Voyez ci-dessus, p
2. Nous reproduisons d'après la copie du ms. Fr. 14177 (Correspondance du duc de Vendôme), fol. 19, cette lettre, qui a déjà été imprimée dans le Mercure du temps (juin 1695, p. 173) et dans les Mémoires de Noailles, p. 64. Dans le recueil auquel nous en empruntons le texte, elle est précédée de cette espèce de préambule : « Louis XIV, se confirmant de jour en jour dans la haute idée qu'il avoit du duc de Vendôme, qui avoit fait voir en tant d'occasions qu'il posscdoit toutes les qualités d'un grand capitaine, l'honora du titre de vice-roi de Catalogne et de général en chef de son armée. On verra dans la lettre suivante que l'historien ne donne rien à la prévention, quand il parle si avantageusement de ce prince. »
Lettre du maréchal de Noaiîles au duc de VeridômcK
« Perpignan, le 4 juin 1695.
« Le Roi m'ayant fait l'honneur de dire, Monsieur, avant que de partir de Versailles, qu'il vous destinoit pour commander son armée au cas que ma santé ne me permît pas de le faire, et en ayant reçu les ordres de S. M. depuis que je suis ici, je me trouve obligé de vous les envoyer par la continuation de mon mal, qui, ne me donnant aucun relâche, me met hors d'état de pouvoir monter à cheval de plus de quinze jours, quand j'irois de bien en mieux, et peut-être d'agir pendant la campagne comme il conviendroit pour le service de S. M. Je suis fâché de vous donner tant de peine ; mais vous vous acquitterez beaucoup mieux que moi de cet emploi. Trouvez bon que je me réjouisse avec vous de ce que le Roi vous ait choisi pour être à la tête de son armée. C'est un commencement pour en venir à de plus grands. Je m'en réjouis aussi avec Monsieur le grand prieur, et je suis ravi d'être remplacé par une personne de votre rang, de votre naissance et de votre mérite. Soyez persuadé que personne ne s'intéresse plus vivement à tout ce qui vous regarde que moi, ni ne peut être avec un plus véritable attachement et plus de respect que je le suis, Monsieur, votre trèshumble et très-obéissant serviteur,
« Le maréchal duc de Noailles. »
Lettre de M. de Pontchartrain, secrétaire d'État de la marine, au duc de Vendôme ^.
« Versailles, 7 juin 1695.
« Monseigneur,
« Je renouvelle à Votre Altesse les marques respectueuses de l'extrême joie que m'a donnée la justice que le Roi rend à votre mérite, et l'espérance que tout le monde en conçoit pour le bien de l'État, et je lui rends mille grâces de la lettre dont elle a bien voulu m'honorer à cette occasion, et le mémoire qui y étoit joint sur l'entreprise de Barcelone. Comme S. M. vous a fait savoir sur cela ses intentions, je n'ai rien à dire. Monseigneur, davantage. Il faut convenir cependant que rien n'est mieux pensé que ce que Votre Altesse projetoit, et que l'exécution en pourroit être praticable, si le cours de la campagne, en
1. Ms. Fr. 14177, fol. 20. Un seul passage de cette lettre est cité dans les Mémoires de Noailles.