Des corrige ne
5. Allusion aux sacs oia s'entassaient les pièces de procédure.
6. Voici comment le Moréri, qui prenait son article dans Bayle, caractérise la conclusion de cette affaire : « Lorsqu'il (le duc de Nemours)
en 1566^ Mlle de la Garnache disparut^, et alla élever son poupon dans l'obscurité, où il vécut et mourut^. Après
se vit sommé de tenir sa parole, il s'en moqua avec d'autant plus de hardiesse, qu'il ne voyoit pas qu'Antoine, roi de Navarre, quoique premier prince du sang, eût ou assez de vigueur, ou assez d'autorité, pour le contraindre de réparer l'honneur de la demoiselle. Ce fut bien pis après que le roi de Navarre, qui avoit eu quelque sorte de crédit pendant le Triumvirat, eut été tué.... Le duc de Nemours, sorti de France au commencement des troubles, à cause qu'on avoit découvert qu'il avoit voulu enlever le duc d'Anjou, frère du roi Charles IX, avoit été rappelé bientôt et avoit servi utilement contre ceux de la Religion. Cela et la mort du roi de Navarre l'encouragèrent à presser la cour de Rome de déclarer nul son engagement. Il obtint tout ce qu'il voulut. Le bon droit de la demoiselle de Rohan fut entièrement opprimé, à cause qu'elle s'étoit déclarée pour le parti réformé ; de sorte qu'il lui fallut avaler l'affront de se voir mère sans avoir été mariée, et le déplaisir de voir son infidèle galant marié avec la veuve du duc de Guise, et aussi honoré partout et caressé des dames que s'il avoit été le plus honnête homme du
monde » Il y a une lettre du roi de Navarre, très vive, très favorable
à Françoise de Rohan, dans le recueil des Lettres d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret publié par M. le marquis de Rochambeau, p. 222- 223. Ce prince, peu de mois avant de mourir, arracha au duc de Nemours une promesse écrite et bien en forme de tenir ses engagements et d'épouser Françoise; mais cela ne servit de rien.
1. Le contrat fut passé le 29 avril 1d66, et le mariage célébré le 5 mai, à Saint-Maur-des-Fossés.
2. Non seulement Françoise de Rohan fit opposition au mariage, mais elle en demanda la cassation au Pape. Pour des raisons toutes politiques, le tribunal de rote rendit un jugement en faveur du duc de Nemours, et, sur un recours de l'appelante au Pape en personne, celui-ci confirma le jugement, le 6 août 1376. Le Conseil du roi Charles IX avait de même repoussé une demande en appel comme d'abus, et, le 2 décembre loTo, Henri III avait défendu à Mile de Rohan de porter le nom de « dame de Nemours. » Enfin, le 12 juin lo79, Jacques de Savoie répandit un acte de désaveu officiel, portant que « celui qui se disait fils de Mlle de Rohan, lequel se faisait nommer par son nom et aussi du nom de la maison de Nemours, » ne lui « était rien. » L'année suivante, pour faire rendre la liberté à ce fils, que le duc de Mayenne tenait prisonnier depuis trois ans, Mlle de Rohan consentit, non pas à reconnaître le mariage de son amant avec Mme de Guise, mais à accepter un divorce.
3. Cet enfant, né à Pau le 24 mars 1557 et nommé Henri, fut élevé par Jeanne d'Albret dans la religion protestante, puis guerroya avec les Allemands, sous le titre de prince de Genevois (Jacques de Savoie avait
plusieurs années, comme la suite infatigable et le talent de savoir se retourner est encore un apanage spécial de la maison de Rohan, Mlle de la Garnache se remontra à demi', essaya de faire pitié à Mme de Nemours et d'obtenir quelque dédommagement par elle. Elle la toucha enfin, et Mme de Nemours obtint, personnellement pour elle et sans aucune suite après elle, l'érection de la seigneurie de Loudun- en duché, sans pairie, en 1576^. Mlle de la Garnache^ alors reparut tout à fait, sous le nom de duchesse de Loudun, et jouit du rang de duchesse, qui fut éteint, avec ce duché, par sa mort^. Telle est la première
le duché de ce nom depuis 1564), rentra en France, tomba entre les mains du duc de Mayenne, qui le retint prisonnier jusqu'à l'accommodement de lo80, et, par la suite, persista encore à se faire appeler du nom de Nemours dans le pai'ti protestant. Sa conduite ultérieure fut d'ailleurs fort mauvaise, même à l'égard de sa mère, qu'il expulsa du château de la Garnache, et, renié par ses propres parents Rohan, il mourut en lo96, ne laissant qu'un bâtard.
1. Après demi, Saint-Simon avait écrit, puis a biffé : après bien des amiées, qui eût fait double emploi avec le commencement de la phrase.
2. Loudun et le petit pays de Loudunois, en Poitou, avaient été déjà érigés deux fois en fief, puis réunis à la couronne. L'érection de 4579 donna lieu à quelques incidents dans le Parlement.
3. Erreur de date : les lettres de don du duché de Loudun sont du 16 novembre 1579, et non de 1576; voyez V Histoire généalogiqtie, tomes III, p. 513, et V, p. ,627-630, et le livre de M. de Ruble, p. 137. — Outre cela, le jeune Henri de Rohan, rendu à la liberté, fut gratifié d'une rente de vingt mille livres sur une abbaye du cardinal de Ferrare, frère de Mme de Nemours, et, après la signature de la transaction du 22 janvier 1580, la nouvelle duchesse de Loudun reçut une rente de cinquante mille livres sur l'hôtel de ville de Paris. Elle n'en crut pas moins devoir protester une dernière fois de son bon droit et de la légitimité de son fils ; mais il paraît, par une lettre d'elle que cite M. de Ruble, qu'elle n'eut plus que des rapports de courtoisie avec Mme de Nemours.
4. Avant Mlle de la Garnache, le manuscrit porte un pour, biffé et remplacé par un point, et alors, qui suit, est écrit en interligne, sur qui, biffé également.
5. M. de Ruble a raconté les derniers temps de l'existence de Françoise de Rohan, troublés par les incidents de la guerre civile et par la turbulence de son propre fils. Elle finit par faire un mariage morgana-
époque d'un rang dans la maison, et non à la maison de Rohan, qui, avec toutes ces alliances si grandes et si immédiates, n'en avoit jamais eu et n'y avoit jamais prétendu. René II de Rohan*, frère de la duchesse de Loudun et fils comme elle d'Isabelle de Navarre, ne figura point, non plus que ses autres frères^; mais ils n'eurent point de postérité, et il en eut. Ses deux fils et ses deux filles^ firent tous parler d'eux, et, comme leur père, qui s'étoit fait huguenot, et encore* plus comme leur mère, qui fut une héroïne de ce parti, ils l'embrassèrent^. Elle" étoit
tique, ou du moins par échanger une promesse écrite de mariage, sous les auspices du duc de Mercœur, avec un capitaine breton, François Lefelle, seigneur de Guébriant (9 août 1586). Elle mourut en décembre 4o91, peu après que le roi Henri IV, qui l'appelait « ma tante la duchesse de Loudunois, » eut confirmé l'érection de son duché. Le duc de Nemours était mort en Italie six ans auparavant.