‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 94 sur 334 · Oncle du prince de Turenne · texte numérisé non relu

Oncle du prince de Turenne

7. Honoré Gaillard, né à Aix le 9 novembre 4641, était entré dans la Compagnie de Jésus dès 4656; il avait d'abord professé à Lyon, puis était venu à Paris faire l'éducation du jeune prince de Turenne et de ses

ché à eux tous, d'en faire l'oraison funèbre'. Il n'en avoit point eu d'enfants, dans un assez court mariage'^ ; mais elle y avoit eu le temps de se faire connoître par tant de galanteries publiques, qu'aucune femme ne la voyoit, et que les chansons qui avoient mouché^ s'étoient chantées en Flandres, dans l'armée, où le prince de Rohan' ne l'avoit pas épargnée, et souvent et publiquement chantées^. Elle

frères. La protection de MM. de Bouillon et le succès de ses prédications au collège ou à la maison professe des Jésuites le firent appeler à la cour pour prêcher l' Avant. Il se plaça aussitôt au rang des prédicateurs les plus goûtés et les plus courus ; cependant tous ses contemporains ne le jugeaient pas de même : Mme de Sévigné et Saint-Simon l'admirent sans restriction ; le Gendre le traite de « pitoyable rhéteur, » et affecte de ne considérer son talent que comme affaire de convention ; peut-être ne faut-il prendre ce jugement que comme un témoignage de rancune personnelle, car le Gendre était tout dévoué à l'archevêque Harlay, et nous verrons bientôt (p. 352-353) comment l'oraison funèbre de ce prélat fut « escamotée » par le P. Gaillard. Celui-ci devint successivement recteur du collège et supérieur de la maison professe ; il se déchargea de ces fonctions en 1724, et mourut à Paris, le 11 juin 1727.

1. Cette oraison funèbre, prononcée à Cluny le 12 octobre 1693, fut imprimée.

2. Sur ce mariage, voyez la relation du Mercure, mars 1691, p. 144 et suivantes, et les chansons de Coulanges et autres, ms. Fr. 12 690, p. 257, 381, 390 iès, 405 et 417.

3. Le mot moucher est plusieurs fois employé par Saint-Simon dans le sens particulier d'a//e>- et venir comme unemoiiche. On ne trouve cette acception dans aucun des dictionnaires du dix-septième siècle, et l'Académie ne l'a jamais admise. M. Littré cite deux anciens exemples où ce verbe est pris neutralement comme dans le nôtre, mais qui du reste en diffèrent, l'un beaucoup, l'autre absolument.

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