‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 194 sur 427 · Donne a été ajouté après coup, en interligne · texte numérisé non relu

Donne a été ajouté après coup, en interligne

"1. Saint-Simon, au contraire, tenait beaucoup à la conservation de ces titres et à une hiérarchie régulière. Le fond principal de ses Projets de rélablissement du royaume de France, indiqués plus haut, est une « nécessité de remédier, avant tout, à l'incroyable confusion des titres. » Il voulait des distinctions, et comme honneurs et comme droits et comme costumes, variant suivant les titres de marquis, de comte, de vicomte, de baron ou de baronnet. Nous avons aussi de lui, dans le volume 60 de ses papiers (France 215, fol. 70-To), un mémoire de six feuillets sur les ducs, comtes et marquis. A la fin des Mémoires (tome XVIII, p. Io3), il s'écrie : « Qui veut se faire annoncer marquis ou comte le devient aussitôt pour tout le monde, qui en rit, mais qui l'y appelle, sans autre droit ni titre que l'impudence de se l'être donné à soi-même.... Tout est plein de marquis et de comtes, les uns de (pialité grande ou moindre, les autres canailles ou peu s'en faut, pour la plupart, ceux-ci, de pure usurpation de titre. »

3. Le titre était attaché à une terre ou à un ensemble de terres plus ou moins considérable selon la hiérarchie", et il ne pouvait se transmettre régulièrement aux héritiers de celui qui avait obtenu l'érection que s'ils conservaient la terre. Faute d'héritiers, le titre périssait ; mais un nouveau possesseur pouvait assez facilement faire faire une seconde érection. Autrement, les titres ne devaient pas s'accoler directement à un nom patronymique, comme Saint-Simon nous le dira (tome III de 1873, p. 2o8) : « Marquiser ou comtiser un nom bourgeois de famille ne se faisoit pas, alors que le de s'usurpoit partout. »

4. Allusion aux anciens comtes, dont l'existence et les fonctions remontaient à l'organisation gallo-romaine, et aux anciens marquis ou gardiens des marches frontières [marchiones fines Regni tuentes). Sur les premiers, voyez un passage des Mémoires, tome X, p. 363 et 364.

o. Ce que semble singulier ici, parce que l'équivalent a été oublié deux lignes plus Jiaut, avant « (juoique cela ».

a Pour un marquisat, trois baronnies et six. chàtellenies tenues du Roi cil un seul hommage; pour un comté, deux baronnies et trois chàtellenies. — 11 était bien rare que ces conditions fussent exactemeut observées.

leurs distinctions ont duré bien au delà de ces fonctions'. Les vidâmes, au contraire, ne sont que les premiers officiers de la maison de certains évêques, par un fief inféodé d'eux^, et, à titre de leurs premiers vassaux, conduisoient tous leurs autres vassaux à la guerre, du temps qu'elle se faisoit ainsi entre les seigneurs, les uns contre les autres, ou dans les armées que nos Rois assembloient contre leurs ennemis avant qu'ils eussent établi leur milice sur le pied que peu à peu elle a été mise, et que peu à peu ils ont anéanti le service^ avec le besoin des vassaux^, et toute la puissance et l'autorité des seigneurs^.

1. Sous !-es deux premières races, le comte était un officier supérieur, délégué immédiat du souverain dans une circonscription délimitée, avec les pouvoirs militaire, civil et judiciaire; de même, le marquis dans les territoires frontières ou marches. Après Charlemagnc, presque tous ces dignitaires s'arrogèrent comme patrimoine héréditaire les territoires dont ils n'avaient eu que l'administration jusque-là, devinrent des seigneurs féodaux, et perdirent leur caractère primitif de fonctionnaires, qui eût été incompatible avec le nouvel ordre de choses. Pour juger de ce que les savants professaient sur ces matières un peu obscures au temps de Saint-Simon, il suffit de se reporter à l'arlicle Duc du Morcri.

2. C'est-à-dire que le titre de vidame et les fonctions inhérentes à ce titre étaient attachés à un fief mouvant, non pas du Roi, mais de l'évoque, et que celui-ci en donnait l'inféodation. Cela a été suffisamment expliqué pour le vidamé de Chartres dans l'Appendice de notre tome I, p. 443. On peut se reporter aussi au mot Vidâmes dans le Dictionnaire de Moréri, ou aux autorités qui y sont citées, parmi lesf|nelles figure un Traité des Vidâmes de Jean Pillct. Il v a un article important de Brussel dans son Nouvel examen de l'usage qvncral des fiefs (1750), tome II, p. 755-768.

3. Régulièrement, il faudrait : « et que peu à peu ils eussent anéanti le service », cette partie de la phrase se reliant à avant que, et non à sur le pied que.

4. C'est-à-dire le besoin de recourir aux vassaux et arrière-vassaux. — Le manuscrit porte vasseaux, avec correction de Ve.

5. Après des essais infructueux d'organisation d'une armée permanente sous Charles V, ce fut Charles VII (|ui institua d'une façon fixe et régulière la cavalerie des gens d'armes ou compagnies d'ordonnances et l'infanterie des francs-archers, paysans choisis dans chaque paroisse et exemptés de l'imposition. Louis XI et Charles VIII se servirent de

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Il n'y eut donc jamais de comparaison entre le titre de vidame', qui ne marque que le vassal et- rofficier d'un évêque, et les titres qui, par fief, émanent des Rois. Mais, comme-' on n'a guère connu de vidâmes^ que ceux de Laon, d'Amiens, du Mans et de Chartres", et qu'entre ceux-là un Montoire, dont la maison avoit pris le nom de Vendôme par en avoir épousé l'héritière, dont les Montoires relevoient" ; parce que, dis-je, ce Ven-

mercenaires étraugers. François I", eu io34, créa sept légions provinciales, auxquelles on renonça bientôt pour en former les régiments d'infanterie, de même que les compagnies de gendarmes ou de clievaulégers devinrent l'origine de la cavalerie légère.

1. En latin, vice-dominus, vice -seigneur, suppléant du seigneur. Etienne Pasquier a dit, exactement comme notre auteur, qui peut-être le suit en ce moment : « Vidame, qui, de sa première institution, étoitle juge temporel des évêchés et collèges ecclésiastiques, que nos ancêtres appelèrent en latin vice-dommus.... Depuis, tout ainsi que nos Rois firent de leurs comtes-juges des vasseaux (sïc"), aussi firent le semblable les ecclésiastiques de leurs vidâmes. Et de là est que nous voyons les vidâmes de Chartres, d'Amiens et de Reiras être très riches et avoir amples seigneuries, que l'on relève des évèques. » [Recherches de la France, liv. viii, chap. o, dans les Œuvres, éd. 17-23, tome I, col. 769.)

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