A est écrit en interligne, sur de, biffé
3. C'est un souvenir de la polémique que M. de Rancé avait eu à soutenir contre les bénédictins à propos de son livre : De la sainteté et des devoirs de la vie monastique (1683), et du Traité des études monastiques de Mabillon (1691). Saint-Simon avait dans sa bibliothèque la réponse à ce dernier ouvrage (n° 140 de son catalogue), avec plusieurs autres livres de M. de Rancé, sans compter huit volumes manuscrits de réflexions pieuses ou de traités de théologie, qui sont aujourd'hui aux Affaires étranoères.
roit fait au moins dans des termes mesurés, convenables à être publiés et propres à répondre à sa vénération pour l'épiscopat, et en particulier au respect qu'il avoit pour la personne, la vertu et le savoir de Monsieur de Carabray, et que l'entière différence de sentiment où il étoit de lui' ne devoit pas altérer pour sa dignité dans l'Église, ni pour sa personne"". C'étoit là dire, ce semble, tout ce qu'il étoit possible de plus satisfaisant, et c'étoit à Monsieur de Meaux, et plus encore à Mme de Maintenon, qu'il s'en falloit prendre, qui avoient commis une si grande infidélité pour exciter tout ce fracas ; mais Monsieur de Cambray et ses amis, à bout de colère contre leur persécutrice et d'écrits faits et à faire au fond contre Monsieur de Meaux, ne se contentèrent de rien, et ne le pardonnèrent de leur vie à Monsieur de la Trappe.
Il arrive quelquefois aux plus gens de bien ^ de diviniser certaines passions, et telle est la foiblesse de l'homme. J'étois passionnément attaché à Monsieur de la Trappe ; je l'étois intimement à Monsieur de Beauvillier, et fort à 31. de Chevreuse ; ils ne se cachoient de rien devant moi, et quelquefois il leur échappoit des amertumes sur Monsieur de la Trappe, que j'aurois voulu ne pas entendre. Je me souviens qu'ayant dîné en particulier chez M. de Beauvillier, il nous proposa, à M. de Chevreuse, au duc de Béthune' et à moi, une promenade en carrosse' autour
i. C'est-à-dire rentière difîérence qu'il y avait entre sa façon de penser et celle de Monsieur de Cambray.
2. On ne trouve pas tout cela dans la seconde lettre reproduite par M. Gonod (1846), p. 400-401, avec plusieurs lettres à l'abbé Nicaise (p. 222-233, 239, 267-268, 274-280 et 28S), où Rancé, tout en regrettant la divulgation de ce qu'il avait écrit, condamnait les doctrines de Fénelon, demandait une répression sévère, et approuvait fortement les livres de Bossuet et de Godet des Marais.
3. Littré cite des exemples de cette façon de parler pris dans Bossuet, Bourdaloue, Massillon.
4. Armand I" de Béthune, qui avait quitté le duché de Cliarost en 1G95, pour le passer à son fils : tome III, p. 93.
3. Après carrosse, le manuscrit porte une L, effacée du doigt.
Mme Guvon.
du canal de Fontainebleau'. La duchesse de Béthunc Duchesse étoit la grande âme du petit troupeau, l'amie de tous les pi.i,jcip!iie"amie temps de Mme Guy on, et celle devant qui Monsieur de de
Cambray étoit en respect et en admiration, et tous ses amis en vénération profonde'. Le petit troupeau avoit donc réuni dans une liaison intime la fille de M. Foucquet^ et les filles de M. Colbert*; et le duc de Béthune, qui n'alloit pas, en ce genre, à la cheville du pied^ de sa femme", étoit, à cause d'elle, fort recueilli ' des deux ducs
1. Ce canal, de sis cents toises de long sur vingt de large, avait été achevé en 1661, et poussé jusqu'au grand parterre du jardin, selon le projet du roi Henri IV, qui était passionne pour cette entreprise. Voyez, dans le Journal de Dcmgeau, tome XIV, p. 481, la description d'une promenade du Roi, en 1713. — En 1697, la cour resta à Fontainebleau du 19 septembre au 2o octobre.
"2. Cette fille unique de la première femme du surintendant a déjà été nommée eu 1693 (tome II, p. 345), comme une des « principales brebis du petit troupeau."^ Elle avait connu Mme Guyon à 3Iontargis, et son frère consanguin, le comte de Vaux, avait épousé Mlle Guyon en 1689.
3. Nicolas Foucquet, vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle- Isle, né à Paris et baptisé en l'église Saint-Jean-en-Grève le 27 janvier 1613, fut d'abord destiné à l'Église et pourvu, en 1631, de la dignité de trésorier de la basilique Saint-Martin de Tours; puis, entrant dans la robe, il devint successivement conseiller au parlement de Metz (1633), maître des requêtes à vingt et un ans (1636), intendant de justice, police et finances auprès de diverses armées et dans les, généralités de Grenoble et de Paris (1643-1630), procureur général au parlement de Paris (octobre 1650), surintendant des finances et ministre d'État (8 et 10 février 1633). Disgracié et arrêté le 3 septembre 1661, condamné, trois ans plus tard, à la détention perpétuelle, il finit ses jours dans le donjon de Pignerol, le 23 mars 1680.
4. Allusion à l'inimitié légendaire de Colbert pour Foucquet, qui succomba en 1661. Les deux filles aînées de Colbert avaient épousé MM. de Beauvillier et de Chevreuse.