‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 171 sur 427 · Tome II, p. 353, note · texte numérisé non relu

Tome II, p. 353, note

4. « Claude de Lorraine, comte de Guise, frère d'Antoine, duc de Lorraine, fut le premier qui vint s'établir en France sous François I''', et, par son grand mérite, fut élevé en grande autorité. Il en abusa bientôt, etc.... » (Mémoire de 1710, dans le tome III à&sÉci'its inédits, p. 277-278.)

5. Dire, oublié d'abord, a été ajouté après coup en interligne.

(j. Charles de Lorraine, second fils de François, duc de Guise, et d'Anne d'Esté (ci-dessus, p. 208), naquit le 26 mars 1554, et n'eut le titre de duc de Mayenne ou du Maine, comme on disait souvent, qu'au mois de septembre 1573, par érection de ce marquisat en duché-pairie. Il était alors grand chambellan de Finance et gouverneur de Bourgogne. En 1578, il rem|)laça son beau-père, le marquis de Villars (Savoie), comme amiral de France, se démit en 1582, et reçut l'Ordre. A la suite de l'assassinat de ses frères, il devint chef de la Ligue catholique, ne

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tenant général de l'Etat et de couronne de France', » n'omit aucune de celles qui sont réservées à la personne et à l'autorité de nos rois. Il fit en son propre nom des déclarations et des édits' qui furent enregistrés au Parlement^; il fit des maréchaux de France qui en exer-

fit son accommodement avec Henri IV qu'après la journée de Fontaine- Française, et mourut à Soissons, le 3 octobre 161 1.

1. C'est le 4 mars 1589 qu'il reçut du conseil do l'Union le titre de lieutenant général de l'État royal et couronne de France, et le 7 que le Parlement ratifia cette nomination. Dans un manifeste public aussitôt après, l'Union réclama pour elle et pour le lieutenant général toutes les attributions de la couronne, le droit de grâce et de rémission, la nomination aux offices et bénéfices, etc. Huit mois plus tard, ils proclamèrent roi, sous le nom de Charles X, le vieux cardinal de Bourbon. V^oyez les pièces exposées au musée des Archives nationales et décrites dans V Inventaire sous les n"' 74o, Itri, 733, 737, etc.

'2. " Edit signifie une loi nouvelle, une chose qui n'a pas encore été faite, et il commence par ces mots : « A tous présents et à venir. » 11 est scellé en cire verte, avec un lacet rouge et vert. La cire verte marque qu'il est irrévocable. Les édits ne sont datés que du mois et de l'année. — Déclaration est l'interprétation d'un édit ou d'une ordonnance, pour les réformer ou casser en tout ou en partie ; elle commence en ces termes : « A tous ceux qui ces présentes lettres verront. Salut. » Elle est scellée du grand sceau en cire jaune, sur double queue de [)archemin, et datée du jour, mois et année. — Une ordonnance est un règlement extrait des édits; elle commence par les mots : « A tous « présents et à venir, Salut. » Elle est cachetée en cire verte sur lacs de soie verte et rouge, datée du mois et de l'année. » {Métnoires du duc de Luynes, tome XII, p. 187.)

3. Depuis le quatorzième siècle, l'enregistrement des actes royaux était obligatoire. Suivant leur nature, on le requérait du Parlement, de la Chambre des comptes, de la Cour des aides, isolément ou successivement. Ce n'était plus une simple formalité, car ces trois cours avaient pris l'habitude de faire des remontrances, parfois très vives, lorsque l'acte à enregistrer les blessait ou leur déplaisait pour une raison quelconque. Parfois, l'autorité royale déférait à ces remontrances, et retirait ou modifiait l'acte présenté ; parfois aussi, elle se bornait à renvoyer le même acte, avec des lettres closes requérant de nouveau l'enregistrement, et, quand les magistrats persistaient dans leur refus, on finissait par leur adresser une « jussion » expresse, qui les obligeait à céder sous de simples réserves de forme, ou bien le Pioi venait lui-même faire faire l'enregistrement en lit de justice. Sous Louis XIV, l'enregistrement

cèrent les offices, et dont quelques-uns les conservèrent en faisant leur traité avec Henri IV ' ; il punit de mort et d'exil, et donna grâce de la vie; il disposa en roi des charges, des emplois, des bénéfices de toutes les sortes, et grand nombre de ses pourvus gardèrent'^ leurs places à la paix^. On ne peut donc pas croire qu'au temps de l'exercice de l'autorité et de la puissance royale qu'il exerça* en plein dans son parti, qui étoit presque toute la France, et Paris surtout, personne de ce parti lui eût osé, ni voulu même refuser aucun des honneurs et des distinctions, même nouvelles, qu'il eut voulu s'arroger. Les histoires et les mémoires de ces malheureux temps^ rapportent une infinité d'actes de M. de Mayenne et de

n'avait plus ces inconvénients, le droit de remontrances ayant été supprimé par une déclaration du 24 février 1673. Il ne fut rétabli que le lo septembre 'l71o. Voyez la suite des Mémoires, tomes V, p. 199-200, X, p. 401-403. XVI, p."'l9o, 196, 305-306, etc.

1. C'est au commencement de 1393 que le duc de Mayenne créa amiral de France M. de Braucas-Villars, et maréchaux MM. de la Chastre, de Rosne, de Boisdauphin et de Saiut-Paul. Après les événements de mars 1594, M. de Villars vendit la Normandie à Henri IV et se fit confirmer comme amiral ; de même, M. de la Chastre, en rendant Orléans cl Bourges, et M. de Boisdauphin, en remettant au nouveau roi Sablé et Château-Gontier, obtinrent la confirmation de leur bâton de maréchal. Il y a des actes de confirmation de plusieurs « pourvus » du duc de Mayenne, après mars 1594, dans les arrêts du conseil d'État.

2. Les lettres ga de « gardèrent » corrigent co[nservèyc)it].

3. Comparez divers passages sur 31. de Mayenne, le « CromwcU de la France, » dans les Écrits inédits, tomes III, p. 286-294 (mémoire de 1710 sur les Maisons de Lorraine, de Rohan et de la Tour), et V, p. 231 et 243 (notice sur le duché de M.vyenxe). Saint-Simon est implacable pour le prince lorrain, tandis que Fontenay-Mareuil, dont pourtant il pratiquait beaucoup les mémoires, rend justice à certains actes.

4. Cette répétition à'exerça après exercice est bien dans le manuscril.

5. On peut citer les mémoires de Villeroy et ceux de Sully, les histoires de Davila, de J.-A. de Thou, de Pierre Matthieu, d'Agrippa d'.Vubigué, la Vie du duc de Maijenne publiée dès 1013 par Xervèze, les Mémoires de la Ligue, les Lettres du cardinal d'Ossat, les Mémoires du duc de ISevers, et autres ouvrages qu'avait Saint-Simon. Mézeray et le P. Daniel insistent aussi sur la puissance que M. de Mayenne s'était arrogée.

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lettres de toutes sortes de personnes à lui écrites'. Dans pas une de ces pièces il ne se trouve d'Altesse; c'est vous partout '^, et jusqu'à son propre secrétaire ne lui écrit jamais autrement^. Il est donc vrai qu'il u'imaginoit pas de prétendre ce traitement, comme alors ni le duc de Lorraine ni aucun autre souverain qui se faisoient' donner VAllesse n'imaginoi<^nt pas le Sérénissiine'. Ce superlatif ne leur est venu dans la tète et dans l'usage que longtemps depuis, lorsque leurs cadets se sont fîiit traiter d'Altesse, pour se distinguer d'eux, et cette distinction a été de courte durée : les mêmes qui s'étoient fait donner V Altesse comme les souverains, ont pris aussi le Sérenissiiue presque aussitôt qu'ils l'ont vu inventer; et de là est venue de nos jours V Altesse Royale, qui n'étoit que pour les enfants de nos rois, descendue aux leurs'\ et, à cause

1. Henri yiarlin [Histoire de France, Loiue X, p. 30.j, noie) a rciuar- (|Lié que, pendant les états fie lo89, Mayenne souscrivait ses lettres à l'assemblée : « Votre bien humble et alFectionnc serviteur, » et que l'assemblée faisait de même. La noblesse et le tiers état ne consentirent qu'avec peine à lui donner le « Monseigneur », comme le faisaient déjà les députés du clergé. Ses lettres au Parlement sont souscrites : « Votre humble et plus affectionné à vous servir », ou « à vous obéir ».

-2. Les Mémoires île Villeroij (p. '2o4-ioo) contiennent une lettre où ce ministre dit au duc, en to94 : « Monseigneur », et : « vous ».

3. Le secrétaire du prince était des Portes-Daudouin. — CoHiparez deux ou trois pages de la notice du duché de Mercoeur, dans le tome V de> Ecrits inédits, p. -245-247, le mémoire de t7o3, dans le tome iV, p. 432-433, cl surtout la suite des Mémoires, tome VI, p. 362-36.'j. Saint-Simon avait dans ses papiers (vol. 40, France 493) un protocole des formules de suscription, souscription, etc., du temps de Louis XIll.

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