit belle ; il vécut bien avec elle pendant quelque temps. Le comte de Kônigsmarck^, jeune et fort bien fait, vint à sa cour, et lui donna de l'ombrage. 11 devint jaloux,

par le parlement anglais, à recueillir la couronne au défaut d'héritiers de la princesse Anne, et morte le 8 juin 1744, laissant, entre autres enfants, ce fils qui devint le roi Georges.

1. Frédéric V, duc de Bavière et électeur palatin, né en 1596, élu roi de Bohême en 1619, proscrit en 1621, et dépouillé de ses États au profit de Maximilien de Bavière; mort en 1632. Un de ses fils, Edouard, fut le mari de cette duchesse d'Hanovre dont Saint-Simon a déjà parlé.

2. Elisabeth Stuart, née en 1596, mariée en 1613, morte en 1662.

3. Jacques Stuart, sixième du nom comme roi d'Ecosse (1567), et premier comme roi de la Grande-Bretagne (1603) ; mort le 27 mars 1625.

4. Marie Stuart, née en 1342, mariée, en 1338, à François II, roi de France, puis, en 1564, à Henri Stuart, baron de Darnley, d'où vint Jacques I", et enfin au comte de Both^vell; décapitée en 1587.

5. Charles Stuart, premier du nom, né en 1600, couronné roi en 1626, et décapité le 9 février 1649.

6. Devant les mots : « du roi Jacques II », est biffé : ■< père aussi », précédé de grand en interligne. L'auteur eût dû laisser : « grand-père », puisque Jacques II, frère et successeur de Charles II, n'était que le petitfils de Jacques l". — A la ligne suivante, il avait d'abord écrit de R, puis il s'est repris pour mettre d'Orange.

7. Sophie-Dorothée, fille de Georges-Guillaume, duc de Brunswick- Zell (1624-1705), née le 15 septembre 1666, mariée : 1", en 1675, à son cousin Auguste-Frédéric de Wolfenbûttel ; 2», le 21 octobre 1682, à Georges-Louis, duc d'Hanovre.

8. Philippe-Christophe, comte de Kônigsmarck, né vers 1640, neveu d'un général suédois qui avait été ambassadeur et lieutenant général en France, et fils d'un autre général au service de la Hollande, avait mené une vie assez errante. D'abord colonel en Suède, puis fixé, vers 1662, à la cour d'Hanovre, il était venu passer quelque temps en France, et y avait même obtenu, en 1682, le commandement d'un régiment d'in-

il les épia, et se crut pleinement assuré de ce qu'il eût voulu ignorer toute sa vie ; mais ce ne fut qu'après longtemps. La fureur le saisit : il fit arrêter le comte, et tout de suite jeter dans un four chaud. Aussitôt après, il renvoya sa femme à son père, qui la mit en un de ses châteaux, gardée étroitement par des gens du duc d'Hanovre'. Il fit assembler le consistoire pour rompre son mariage : il y fut décidé fort singulièrement qu'il l'étoit à son égard, et qu'il pouvoit épouser'^ une autre femme, mais qu'il subsistoit à l'égard de la duchesse d'Hanovre, qu'elle ne pouvoit se remarier, et que les enfants qu'elle avoit eus pendant son mariage étoient légitimes. Le duc d'Hanovre ne demeura pas persuadé de ce dernier article^.

Le Roi, tout occupé de la grandeur solide de ses en- Échange forcé

fanterie étranger. (Voyez le Journal de Dmujeau, tome I, p. 280.) Retourné en Hanovre, il était devenu colonel des gardes du duc, puis s'était retiré en Saxe, où il eut le grade de général-major. Ce fut le l" juillet 1694 que, ayant été appelé par une prétendue lettre de Sophie-Dorothée dans le palais qu'elle habitait à Hanovre, il fut tué au sortir de la chambre de la princesse, mais non pas dans les circonstances que dit Saint-Simon, ici et tome XVIII, p. 441. D'après les découvertes les plus récentes et les dernières études publiées sur cet événement mystérieux (voyez un article de M. Blaze de Bury, Revue des Deux Mondes, 15 mai 1853), il paraît certain que Kônigsmarck tomba sous les coups d'assassins apostés par la comtesse de Platen, maîtresse du duc d'Hanovre, et que son corps fut mis dans de la chaux vive. On a retrouvé en Suède la correspondance de Kônigsmarck et de Sophie-Dorothée; elle semble prouver que leurs relations ne commencèrent qu'après la naissance du prince qui fut plus tard le roi Georges II, peut-être même après celle de la princesse qui fut la mère du grand Frédéric.

1. Séparée de son mari par un jugement public du 28 décembre 1694 (voyez le Mercure, septembre 1695, p. 181-189), la duchesse resta renfermée pendant trente-deux ans dans le château d'Ahlden, oîi elle mourut le 23 novembre 1726.

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