La date est restée en blanc dans le manuscrit
3. Olvmpe Mancini, née à Rome en 1640, était fille d'une sœur cadette du cardinal Mazarin. Après avoir passé pour posséder les bonnes grâces du Roi, elle épousa, le 20 février -16o7, Eugène-Maurice de Savoie, comte de Soissons, et devint, lors du mariage de Marie-Thérèse, surintendante de sa maison. Exilée une première fois pour ses querelles avec Mme de Navailles, une seconde fois pour ses intrigues contre Mlle de la Vallière, elle fut accusée par la Voisin d'avoir manifesté l'intention de se venger du Roi, et se réfugia en Flandre, puis à Madrid, où, selon Saint-Simon, elle empoisonna la jeune reine Marie- Louise d'Orléans (1689). Étant revenue à Bruxelles, elle y mourut le 9 octobre 1708.
4. Marie-Anne Mancini, duchesse de Bouillon (voyez tome I, p. 111), avait demandé à la Voisin « un peu de poison pour faire mourir un vieux mari qu'elle avoit qui la faisoit mourir d'ennui, et une invention pour épouser un jeune homme qui la monoit sans que personne le sût. » (Sévigné, tome VI, p. 230.) Elle ne quitta point la France comme sa sœur, et comparut devant la Chambre de l'Arsenal ; voyez son interrogatoire dans le volume déjà cité des Archives de la Bastille.
5. Voyez le recueil de la Pairie, aux Archives nationales, KK 598, fol. 543, et les Lettres de Mme de Sévigné, tome VI, p. 228.
6. Un prêtre débauché, complice de la Voisin, accusait M. de Luxembourg « d'avoir demandé la mort de sa femme, celle de M. le maréchal de Créquy, le mariage de la fille de Louvois avec son fils, de rentrer dans le duché de Montmorencv, et de faire d'assez belles choses à la
On crut longtemps qu'il avoit perdu toute pensée de dispute avec les ducs ses anciens. Il y avoit encore alors des cérémonies oii ils paroissoient : il s'en absentoit toujours \ et, à la vie, ou occupée de guerre ou libertine, qu'il mena jusqu'à la fin de sa vie, on n'y prenoit pas garde, lorsque, à la promotion du Saint-Esprit de 1688, il demanda et obtint de recevoir l'Ordre, sans conséquence, parmi les maréchaux de France, pour ne pas préjudicier à sa prétention de préséance. Ce fut, pour le dire en passant, la première fois que les maréchaux de France à recevoir dans l'Ordre y précédèrent les gentilshommes de même promotion'^, et, à cette démarche de M. de Luxembourg, on vit qu'il n'avoit pas abandonné la pensée de sa prétention.
guerre pour faire oublier au Roi la faute qu'il avoit faite à Philipsbourg. . (Lettre de Louvois au Roi, 8 octobre 1679.) A la suite d'un entretien avec le Roi, M. de Luxembourg alla lui-même se constituer prisonnier à la Bastille, le 24 janvier 1680, en protestant de son innocence. Toutefois il perdit bientôt son assurance première (Sévigiié, tome VI, p. 213, 218, 22o, etc.), et ses amis redoutèrent un moment l'issue du procès. A la longue, les accusations perdirent de leur gravité, et, le 14 mai, la Chambre de l'Arsenal rendit un jugement portant que ces demandes criminelles avaient été faites à la Voisin par l'intendant du duc, mais du seul chef de cet homme, qui fut condamné aux galères à vie; son maître, déchargé de l'accusation capitale, dut cependant s'éloigner de la cour. (P. Clément, la Police sous Louis XIV, p. 184 et 207- 208; comparez Th. Jung, la Vérité sur le Masque de fer, p. 292, 300, 311, etc., et les Mémoires pour servir à riiistoire du maréchal duc de Luxembourg, 17o8, p. 36-88, ou la plaquette imprimée sous le titre de Requête et arrêt de justification de M. le duc de Luxembourg.) Mais il resta bien acquis que le duc s'était mêlé de « diableries; » voyez le Chansonnier, nis. Fr. 12 688, p. 227 , et les relations ou mémoires réunis dans le ms. Clairambault 1192, fol. 16-32. Le Roi s'était borné à l'exiler à vingt lieues de Paris, par ordre du 18 mai 1680; il revint à la cour en juin 1681, reprit aussitôt ses fonctions de capitaine des gardes du corps, et fut plus à la mode que jamais.