‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 22 sur 334 · Voyez tome I, p. 24, note · texte numérisé non relu

Voyez tome I, p. 24, note

8. François de Matignon, lieutenant général en Normandie, gouverneur de Cherbourg, Granville, etc., chevalier des ordres en 1661, mort le 19 janvier 1673.

lequel fut père du dernier maréchal de Matignon* et du comte de Matignon^, dont le fils unique a été fait duc de Valentinois en épousant la fille aînée du dernier prince de Monaco-Grimaldi ^.

MM. de Bouteville et des Chapelles furent pris se sauvant en Flandres et eurent la tête coupée en Grève, à Paris, par arrêt du Parlement, 22 juin 4627. Ce M. de Bouteville avoit épousé, en 1617, Elisabeth, fille de Jean Vienne \ président en la Chambre des comptes, et d'Elisabeth Dolu; et cette Mme de Bouteville a vu toute la fortune de son fils et les mariages de ses deux filles. Elle a passé sa longue vie toujours retirée à la campagne, et y est morte en 1696, à quatre-vingt-neuf ans, et veuve depuis soixante-neuf ans''. M. de Bouteville étoit de lamai-

4. Charles-Auguste de Matignon, chevalier de Torigny, puis comte (le Gacé, né le 28 mai 1647, colonel du régiment de Vermandois, gouverneur du pays d'Aunis (1684), lieutenant général (30 mars 1693), et enfin maréchal de France (1708), sous le nom de maréchal de Matignon; mort à Paris, le 6 décembre 1739.

2. Jacques III (1644-1723), qui eut les mêmes gouvernements en Normandie que les précédents, et qui fut chevalier des ordres (1688), lieutenant général (1693). Voyez ci-après, p. 134, note 4.

3. Jacques-François-Léonor Goyon, sire de Matignon, comte de Torigny, etc., lieutenant général en Normandie, mestre de camp de cavalerie, etc., né le 21 novembre 1689, épousa, le 20 octobre 17Io, Louise- Hippolyte Grimaldi , fille aînée et héritière présomptive d'Antoine Grimaldi, prince souverain de Monaco, duc de Valentinois (1661-1731). Au mois de décembre 1715, le duché -pairie de Valentinois fut de nouveau érigé en sa faveur, et il fut également substitué, ainsi que sa postérité, aux nom et droits de la maison de Grimaldi-Monaco. La duchesse de Valentinois mourut le 29 décembre 1731, et son mari le 23 avril 1751. — On peut conclure de ces différentes dates que Saint-Simon a écrit ce passage de ses Mémoires après l'année 1731.

4. Jean de Vienne, ancien contrôleur général des finances, fut président des comptes de 1601 à 1608. Sa fille Elisabeth-Angélique épousa Bouteville le 17 mars 1617, un mois après qu'une autre fille aînée s'était fait enlever par Saveuse, au grand scandale de tout Paris.

5. Elle mourut au château de Dangu, dans la nuit du 5 au 6 août

son de Montmorency, petit-fils d'un puîné du baron de FosseuxV

M. de Luxembourg naquit posthume six mois après la [Add. S'-S. 68] mort de^ son père ; il étoit fils unique, cadet de deux sœurs: Mme de Valençay '', l'aînée, morte en 1684, n'a fait aucune figure par elle ni par les siens ; la cadette*, belle, spirituelle et fort galante, peut-être encore plus intrigante, a toute sa vie fait beaucoup de bruit dans le monde dans ses trois états de fille, de duchesse de Châtillon, enfin de duchesse de Meckelbourg^, contribua fort à la fortune de son frère, avec qui elle fut toujours intimement unie, et mourut à Paris, vingt jours après lui, et

1. Claude de Montmorency, baron de Fosseux en Artois, engagiste (lu domaine do Bouteville, eut pour second fils François de Montmorency, qui fut baron de Bouteville. Du mariage de François avec Louise de Gebert naquit Louis de Montmorency, seigneur de Bouteville, qui fut gouverneur de Senlis et épousa Charlotte-Catherine, fille du comte souverain de Luxe, en Navarre. Il en eut le père du maréchal de Luxembourg.

2. Saint-Simon avait mis d'abord : « n'avoit guère qu'un an à la mort de. » Il a biffé ces mots, moins de, et a écrit au-dessus de la ligne : « naquit posthume six mois après la mort de, » doublant ainsi de par mégarde.

3. Marie-Louise de Montmorency-Bouteville, mariée à Dominique d'Estampes, marquis de Valençay, qui mourut en 1691.

4. Elisabeth-Angélique de Montmorency-Bouteville. Voyez tome I , p. 218, note 1.

o. Jeune fille, Mlle de Bouteville est enlevée par Gaspard de Coligny-Chàtillon ; devenue duchesse de Chàtillon, elle exerce son ascendant irrésistible sur Condé et sur d'autres personnages illustres, menant de front la politique et l'amour; duchesse de Meckelbourg, elle s'occupe d'accumuler des richesses et de travailler pour son frère et ses neveux. On l'avait soupçonnée de trahir les princes au profit de Mazarin ; il est certain qu'elle fit à Bruxelles le métier d'agente de Louvois. Voyez son portrait dans la Galerie de Mademoiselle, dans les Mémoires de Mme de Molleville, dans VHistoire ainoiireuse des Gaules, dans les Mémoires de Choisy, ou dans Mme de Lomjueville pendant la Fronde, par V. Cousin, 2« édition, p. 138 et suivantes, et un article de M. Chéruel dans les Mémoires sur la vie.... de Foucquet, tome I, p. 337-353. On publia en 1699, à Cologne, une Hialoire véritable de la duchesse de Chàtillon.

(le la même maladie, ayant un an plus que lui, et sans enfants*.

Un grand nom, qui, dans les commencements de la vie du jeune Bouteville, brilloit encore de la mémoire de cette branche illustre des derniers connétables'"' et de l'amour que la princesse douairière de Condé^ portoit à son nom, beaucoup de valeur, une ambition que rien ne contraignit, de l'esprit, mais un esprit d'intrigue, de débauche et du grand monde \ lui fit surmonter le désagrément d'une figure d'abord fort rebutante, mais, ce qui ne se peut comprendre de qui ne l'a point vu, une figure à laquelle on s'accoutumoit, et qui, malgré une bosse médiocre par devant, mais très-grosse et fort pointue par derrière^, avec tout le reste de l'accompagnement ordinaire des bossus, avoit un feu, une noblesse et des grâces naturelles et qui brilloient dans ses plus simples actions. 11

1. Voyez l'Addition n° 6, tome I, p. 315, et ci-après, p. 234.

2. L'auteur de la branche deFosseux-Bouteville était frère aîné, d'un premier mariage, de l'auteur de la branche ducale de Montmorency, illustrée par les deux connétables Anne (1338) et Henri (1593), et par le duc Henri II de Montmorency, décapité en 1632.

3. Charlotte-Marguerite de Montmorency, fille du connétable Henri.

4. Dans une note de son Chansonnier (ms. Fr. 12 691, p. 350), Gaignières s'exprime ainsi : « Le maréchal duc de Luxembourg étoit brave, plein d'esprit et bon capitaine ; mais jamais homme n'a été plus petit à la cour par les minuties dans lesquelles il se jetoit. Il étoit dans les tracasseries et les petites intrigues de femmes, les rapports, les contes et les amourettes. Il avoit alors soixante-sept ans, et étoit toujours amoureux. En un mot, il n'étoit plein que de petitesses dès qu'il avoit quitté les armées, et brilloit d'autant plus dans ces petites choses qu'il étoit alors nécessaire à l'État, et que le Roi le ménageoit et étoit même parfois obligé de plier sous ses volontés. » Comparez ci-après, p. 230, le passage oii Saint-Simon raconte la mort du maréchal.

5. Mme de Sévigné (tome V, p. 29) dit que « les nerfs du dos de M. de Luxembourg ont été bien disposés pour la retraite. » C'est au temps où il n'avait pas encore acquis sa réputation et était éclipsé par le souvenir récent de Turenne. Ses portraits en pied, dans la collection de modes de Bonnart, dissimulent la bosse, mais font voir une taille longue et disgracieuse. (Ms. Clairambault 1161, fol. 251-253 et 235-236.)

s'attacha , dès en entrant dans le monde, à Monsieur le Prince, et bientôt après Monsieur le Prince s'attacha à sa sœur : le frère, aussi peu scrupuleux qu'elle, s'en fit un degré de fortune pour tous les deux. Monsieur le Prince se hâta de procurer son mariage avec le fils du maréchal de Châtillon*, jeune homme de grande espérance, qui lui étoit fort attaché, avant que cet amour fût bien découvert', et lui procura un brevet de duc en 1646,

Le cardinal Mazarin avoit renouvelé cette sorte de di- Ducs à brevet, gnité^, qui n'a que des honneurs, sans rang et sans succession, connue sous François I" et sous ses successeurs, mais depuis quelque temps tombée en désuétude, et qui parut propre au premier ministre à retenir et à récompenser des gens considérables ou qu'il vouloit s'attacher; et c'est de ceux-là qu'il disoit qu'il en feroit tant qu'il seroit honteux de ne l'être pas, et honteux de l'être*; et à la fin il se le fit lui-même^, pour donner plus de désir de ces brevets.

1. Gaspard III de Coligny-Châtillon (Châtillon-sur-Loing, plus tard Bouteville-Châtillon), colonel général de l'infanterie française, gouverneur d'Aigues-Mortes et de Montpellier, fait maréchal de France en 1622, et mort le 4 janvier 1646; père de Gaspard IV, désigné duc de Châtillon, qui mourut le 9 février 1649, à trente-neuf ans.

2. Gaspard IV de Coligny, secondé par le duc d'Enghien (Monsieur le Prince), enleva Mlle de Bouteville en 1643. Voyez les mémoires manuscrits sur la régence d'Anne d'Autriche conservés à la Bibliothèque nationale, ms. Fr. 10 324, p. 34, et les Métnoires de Mme de Motteville, tomel, p. 224-231.

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