MARIAGE DU DUC DE LAUZUX
A côté du contrat de mariage de Louis de Saint-Simon, dans les minutes du notaire Carnot, nous avons retrouvé le contrat de son beau-frère Lauzun, dont on a Indiqué les principales clauses ci-dessus, p. 278, note 4. Ce contrat porte une substitution de mâle en mâle du duché de Lauzun, « en faveur dudit mariage et pour maintenir l'ancien honneur et grandeur de l'illustre maison de Caumont de Lauzun. » Il n'est signé que par le Roi et la famille royale, M. de Lorge et son fils, M. et Mme de Frémont, leur fils, le duc et la duchesse de Saint-Simon.
L'acte de mariage, dont nous reproduisons ci-après le texte, a été donné par Gallien, d'après le registre de Saint-Roch, dans la Gazette des Tribunaux, 16 octobre 1858, et, moins complètement, par Jal, dans son Dictionnaire critique, p. 749.
n Du 21 mai 1695.
« Très-haut et très -puissant seigneur Monseigneur Antonin-Nompar de Caumont, duc de Lauzun, fils de feu haut et puissant seigneur M" Gabriel-Nompar de Caumont, comte de Lauzun, et de feu haute et puissante dame Mme Charlotte de la Force, ses père et mère, demeurant rue Saint-Honoré, d'une part; et damoiselle Geneviève de Durfort, âgée de quatorze ans, fille de très-haut et très-puissant seigneur Monseigneur Guy de Durfort, chevalier des ordres du Roi, maréchal de France, général de Sa Majesté sur le Rhin, duc de Quintin, capitaine des gardes du corps du Roi, gouverneur de la Lorraine et Barrois, comte de Lorge, vicomte de Pommerit, seigneur d'Avaugour, Quintinau-Guémené, Gommenech, Beauregard, l'Hermitage et autres lieux, et de très-haute et très-puissante dame Mme Geneviève de Frémont, ses père et mère, demeurant rue Neuve-Saint-Augustin, d'autre part, tous deux de cette paroisse ; après la dispense de tous les trois bans, avec permission de fiancer et marier en même jour et de grand matin, dans la chapelle de l'hôtel dudit seigneur maréchal de Lorge, accordée par Monseigneur l'archevêque de Paris, signée : François, archevêque de Paris, et plus bas, de Villebault, dûment scellée et insinuée, en date du 19 courant ; ont été fiancés et épousés, le tout sans aucune opposition : présents très-haut et très-puissant seigneur Monseigneur Henri-François de Foix, duc de Candalle, pair de France, demeurant en son hôtel, rue Neuve-Saint-Augustin, cousin dudit seigneur époux ; haut et puissant seigneur Messire Louis-Hermant (sic) de Bautru, comte de Nogent, colonel des dragons du Roi, lieutenant pour le Roi en Auvergne, neveu dudit seigneur duc de Lauzun, demeurant rue d'Anjou, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs; très-haut et très-puissant seigneur Monseigneur Louis de Saint-Simon, duc et pair de France; les susnommés seigneur
et dame père et mère de ladite damoiselle épouse ; très-haute et trèspuissante dame Marie-Gabrielle de Durfort de Lorge, épouse dudit seigneur duc de Saint-Simon, demeurant rue de Taranne, paroisse de Saint-Sulpice, sœur de ladite dame épouse ; M^^ Nicolas de Frémont, seigneur d'Auneuil, conseiller du Roi en ses conseils, maître ordinaire des requêtes de son hôtel, oncle de ladite dame épouse, demeurant rue Neuve-Saint- Augustin. »
Suivent les signatures :
Le duc de Lausun*. A. Guilleux.
G. DE Durfort.
Guy de Durfort.
G. DE Frémont.
J. DE Caumont Lauzun.
François de Foix de Candalle.
G. Damon^
Louis de Nogent.
Jacques-Henry de Durfort, duc de Duras.
Lofiis DUC DE Saint-Simon.
M. -G. DE Durfort, duchesse de Saint-Simon.
Guy de Durfort. De Frémont d'Auneuil.
1. Le duc a signé au contrat : Antonein Nompart de Caumont Lauscn.
2. Au mariage de sa fille aînée, Mme de Frémont avait signé : G. Damond, <ce qui paraît être l'orthographe régulière de ce nom.
Lettre du Roi au duc de Vendôme^.
« De Conipiègne, le 3 mai 1695.
« Mon cousin,
« La santé du maréchal de Noailles étant assez mauvaise, et ne sachant s'il sera en état d'agir pendant la campagne, j'ai cru qu'il étoit de mon service de lui remettre ce paquet entre les mains, avec ordre de vous l'envoyer par un courrier, s'il ne pouvoit me rendre les services qui conviennent dans un aussi grand et aussi important poste que celui qu'il occupe. J'ai cru ne pouvoir jeter les yeux sur personne qui le remplisse mieux que vous. C'est pourquoi je désire qu'aussitôt que vous recevrez ce paquet, vous partiez, sans perdre de temps, pour commander mon armée de Catalogne. Je m'assure que vous exécuterez ce que je vous ordonne avec autant de plaisir que j'en ai à vous donner, en cette rencontre, des marques essentielles de l'estime et de l'amitié que j'ai pour vous, et de la confiance que j'ai en votre valeur, expérience, zèle et capacité. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, mon cousin, en sa sainte et digne garde.
« LOUIS
« Le Tellier. »