‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 202 sur 334 · Après Chalmazel, il y a ?/, biffé · texte numérisé non relu

Après Chalmazel, il y a ?/, biffé

4. Le marquis du Héron, fils d'un conseiller au parlement de Rouen, avait rempli une mission diplomatique à Cologne en 1688, et, sans avoir jamais servi, avait obtenu à son retour, le 23 octobre 1689, un régiment de dragons. En 1691, il dut acheter la lieutenance des gendarmes d'Orléans ; le marché ayant manqué, on lui confia de nouvelles missions, notamment à "Wolfenbûttel, en 1697, et en Pologne (1700), où il subit un court emprisonnement au début de la guerre de Succession (1702). Ayant repris du service, il fut blessé le 30 juillet 1703, à l'affaire de Minderkingen, et mourut peu après à Ulm.

3. Tel est bien le texte. 11 continue par l'infinitif la tournure commencée par le subjonctif.

le Rhin.

L'armée partit en effet le lendemain 20 juillet et mar- Maréchal de cha sur quatre colonnes par les bois, jusque dans la Joyeuse repasse plaine de Hockenheim, les deux lignes rompues par leurs centres', qui eurent l'avant-garde, et les droites et les gauches l'arrière- garde. Mélac , lieutenant général de jour, fit l'arrière-garde de tout à la gauche, avec un gros détachement, et le maréchal de Joyeuse, avec un autre, se chargea de l'arrière-garde de tout à la droite ; le tout sans aucun bruit de trompettes, de timbales ni de tambours. La Bretesche, lieutenant général, menoit notre colonne. 11 entendit quelque bruit de guerre malgré les défenses; nous étions vus et entendus des troupes de Schwartz, postées sur des hauteurs, qui fit ce qu'il put pour nous attirer vers lui. Comme on ne gagnoit rien à cette sourdine imparfaite, la Bretesche permit tout le bruit de guerre. Le prince Louis ne montra aucune troupe au maréchal de Joyeuse, et nous arrivâmes tous à la plaine d'Hockenheim, sans avoir été suivis de personne. Le débouché se fit dans une telle confusion, que personne ne se trouva à sa place, ni à la tête ou à la suite des troupes avec lesquelles on dcvoit être. A ce désordre il s'en joignit d'autres : la cavalerie étoit parmi le bois, l'infanterie dans la plaine ; nul intervalle entre les lignes, ni entre les bataillons et les escadrons, tout en foule et pêle-mêle, et sans aucun espace à se pouvoir remuer. Une situation si propre à faire battre toute l'armée par une poignée de gens qui l'auroif- suivie, ou qui s'en seroit aperçue à temps, dura plus de quatre heures qu'on mit à se débrouiller et à se débarrasser les uns des autres, sans qu'il fût possible aux officiers généraux de replacer les troupes dans leur ordre. On attendit là que les menus eussent passé le Rhin à Ketsch et que notre

i. Dans le manuscrit, leur centres.

2, Dans le manuscrit, auroient, et ensuite s en serait apperçue; après le premier gwè, accord du verbe avec gens; après le second, a.\ec jmgnée.

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pont de bateaux y fût rompu et amené et redressé à Mannheim.

Deux raisons ^ avoient empêché de faire traverser l'armée à Ketsch : la difficulté d'y faire d'assez grands et bons retranchements pour bien assurer le passage de l'arrière-garde, et la hauteur des bords du Rhin, trèssupérieure à l'autre côté, qui auroient donné aux batteries que les ennemis auroient pu établir la facilité de rompre le pont sous l'armée à demi passée, de fouetter l'autre rivage, et d'y démonter les batteries que nous y aurions faites.

Après quatre heures de halte assez inutiles pour remettre quelque ordre dans l'armée, elle continua sa marche sur les quatre mêmes colonnes, autant qu'elle le put, jusqu'aux ponts que Chalmazel avoit faits sur le ruisseau de Schwetzingen ; et bientôt après on entendit sept ou huit coups de canon : des brigades entières firent volte-face, et coururent, sans aucun commandement, vers ce bruit, pendant un bon quart d'heure, que les officiers généraux arrêtèrent tout, et les firent remarcher d'oïl elles étoient parties. C'étoit Schwartz qui, sorti des bois avec très-peu de monde et quelques petites pièces de campagne, étoit venu enfin voir s'il ne pourroit point profiter de notre désordre, et, suivant ce qu'il trouveroit, se faire soutenir de tout son corps. Mais il s'en étoit avisé trop tard : le maréchal de Joyeuse débanda^ sur lui Gobert^, excellent brigadier de dragons, avec son régiment et quelques troupes détachées, qui rechassèrent fort brusquement ce peu de monde dans

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