Addition n
2. Dans le manuscrit il y a bien elles, s'accordant avec l'idée de lettres.
la Rochefoucauld, et du marquis d'Alincourt, fils du duc de Villeroy et petit-fils du vieux maréchal de Villeroy. C'étoient des plaisanteries sur le Roi et sur Mme de Maintenon, sur ses revues de troupes et sur toutes ses occupations et ses amusements, et toutes les nouvelles contées en ridicule. Celle d'Alincourt étoit fort impie, et de beaucoup la moindre sur ce qui regardoit le Roi : ce qui fit dire au bonhomme maréchal de Villeroy que, pour son petit-fils, qui ne s'en étoit pris qu'à Dieu, ce ne seroit rien, et que cela le mettoit bien au large, mais que, pour les deux autres, c'étoient de grands impertinents. Liancourt, qui avoit bien plus d'esprit que son frère, avoit écrit aussi d'un style bien plus piquant, que le Roi ne lui a pardonné de sa vie, même depuis son retour. Aussi fut-il le seul mis en prison, et gardé à vue des années avec une rigueur extrême, puis exilé longtemps, ainsi que les deux autres; et les pères et M. de Louvois hors de portée de parler pour eux. Il y en eut d'autres aussi dont les lettres leur nuisirent longtemps; mais ces trois-là étoient si supérieures* aux autres, que le châtiment public ne tomba que sur eux. Ce fut aussi ce que le Roi ne put jamais bien pardonner aux princes de Conti, dont l'aîné mourut dans sa disgrâce ouverte, quoique à la cour, à cause de sa femme, fille du Roi, et l'autre est mort enfin d'ennui et de douleur de n'avoir jamais pu arriver au commandement des armées, ni se mettre à couvert des suites de ces impressions, depuis son retour et son apparence de pardon.