Mmes de Soubise, de Coëtquen et d'Espinoy, déjà citées
9. Le mariage eut lieu à Dampierre le 16 avril 1G63 {Gazette, p. 371). C'est
même temps de faire Mme de Soubise dame du palais% et, une fois à la cour, sa beauté fit le reste*. Le Roi ne fut pas longtemps sans en être épris. Tout s'use : l'humeur de Mme de Montespan le fatiguoit; au plus fort même de sa faveur, il avoit eu des passades ailleurs, et lui avoit même donné des rivales ^. Celle-ci sut bien se conduire :
alors que François de Rohan échangea son titre primitif de comte de Rochefort contre celui de prince de Soubise; mais cette principauté ne fut de nouveau érigée en sa faveur qu'au mois de mars 1667 (Arch. nat., K 617, d° 25). Le mariage avait été fait par Rancé : ci-après, p. 3'27.
1 . C'est seulement à la tin de 1673 que .Mme de Soubise fut mise au nombre des dames du palais qui remplacèrent alors les filles d'honneur, avec Mmes de Chevreuse, d'IIarcourt, d'Albret et de Rochefort.
2. Sur la beauté de Mme de Soubise, qui était rousse, avec « le plus beau teint du monde, ua beau visage, mais les yeux petits, » voyez l'Addition au Journal de Dangcau, tome XII, p. 324, et la suite des Mémoires, tomes VI, p. 249, XII, p. 88, On a mis son portrait au musée de Versailles, dans l'antichambre de la Reine, salle n° 417, toile n" "iilO. Deux estampes la représentent : l'une, jeune, montée sur un palefroi et abritée d'un parasol ; l'autre, à la date de 1693. Mme de Montespan, selon certains pamph.ets du temps, prétendait qu'elle avait un sang malsain et le corps couvert d'ulcères. Saint-Simon dit que, malgré les écrouelles, elle sut se conserver belle jusqu'à la fin.
3. Dans la grande Addition sur Louis XIV {Journal de Dangeau, tome XVI, p. 52), il dit : « D'autres (amours) succédèrent (à Mme de Fontanges); presque tous ne furent que passades; un seul subsista longtemps; une infâme politique le souffrit, pour le moins.,... -> Suit, sans que le nom de Mme de Soubise soit prononcé, une première rédaction du récit qu'on va lire, rédaction qui se retrouvera presque textuellement dans la suite des Mémoires, tome XII, p. 88-90. — On connaît comme maltresses de passage, comme doublets de Mme de Montespan, selon l'expression employée ailleurs par Saint-Simon, Mlles de Fontanges et de Ludres, peut-être Mmes de Thiange et d'Heudicoiirt. Plus tard, en 1681, Bussy-Rabutin écrivait à sa cousine [Letlres de Mme de Sévigné, tome VII, p. 147) : -< Si ce temps dure, un chemin sûr aux belles hlies pour se sauver, ce sera de passer par les mains du Roi.... » — Le mot de passade, qu'il n'est pas besoin d'expliquer", a son pendant dans cette phrase de Mme de Sévigné, en 1676 : « C'est comme si, les duels étant défendus, les rencontres étoient permises. » De sou côté. Madame disait (lettre du 24 décembre 1716) : « Le Roi était galant, mais souvent
« Voyez ce sens-là et un autre dans les Historiettes de Tailemant, tome IV, p. -234 et 238.
Bontemps porta les paroles^ ; le secret extrême fut exigé, et la frayeur de M. de Soubise fort exagérée. La maréchale de Rochefort, accoutumée au métier^ fut choisie pour confidente; elle donnoit les rendez-vous chez elle, où Bontemps les venoit avertir, et toutes deux, bien seules et bien affublées, se rendoient par des derrières^ chez le Roi. La maréchale de Rochefort m'a conté qu'elle avoit pensé mourir une fois d'embarras : il y eut du mécompte, Bontemps arriva mal à propos ; il fallut, sous divers prétextes, se défaire de la compagnie qu'on avoit laissée^ entrer parce qu'on ne comptoit sur rien ce jour-là, et toutefois garder Mme de Soubise pour la conduire après où elle étoit attendue et ne pas faire perdre du temps à un amant dont toutes les heures étoient compassées^. Au bout d'un temps assez considérable, le pénétrant courtisan "^ s'aperçut, mais ne se le dit qu'à l'oreille, et, d'oreille en
débauché; tout lui était bon, pourvu que ce fussent des fenaraes. » Rivalités peu redoutables d'ailleurs, puisque M. de la Rongèi-e écrivait à Bussy, en 1677 : « Mme de Ludres a redonné au Roi de l'amour pour Mme de Montespan, qui commençoit à baisser. Voilà tout l'effet de ses charmes. » [Correspondance de Bussy, tome III. p. 330.)
1. Ce qui suit a déjà été raconté presque au début des Mémoires, à propos de la maréchale de Rochefort (tome I, p. 83-86, et Additions 13 et 14, p. 331-333), et se retrouvera dans le grand portrait de Louis XIV. Comparez le Parallèle, p. 79.
2. Voyez ce que Walckenaër a dit ou résumé sur cette dame dans ses Mémoires sur Mme de Sévigné, tome V, p. 249-230.
3. « Le cabinet des Chasses était alors un escalier ou degré dérobé qui permettait d'arriver plus ou moins en secret dans la chambre du Roi ou dans son cabinet. Comme les personnes qui montaient chez le Roi par le degré dérobé ne passaient pas par la salle des Gardes et l'antichambre, c'est-à-dire par les devants, on disait qu'elles entraient par les derrières, c'est-à-dire par les cabinets situés derrière l'appartement du Roi : cabinet des Agates et cabinet du Billard. » (Dussieux, le Château de Versailles, tome I, p. 230.)