‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 179 sur 427 · le Roi · texte numérisé non relu

le Roi

6. Les choses s'étaient passées de même en 1685, pour le second fils, qui devint plus tard duc de Rohau-Rohan : voyez le Journal de Dangeau, tome I, p. 112, avec une Addition de Saint-Simon, qui a cru avoir affaire là au même abbé de Rohan qu'en 1698, sans s'apercevoir que c'eût été un intervalle de treize ans entre les thèses. Nous plaçons cette Addition à côté de -celle de 1698 (n" 260 et 261). A cette dernière époque, voici ce que Pontchartrain écrivait à Mme de Soubise, le 9 février : « Madame, comme il n'y a pas d'apparence que l'on puisse à présent faire voir les lettres de société de Sorbonne de M. l'abbé de

même. Il avoit été prieur de Sorbonne' pour briller et

Lorraine et de M. le cardinal de Bouillon, et qu'il peut néanmoins vous être important que M. l'abbé de Rolian puisse prendre possession du priorat de Sorbonne et être reçu associé, S. M., dont les ordres et les intentions sont toujours que la maison de Rohan soit traitée en toutes choses comme les maisons de Lorraine et de Bouillon, a jugé plus à propos d'ordonner que M. l'abbé de Rohan soit reçu à la société et priorat de Sorbonne sans avoir, quant à présent, des lettres de société, et que M. l'archevêque de Reims diffère à lui en donner jusques à ce que l'on ait pu voir celles de M. l'abbé de Lorraine ou de M. le cardinal de Bouillon, ou de quelque prince de la maison de Savoie, afin que celles que l'on expédiera à M. l'abbé de Rohan soient expédiées dans les mômes -termes et d'une manière absolument conforme. C'est ce que S. M. a bien voulu dire elle-même à M. l'archevêque de Reims, qu s'y est soumis avec le. respect qui est dû aux volontés du Roi et avec les sentiments qu'on doit avoir pour votre personne et pour la grandeur de votre maison. S. M. m'a, en même temps, commandé de vous le faire savoir, et elle m'a de plus ordonné d'écrire dès à présent à M. le cardinal de Bouillon qu'il ait à lui faire remettre incessamment entre les mains ses lettres de société, de prêtrise et de diaconat, et toutes celles qu'il pourroit avoir qui auroient trait à la décision des qualités qui doivent être employées dans les lettres de société de M. l'abbé de Rohan. Cette décision, Madame, que j'ai ordre du Roi de vous apprendre, est trop conforme à ce que vous desirez pour ne pas vous en faire mon compliment, faisant profession, comme je fais, d'être avec plus de respect et d'attachement que personne. Madame, votre très humble et très obéissant serviteur. » (Arch. nat., KK GOO, fol. 473.) 1. On appelait ainsi un bachelier en licence élu pour gouverner la maison pendant un an et pour régler et ouvrir les sorboniques par une harangue, après laquelle il proposait un argument. La Gazette dWmstcrdain de 1698 (n" Lvni) enregistre ce fait, sous la date de Paris, le 14 juillet : « Le 11 de ce mois, l'abbé de Soubise, prieur de Sorbonne, lit, à l'ouverture de la soibonique, un discours de plus d'une heure à la louange du Roi, en présence de deux cardinaux et de vingt-quatre archevêques et cvêques. Il eut toujours son bonnet sur la tête, comme prince : ce qui ne s'ctoit point encore vu. Le lendemain, il donna à dîner à Messieurs de Sorbonne. » Le Mercure lit un long compte rendu de cette solennité (mois de juillet 1698, p. -236-''24d) ; comparez un autre article dans le mois de janvier 1699, p. 143-156, et, à la suite, p. Io6-160, la description d'une thèse dédiée par l'abbé Fyot à la maison de Rohan. L'éloge académique de l'ancien prieur déclare que son panégyrique du Roi était « comparable à celui de Trajan, mais plus éloquent que l'œuvre de Pline. »

capter cette école, irritée des ordres du Roi à son égard : il en fallut venir à ses lettres de doctorat*, et c'est le point qui a causé toute cette disgression pour l'entendre-. Monsieur de Reims ^ n'y voulut point mettre cV Altesse SéréiiissîmcK II étoit proviseur de Sorbonne et alléguoit que 31. de Péréfixe, qui les avoit données avec ce traitement à M. de Bouillon^, depuis cardinal, n'étoit pas duc et pair*^. Mme de Soubise en vint à bout aussi aisément que du reste. Le Roi l'ordonna à l'archevêque de Reims, et lui dit pour toute raison qu'il ne donnoit pas ces^ lettres comme archevêque de Reims, mais comme proviseur de Sorbonne, et qu'il le vouloit ainsi : on peut juger qu'il fut bientôt obéi^.

1. Voyez ci-dessus, p. 274, note 9. Le doctoral assurait la préférence sur tous autres gradués pour obtenir les bénéfices vacants, selon les termes du Concordat. Les lettres de docteur étaient délivrées par le proviseur et enregistrées par le conseil de la Sorbonne.

2. Pour le faire entendre. — Voici le passage du Journal de Dangeau (tome VI, p. 364, 10 juin 1698) qui a donné lieu véritablement à cette « disgression, » et que Saint-Simon va paraphraser : ■ J'appris que M. l'archevêque de Reims, comme proviseur de Sorbonne, avoit enfin donné de l'Altesse Sérénissime à l'abbé de Soubise dans ses lettres de docteur, et cela parce qu'on en avoit usé de même pour le duc d'.\lbret, présentement cardinal de Bouillon, qui a envoyé ici les lettres qu'on lui donna en ce temps-là. Il ne préteudoit point pourtant que ce qui a été fait pour sa maison fût une règle pour la maison de Rohan, et il a même écrit sur cela à M. de Pontehartrain, en termes très forts et dont la maison de Rohan n'est pas contente. Cela n'empêchera pas pourtant que le mariage de Mlle de Château-Thierry, sa nièce, avec M. de Montbazon, aine de la maison de Rohan, ne s'achève. » Comparez les Mémoires de Sourclies, tome VJ, p. 6, et une lettre de Racine, dans le tome V de ses Œuvres, p. 121-122.

3. L'ancien coadjuteur le Tellier, devenu archevêque à la mort du cardinal Antoine.

4. Ou, plus exactement, de Serenissimus Piinceps, au lieu deMagister, puisque les lettres et autres actes de la Sorbonne se rédigeaient eu latin.

o. Ces lettres, je l'ai dit, sont imprimées dans l'ouvrage de Baluze.

6. Le duché-pairie de Saint-Cloud ne fut érigé que pour M. de-Harlay, son successeur, en 1674.

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