‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 25 sur 334 · Marie-Okire de Luxembourg ; ci-dessus, p. 32, note · texte numérisé non relu

Marie-Okire de Luxembourg ; ci-dessus, p. 32, note

chargea, pour la défroquer, et un tabouret de grâce* ensuite, elle consentit à tout, demeura dans ses vœux, et signa tout ce qu'on voulut. Rien ne convenoit mieux au projet que de la lier de nouveau à ses vœux, et ce tabouret de grâce devenoit un échelon pour la dignité en faveur du mariage de la sœur. Le Pape accorda la dispense de bonne grâce, et la cour le tabouret de grâce, sous le prétexte qu'étant fille du premier lit, elle auroit succédé au duché de Piney, à son frère sans alliance, si elle n'avoit pas été religieuse professe. On^ la fit dame du palais de la Reine, sous le nom de princesse de Tingry^, avec une petite marque à sa coiffure du chapitre de Poussay*, dont elle se défit bientôt^. A l'égard

1. « Droit (le labourel est un des premiers honneurs du Louvre, qui n'appartient qu'aux duchesses, qui ont droit de s'asseoir sur un tabouret chez la Reine pendant qu'elle tient son cercle. » (Furelière.) Un tabouret de grâce veut dire que la concession de cette faveur était toute gracieuse, sans que la princesse de Tingry y eût aucun droit réel, ni que la chose tirât à conséquence pour l'avenir.

2. L'auteur a changé l'initiale d'oH en majuscule, après avoir bifîé et devant ce mot. Plus loin, il a biffé et devant une, et ajouté avec en interligne; puis, devant chapitre, il a changé de en du.

3. Tingry, érigé en principauté pour François de Luxembourg, en 1581, est une localité du département du Pas-de-Calais, canton de Samer, au S. E. de Boulogne.

4. Le chapitre de Poussay, en Lorraine, près Mirecourt, était un des quatre chapitres célèbres de cette province ; il fallait faire preuve de seize quartiers de noblesse pour y être reçue chanoinesse. Marie-Claire de Luxembourg fut prise comme coadjutrice par l'abbesse Anne-Pétronille de Damas, en 166o, selon le Gallia christiana, ou en août 1674, selon le Dictionnaire des bienfaits du Roi. La « marque à la coiffure » était un petit morceau d'étoffe blanc et noir, de la longueur du doigt, qu'on appelait le mari {Mémoires du duc de Linjnes, tome XIII, p, lo3, et Mémoires de Mme de Genlis, éd. Ladvocat, tome I, p. 19-20).

5. Elle fut fort compromise avec son beau-frère le maréchal de Luxembourg, dans l'affaire des Poisons, et on l'accusa même d'avoir eu des enfants de lui. {Sévigné, tome VI, p. 213, 229, 231, 233, etc.) A l'époque de sa mort, en 1706, Saint-Simon reparlera d'elle (tome IV, p. 446), et c'est là que nous placerons son Addition à l'article nécro-

du frère*, on joua la comédie de lever son interdiction et* de le tirer de Saint-Lazare, et, tout de suite, de lui faire faire une donation à Mme de Bouteville, par son contrat de mariage, de tous ses biens, et une cession de sa dignité, en considération des grandes sommes qu'il avoit reçues pour cela de M. de^ Bouteville et qu'il lui avoit payées. Cette clause est fort importante au procès dont il s'agit "'. Aussitôt il assista au mariage de sa sœur, et, dès qu'il fut célébré, on le fit interdire de nouveau, et on le remit à Saint-Lazare, dont il n'est pas sorti depuis^.

Le mariage fait, 17 mars 1661, M. de Bouteville mit i'écu de Luxembourg sur le tout du sien^, et signa Montmorencij-Luxembourfj , ce que tous ses enfants et les leurs

logique du Journal de Dancjeau (tome XI, p. 156), où se retrouve une partie des détails donnés ici.

d. Henri-Léon (ci-dessus, p. 3,1, note 6).

2. Et est en interligne; et tout, après Lazare, a été substitué à f/e /'.

S. De a été répété par mégarde.

4. Une partie du contrat, qui fut signé les 1", 12, lo et 28 mars 1661, est reproduite dans VHistoire cjénéalocjiqiie du P. Anselme, tome IV, p. o79. Voici la clause en question : « En considération dudit mariage, lesdits seigneur et dame de Luxembourg délaissent auxdits seigneur et damoiselle futurs époux le titre de duc de Piney et pair de France, et dès à présent s'en dépouillent en leur profit et faveur, pour en jouir par lesdits seigneur et damoiselle futurs époux du jour de la bénédiction nuptiale.... Ensemble, Messire Léon d'Albert de Luxembourg, fils aîné de ladite dame du premier mariage, du consentement de ladite dame sa mère , conjointement avec elle et ledit seigneur son mari, en tant que besoin serait, a dès à présent remis et délaissé à ladite damoiselle de Luxembourg, sa sœur, lesdits duché-pairie de Piney, appartenances et dépendances, avec le titre de duc et pair de France. » Dans une copie qui fait partie du recueil Thoisy, à la Bibliothèque nationale, Matières historiques in-folio, tome XXIII, fol. 309, ce contrat est indiqué comme ayant été dressé par ordre de Monsieur le Prince et sur l'avis de son conseil, ainsi que l'a dit Saint-Simon.

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