Ce duc et sa femme ont été cités plus haut, p
6. Henri-Jacques de Cauraont était né le 3 mars 1673. Son père lui ayant cédé le duché en en conservant les honneurs (brevet du 13 juin 1698, dans le l'egistre 0' 42, fol. 117 v°), il porta le titre de duc de Caumont jusqu'à la mort de M. de la Force, en 1699. Quand celui-ci avait été persécuté pour se convertir au catholicisme, en janvier 1686, comme plusieurs de ses enfants étaient trop petits pour qu'on les mît au collège ou au couvent, la duchesse de Saint-Simon (Charlotte de l'.Vubcspine) avait reçu des mains de M. de la Reynie ceux qui n'avaient pas encore sept ans, avec mission « d'en prendre soin, tant pour leur santé que pour leur instruction. » [Correspondance administrative sous Louis XIV, tome IV, p. 330 et 393 ; Bulletin de la Société de l'Histoire
melet', fille unique, extrêmement riche, d'un président à Force et de mortier du parlement de Rouen et d'une fille de Cha- ^'••^ f ^
, • i>T^ Il 'II 1 rii ' Bosmelet.
Vigny" secrétaire d Ltat, sœur de la maréchale de Lie- [Add.S'-S.ses] rambault, de l'ancien évêque de Troyes^, etc.
La Vallière* épousa une fille du duc de Noailles''. De la vaiiière
du Protestantisme français, '1" année, 1834, p. 69.) Six mois plus tard, le père et les quatre lils avaient abjuré. En 1696 et 1697, on avait songé à donner à l'aîné Mlle de Cosnac [Mémoires de Daniel de Cosnac, tome II, p. 137-161). Nous verrons que, par la suite, il déploya un grand zèle, excessif même, pour la conversion des protestants, qu'il fut conseiller au conseil de Régence, et que son rôle, au temps du Système, fut des plus regrettables. Il mourut le 20 juillet 1726.
1. Anne-Marie Beuzelin de Bosmelet, mariée le 18 juin, apportait une dot et des espérances considérables ; mais il parait que c'était une personne assez déplaisante, déjà dédaignée par les Luxembourg, et qui eût pu être la mère du jeune duc. Son mariage avec celui-ci était préparé depuis 1696. [Lettres de Mme de Sévigné, tome X, p. 356 et 364- 363.) Le Roi signa le contrat de mariage, dont copie est au registre des Insinuations Y 274, fol. 47. Elle mourut à Paris, le 16 novembre 1732, âgée de quatre-vingt-quatre ans. Son portrait par Fr. de Troy, conservé au musée de Rouen, a figuré à l'exposition du Trocadéro, en 1878 (n° 749).
2. Renée Bouthillier de Chavigny épousa, le 12 décembre 1661, Jean Beuzelin, seigneur de Bosmelet, et ils moururent les 10 et 20 mars 1711, elle étant âgée de soixante-huit ans. Son mari, déjà président en 1662, passait pour un homme probe, mais de capacité médiocre (Depping, Correspondance administrative, tome II, p. 122).
3. Tous déjà nommés plusieurs fois, notamment ci-dessus, p. 93.
4. Charles-François de la Baume le Blanc, marquis de la Vaiiière, né le 23 janvier 1670 et pourvu, dès 1676, du gouvernement de Bourbonnais, en place de son père, avait débuté dans les mousquetaires ; il possédait depuis 1692 un régiment de cavalerie, depuis 1697 la lieutenance du gouvernement d'Amboise, et il venait d'être nommé, en mai 1698, menin du Dauphin. Il passa brigadier en' 1702, obtint, en 1704, pour ses brillants faits d'armes, la charge de commissaire général de la cavalerie légère et le grade de maréchal de camp, fut fait lieutenant général en 1709, menin du nouveau Dauphin et gouverneur d'Amboise en 1711, mestre de camp général de la cavalerie en 1714. Louis XV, en fémer 1723, érigea de nouveau pour lui le duché créé pour sa tante en 1667. Il mourut le 22 août 1739.
3. Marie-Thérèse de Noailles, quatrième fille, née le 3 octobre 1684, mariée le 16 juin 1698, devint dame du palais en 1707, et ne mourut que le 17 mai 1784, à près de cent ans. Saint-Simon dira plusieurs fois
et J'une fille
du duc ilo Noailles.
De la Carte et
Mme la princesse de Conti, cousine germaine de la Vallière et qui l'aimoit fort\ parla libéralement dans le contrat' et fit la noce en sa belle maison dans l'avenue de Versailles^. Ce fut une espèce de fête, où Monseigneur se trouva*. Il s'en fit un autre''' assez bizarre^'. La Carte', gentil-
que c'était la plus spirituelle et la plus insinuante des Noailles. Comme ses nombreuses sœurs, elle n'avait que cent cinquante raille livres de dot. — Outre ce que le Journal de Damjeau dit de ce mariage (tome VI, p. 345-346 et 367), voyez encore le Mercure, juin 1698, p. '24'2-249, et les Annales de la cour, tome II, p. 38*2-383, 386 et 433. M. Bertin en a parlé dans les Mariages dans l'ancienne société française, p. 244-246.
1. Selon les Annales, elle avait d'abord voulu marier son cousin avec une tille de Mme d'Espinoy, puis s'était rabattue sur les Noailles, qu'elle voyait en faveur depuis le mariage du comte d'Ayen.
2. Non seulement elle fit donner à son cousin, par avance, une des places de raenin, mais elle obtint du Roi permission de disposer en sa faveur des terres jadis érigées en duché de Vaujours pour Mlle de la Vallière, et sur lesquelles elle se proposait de faire établir un nouveau litre. La donation fut passée par elle le 8 juin : Arch. nat., Y 271, fol. 46.
3. Cette maison, aujourd'hui l'hôtel de ville de Versailles, avait été primitivement acquise du chevalier de Lorraine pour le comte de Vermandois. On en admirait surtout les jardins, où bien des fêtes furent données, et un appartement de bains donnant sur l'avenue de Sceaux ; c'est là qu'aboutit actuellement le chemin de fer de la Rive gauche.
4. Journal de Dangeau, tome VI, p. 366-367, et Mercure déjà cité. Monseigneur ne tarda pas à prendre M. de la Vallière en très grande affection.
o. Autre corrige encore.
6. Dangeau, p. 346, 353 et 383 ; Sourches, tome VI, p. 33, 45 et 48. — Dans la table de sou manuscrit du Journal, Saint-Simon avait fait cette note : « Mariage de la Carte, capitaine des gardes de Monsieur et son étrange favori, avec la seconde fille de la duchesse de la Ferté; prend le nom et les armes et la livrée de Saint-Nectaire, et s'appellera le marquis de la Ferté, moyennant de l'argent qu'il donne au duc de la Ferté, qui n'a point de garçons et n'a que deux frères, un jésuite et un chevalier de Malte, lequel s'y oppose avec Saint-Nectaire depuis chevalier de l'Ordre en 1724. » Il en parle aussi dans la notice du duché éteint de la Ferté, tome VI des Écrits inédits, p. 297-298.
7. François-Gabriel Thibault, dit le marquis de la Carte, baptisé le 8 décembre 1669, en Poitou, reçu page du Roi en 1686, avait, selon le duc de Luynes, quitté le petit collet " pour s'attacher à Monsieur et
" I! avait eu cependant, de 1691 à iC,96, une lieutenance, puis une compagnio au régiment des gardes.
homme' de Poitou fort mince et fort pauvre', s'attacha à d'une fille du
Monsieur, qui prit pour lui un goût que sa figure, des ^'"cdeia Feiic.
plus communes, ne méritoit pas de celui de ce prince^,
qui s'en entêta extraordinairement^, et qui, de charge
en charge chez lui"', le fit rapidement monter à celle de
premier gentilhomme de sa chambre'' et lui fit beaucoup
de grâces pécuniaires'. A la fin, il le voulut marier. La
îicheler, en janvier 1696, une nioidé de la charge de premier maitre d'hôtel de ce prince ; puis, en la revendant à M. de Matharel, il avait acquis du marquis d'Estampes la survivance de la moitié de celle de capitaine des gardes (mai 1696). Monsieur lui avait donne aussi le gouvernement de Joinvillc (septembre 1696).
l. Le g de gentilhomme corrige un second C majuscule.
'2. Les preuves de ce personnage jusqu'en 1440, pour entrer dans les pages, sont conservées au Cabinet des titres, vol. '286, n" 37. La famille avait eu trois chevaliers ou commandeurs de Malte , reçus en 1633, 1649 et 1689; sa généalogie est insérée au second registre de V Armoriai général de d'Hozier. Le père, qui possédait le château d'Uzay, auprès de Saint-Maixent, et avait une charge de lieutenant de Roi au bas Poitou, ne mourut qu'eu 1720. La Carte, château situé dans la paroisse de Cherveux, leur appartenait depuis 1430, selon la généalogie, qui leur attribue aussi quelques bonnes alliances.
3. On comprend qu'il veut dire que le prince montrait d'ordinaire un meilleur goût; mais la phrase est singulière.
4. Voyez une pièce du Chansonnier, ms. Fr. 12 692, p. 11, qui est reproduite dans le Nouveau siècle de Louis XIV, tome IV, p. 80.
D. Dans la table du volume du Journal où Dangeau'a noté les deux acquisitions successives faites par M. de la Carte en 1696, Saint-Simon a relevé le fait en ces termes : « La Carte, qui, d'oflicier au régiment des gardes, étoit devenu un étrange favori de Monsieur et avoit eu une moitié de charge de son premier maitre d'hôtel, achète de M. d'Estampes une moitié de celle de capitaine de ses gardes. »
6. Sa est en interligne. — Ceci est une erreur : nous avons vu déjà que, des deux charges de premier gentilhomme de la chambre de Monsieur, l'une appartenait aux deux frères Chàtillon, et l'autre au comte de Sassenage. La Carte n'eut jamais que la moitié d'une des deux charges de capitaine des gardes du corps du prince, l'autre moitié étant possédée par M. d'Estampes, et l'autre charge par la Fare.
7. Le 14 mai 1697, Monsieur lui avait constitué une pension de quatre mille livres ; il en ajouta une autre, de six mille, à l'occasion de son mariage, le 22 juillet 1698. Madame parle aussi d'un don datant de 1696 (recueil Rolland, p. 134). Tous ces faits, bien connus à la cour.
duchesse de la Ferté avoit encore une fille', qui avoit un peu rôti le balai^ et qui commençoit à monter en graine^: elle étoit fort bien avec Monsieur, qui lui proposa ce mariage; elle se fit prier, et elle voulut que la Carte prît les livrées et les armes ^ de sa fille et le nom de marquis de la Ferté^ Cela l'honoroit trop pour n'y pas consentir avec joie; mais le duc de la Ferté, de tout temps
inspiraient au Roi une profonde aversion pour le favori, et il ne lui permit jamais d'approcher de sa personne.
1. Mlle de Mennetou, Françoise-Charlotte de Senneterre (tome II, p. 80, note 6), cette « égueulée » avec laquelle Saint-Simon avait été obligé de danser un branle en 1694, et qui, alors, avait failli épouser le chevalier de Soissons. Elle a Jiguré aussi dans le principal branle, au bal des noces de 1697 (tome IV, p. 320). Excellente musicienne, danseuse et chanteuse, elle avait été admise à jouer du clavecin devant le Roi, n'ayant que neuf ans. Elle jouait aussi de la fliite. C'était une fort jolie personne, élégante, mais de taille un peu irrégulière. (Chansonnier, mss. Fr. 12 690, p. o07, et 12 692, p. 188 ; Journal de Dan- (jcau, tome II, p. 4o0; second supplément du Parnasse français [17oo], p. 11.) La collection Hennin renferme deux portraits d'elle (n"' 6198 et 6171); l'un la représente en pied, l'autre jouant du clavecin. Elle fut mariée le 22 juillet 1698, et, trente ans plus tard, après un long veuvage, épousa en secondes noces (avril 1729), Jean-François de Malortie, marquis de Boudeville, de même famille que François de Malortie, seigneur de Villars, dont la femme, Anne Sarrau, fut exécutée avec le chevalier de Rohan, le 27 novembre 1674. Elle mourut le 4 novembre 1745, à la Ferté, ayant soixante-six ans.
2. Saint-Simon écrit : ballet. Il applique la même expression à Mme de Maintenon en plusieurs endroits. Ce n'est évidemment pas au sens de végéter et être réduit, faute de bois, à brûler son balai, comme le croit Littré, mais au sens de mener une vie dévergondée, une vie d'enfer, comme les sorcières qui se rendent au sabbat sur leur balai.
3. Expression déjà employée pour Mlle de Croissy : tome III, p. 3o.
4. La maison de Senneterre ou Saint-Nectaire portait pour armes : d'azur à cinq fusées (losanges allongés) d'argent rangées en fasce.
5. Journal de Dangeau, loine VI, p. 38o. — La terre de la Ferté- Nabcrt, en Orléanais, avait été érigée en duché, en 166o, pour le maréchal de Senneterre, mort en 1681, grand-père de Mlle de Mennetou, laquelle n'avait que deux oncles, jésuite et chevalier de Malte, et des cousins, des branches de Châteauneuf et de Brinon, cadettes. Il fut donc convenu que, faute de descendance masculine, M. de la Carte deviendrait propriétaire des terres de la Ferté, Mennetou, Ligonneau, etc.,
brouillé avec sa femme, et non sans cause', séparé d'elle et qui ne la voyoit point, se fit tenir à quatre^, et les Saint-Nectaires^ encore plus, qui s'opposèrent en forme à la prostitution de leur nom et de leurs armes'. Après bien du vacarme et des propos fâcheux, Monsieur apaisa tout avec de l'argent^ : tous consentirent, et la duchesse
prendrait le nom de la Ferté-Senneterre, et en écartèlerait les armes avec les siennes propres.
1. Le mari (dans notre tome III, p. 93) était un débauché « jusqu'à la crapule, » qui, toujours ivre, « se tua avant l'âge, fort comme il étoit, après en avoir tué bien d'autres à coups de verre. » Autrement, il eût réussi par sa prestance, son esprit, sa belle conduite à la guerre. Le Roi fit de vains efforts pour qu'il se corrigeât. Voyez sa notice dans le duché de la Ferté, tome VI des Écrits inédits, p. '294-"297. Le recueil inédit de caractères conservé an musée Britannique (ms. Addit. "19 507, fol. 2o) dit de lui : « D'une médiocre taille pour la hauteur, mais, quoique jeune, d'une grosseur et d'une graisse à dégoûter toute la terre. Il n'a de l'esprit que pour ralTmer sur les débauches du vin et des femmes. En un mot, c'est un homme à enterrer de toutes manières. » — La duchesse, type de la Messauxe des Caractères, disait-on, était en procès avec lui {Correspondance administrative, tome II, p. 283; Arch. nat., 0' 40, fol. 262), et elle ne le vit que malgré elle et passagèrement à l'occasion du mariage de leur fille (Chansonnier, ms. Fr. •12 692, p. 367).
2. Littré a recueilli de nombreux exemples de cette locution, au sens de faire la plus vive résistance, soit réelle, soit feinte.
3. Sur ce nom de famille, devenu définitivement Senneterre, voyez notre tome III, p. 27, note I.
4. Ce furent le chevalier de la Ferté», frère cadet du duc, et leur cousin germain, le marquis de Senneterre-Brinon, qui firent une tentative d'opposition ; mais Monsieur obtint au profit de son favori un arrêt du Conseil du 24 novembre 1698. D'aillem-s, M. de la Carte s'était hâté de faire entériner les lettres patentes lui permettant de changer sou nom pour celui de la Ferté-Senneterre {Journal de Dangeau, tome VI, p. 38o et 463; Gazette d'Amsterdam, 1698, n" lxi et Lxii; Arch. nat., X*^ 8693, fol. 373.) Le fils issu de cette alliance hérita des deux noms et du titre : Dictionnaire critique do Jal, p. 1122.
0. Comparez tout ce qui vient d'être dit avec l'article de Mlle de Mennetou, «'les délices de sa mère, » dans la notice déjà indiquée du duché de la Ferté, tome VI des Écrits inédits, p. 297-298.
« Selon le Chansonnier (ms. Fr. 12 692, p. 48o), ce chevalier avait été aimé de sa nièce.
veuvo de Morstin
de la Ferté donna une fête à Monsieur en faisant la noce'. Mariage de Sassenage"', autre premier gentilhomme de la chambre
***rn^^j ^]^^' *~^^ Monsieur, épousa la veuve de Morstin, fille du duc de
.ne fille du duc ,7 . , . .
de chevreuse, Clievreuse^. G étoit une âme d'élite du petit troupeau de Mme Guyon et de Monsieur de Gambray *, qui, avec toute la profondeur de cette dévotion, voulut se remarier"". Ce gendre n'étoit pas plus fait pour cette famille que M. de Levis", et beaucoup moins pour une femme si mystique'; il a pourtant très bien vécu avec eux tous**, itîdooo H ,1 Le Roi, qui venoit de payer les dettes de M. de la Ro-
Moiisieui- chefoucauld' et qui aimoit fort aussi Monsieur le Grand,
1« urand, et * c • i • i •
Goooortau ne voulut apparemment pas taire de jalousie entre ces
i. Le mariage fut célébré à Saint-Cloiul, par le preraier amnônicr de Monsieur : « Outre le régal qu'on y donna aux conviés, il y eut, le soir, un magnifique soupe {sic), par ordre de Monsieur, dans un appartement du Palais-Royal, à la fin duquel la duchesse de la Ferté, mère de la mariée, donna une belle symphonie, et mena ensuite les mariés coucher chez elle. » (Gazette d'Amsterdam, n" iaii.) Les Mémoires de Sourches disent que « la magnificence de cette fête alla presque aussi loin qu'auroit pu aller celle des noces d'un grand prince. » Mme de la Ferté avait déjà donné un « grand régal » à Monseigneur, le '11 janvier précédent,
'2. Ismidon-René, comte de Sassenage, dont Saint-Simon a parlé à propos des changements faits dans les deux charges, en 1694 : tome II, p. i208.