Voyez ci-après l'Addition 126, p
G6. Procès des ducs et pairs contre M. de Luxembourg. (Page 24.)
31 janvier 1689. — Voici le procès de M. de Luxembourg.
Piney fut érigé mâle et femelle en 1581, par Henri III, pour François de Luxembourg, chevalier de l'Ordre en 1580, ambassadeur à Rome, 1586, vers Sixte V, et en depuis, par Henri IV, vers Clément VIII; et mourut en 1613. De Diane de Lorraine, fille et sœur des deux ducs d'Aumale, il laissa un fils unique, qui mit fin à cette branche par sa mort en 1616, ne laissant que deux filles de Madeleine de Montmorency-Thoré. La cadette épousa le duc de Ventadour : elle et lui n'eurent point d'enfants ; ils se séparèrent, elle se fit carmélite, et lui prêtre et chanoine de Notre-Dame de Paris. L'aînée, aux termes de l'érection, fut duchesse de Piney et porta cette dignité à son mari, M. de Brantes, frère du connétable de Luynes, qu'elle épousa en 1620, et dont elle devint veuve en 1630, et en eut un fils et une fille. Le fils fut duc de Piney, imbécile, interdit, diacre, enfermé à Saint-Lazare, et est mort en cet état en 1697. La fille fut religieuse, professe et maîtresse des novices plus de vingt ans en l'Abbaye-aux-Bois, à Paris, restituée au siècle, faite chanoinesse de Poussay, nommée la princesse de Tingry, dame du palais de la Reine, avec un tabouret de grâce pour ses prétentions au duché de Piney, et morte à Versailles en [1706 ^]. La duchesse, mère de ces deux enfants, se remaria cà Charles-Henri de Clermont-Tonnerre, dont elle eut une seule fille. Mme de Luxembourg perdit le rang et les honneurs de duchesse en se remariant, bien loin de les communiquer à son second mari, qui mourut en 1674, et elle en 1680, à soixante-douze ans.
Cette fille unique du deuxième lit. Monsieur le Prince la fit épouser à M. de Montmorency-Bouteville, en 1661, et, pour ce mariage, fit lever pour vingt-quatre heures l'interdiction du diacre insensé et enfermé, son frère du premier lit, qui céda et transporta à sa sœur tous ses droits et y renonça en sa faveur, et fut aussitôt après interdit de nouveau et renfermé. Monsieur le Prince fit restituer au siècle la sœur du premier lit, religieuse, pour faire les mêmes renonciations, et lui fit obtenir ce qui vient d'être dit, et, moyennant cela et les grandes sommes confessées dans le contrat de mariage avoir été données par M. de Montmorency- Bouteville, sa belle-mère lui céda et transporta aussi tous ses droits, moyennant quoi il se porta pour duc de Piney-Luxem bourg, en prenant le nom et les armes; mais, sur les oppositions qu'il y trouva. Monsieur le Prince lui fit donner une érection nouvelle en 1662, sur laquelle il fut reçu duc-pair sans difficulté, avec le rang de cette date.
M. de Luxembourg demeura en ces termes jusqu'en 1676, qu'il obtint sourdement des lettres patentes portant déclaration que le Roi n'a pas entendu faire d'érection nouvelle par ses lettres de 1661, mais approu-