‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 201 sur 334 · Ci-dessus, p. 144, note · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 144, note

4. Saint-Simon avait d'abord fait un n, qu'il a surchargé pour mettre leur.

5. Sur le Kraich, en pays plat, à très-petite distance du Rhin et à la hauteur de Spire. — Saint-Simon, comme beaucoup d'écrivains et de cartes du temps, écrit ici : Hockenun; ailleurs : Hockenum et Hocknum.

6. En faisant le portrait de ce maréchal, Saint-Simon le comparera à un « roi des Huns. » [Mémoires, tome VIII, p. 4o.)

lui fit trouver beaucoup d'outils. Je fus de ce détachement. Barbezières, en marchant, m'apprit le dessein. Il alloit visiter les ruines de Mannheim\ que M. de Louvois avoit fait brûler en 1688, avec tout le Palatinat, et il alloit voir si, dans leurs derrières, on pourroit faire un pont de bateaux pour le passage de l'armée. En passant le ruisseau de Schwetzingen, il y laissa le bonhomme Chalmazel ^, lieutenant-colonel de Picardie ^ et un des meilleurs et des plus estimés brigadiers d'infanterie, avec beaucoup d'infanterie, avec ordre d'y faire une centaine de ponts \ Arrivé aux ruines de Mannheim, il fît demeurer toutes les troupes dans la plaine qui est au-devant, prit avec lui cent maîtres ^ et ceux qu'il avoit menés pour travailler, et alla tout reconnoître. 11 me permit de le suivre. Nous fîmes le tour de tout ce qui étoit la ville et le château de Mannheim. Nous coulâmes ensuite derrière ces ruines, le long du Rhin, pour en reconnoître les bords ; et après qu'il eut tout fort exactement examiné , il jugea que le pont y seroit construit avec facilité au moyen que je vais expliquer. On pouvoit mettre l'entrée du pont en sûreté

1. Place du Palatinat, sur la rive droite du Rhin, au confluent du Necker, à trois lieues au-dessous de Spire. — Sur la destruction des villes du Palatinat, en 1688, voyez ci-dessus, p. 152, note 2. Saint- Simon reprochera souvent cette barbarie à Louvois.

2. Hubert-François de Talaru, dit le marquis de Chalmazel, lieutenant au régiment de Picardie en 1666, capitaine en 1672, lieutenantcolonel commandant en 1690, était devenu brigadier en 1692. Nommé commandant de Toulon en 1698, il mourut en cette ville, le 19 juin 1716.

3. Du régiment d'infanterie de Picardie, le premier des six vieux corps.

4. Ce n'étaient évidemment que des passerelles sur le ruisseau qui, venant se jeter dans le Rhin, barrait le passage à mi-route de Mannheim.

5. Dans l'origine des compagnies de gens d'armes ou d'ordonnances, chaque cavalier se présentait accompagné d'écuyers et d'archers, comme un seigneur, comme un maître suivi de ses vassaux ou de ses serviteurs. De là l'usage de compter par maîtres l'efTectif des compagnies de cavalerie. Un exemple de Saint-Simon lui-même, tome XIV, p. 106, 107 et 112, prouve que les gendarmes et les mousquetaires distinguaient entre les mots maître et cavalier.

avec peu de travail dans ces ruines et peu d'infanterie à Je garder. Il se trouvoit en cet endroit du Rhin une petite île d'abord, et une plus grande ensuite, ce qui donnoit la commodité de trois ponts, et celle de rompre le premier quand tout auroit passé dans la première île, et le second de même, si le passage se trouvoit inquiété ou pressé*.

Tout ainsi bien reconnu, nous retournâmes à Chalmazel sur le ruisseau de Schwetzingen, oi^i nous mangeâmes une halte'- que j'avois, après avoir été douze heures à cheval. ChalmazeP demeura avec toute notre infanterie pour la garde des ponts qu'il faisoit, et nous nous retirâmes à l'armée. En approchant du camp, nous trouvâmes tous les vivandiers de l'armée qui s'en alloient passer le Rhin sur le pont de bateaux que nous avions à Ketsch, d'où nous comprîmes qu'elle marcheroit le lendemain. Du Héron', colonel de dragons, étoit à une demi-lieue au delà de ce pont avec tous les gros bagages, il y avoit quelques jours, et nous trouvâmes en arrivant l'ordre donné pour que les menus bagages prissent à minuit le chemin du même pont et le passer '.

i. Ces ponts furent jetés au nord-est de la ville actuelle.

2. Comparez tomes V, p. 489, et VI, p. 159. Ni Richelet, ni Furetière, ni l'Académie n'étendent le sens de halte à celui de « repas fait pendant la halte; » mais plusieurs passages des Mémoires du duc de Luijnes (tome VIII, p. 268, IX, p. 20, XI, p. 154, etc.) prouvent que cette acception était commune dans le langage des camps et de la cour.

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