Des corrige du
8. Les recueils de Caractères publiés ou écrits vers 1700 ne font pas
\es\ et à tous les moments servies à mesure qu'il se présentoit ou officiers, ou courtisans, ou spectateurs. Jusqu'aux bayeurs^ les plus inconnus, tout étoit retenu, invité, et comme forcé par l'attention, la civilité et la promptitude du nombre infini de ses officiers^. Et pareillement toutes sortes de liqueurs chaudes et froides, et tout ce qui peut être le plus vastement et le plus splendidement compris dans le genre des rafraîchissements, les vins françois, étrangers, ceux de liqueur les plus rares, y étoient comme abandonnés à profusion ; et les mesures étoient si bien
tant de mérite de ces qualités-là à Boufflers. « Pendant qu'il a servi, il s'est plus distingué par son équipage et par sa cantine que par ses actions, » dit l'un d'eux (Appendice de la Relation de Spanbeim, p. 39a). Des vers coururent aussi contre lui ; en voici que l'éditeur du Nouveau siècle de Louis XIV (1793) a fait suivre, en guise de commentaire, du récit du camp de Compiègne par Saint-Simon (tome III, p. 6 et suivantes) : Louis a choisi ce héros,
■ ■ ' Car ce monarque étoit bien sûr
Qu'il feroit mieux devant Compiègne Qu'il n'avoit fait devant Namur.
4. Sur lesquelles le service et le menu se renouvelaient sans cesse. «Aux deux grandes tables..., lorsque l'on desservoit l'entremets, on ôtoit aussi tous les couverts et la nappe; on levoit ensuite, avec beaucoup de promptitude, un tapis de cuir qui couvroit une autre nappe bien blanche, et des valets, en pareil nombre que ceux qui scrvoient à table, donnoient dans un instant des couverts de vermeil doré.... Il y avoit quatre cents douzaines de serviettes, quatre-vingts douzaines d'assiettes d'argent et six douzaines de vermeil, des plats et des corbeilles d'argent pour le fruit, et le reste à proportion. » (Mercure, septembre, p. ITrî-na.)
2. Du verbe bayer, contempler un spectacle la bouche béante, en badaud (même étymologie) de rang inférieur. Au seizième siècle, bayard et bayarde. Le Dictionnaire de Trévoux est le premier qui définisse bayeur. Nous trouverons bientôt, dans le même sens, voyeur ou voyetix et voyeuse, d'où il se peut que vienne le terme vulgaire qui sert à qualifier les badauds ou gamins errant sur la voie publique.
3. On racontait que le maréchal avait réglé la dépense de sa maison à six mille livres |)ar jour (Gazette d'Amsterdam, n° i.x). Le Mercure du mois de septembre dit (p. 174) : « Il y avait plus de soixante et douze cuisiniers, et au moins trois cent (juarante domestiques, dont plus de six-vingts portoient la livrée. »
[1698] DE SAINT-SIMON. 3ol
prises, que l'abondance de gibier et de venaison arrivoit' de tous côtés, et que les mers de Normandie, de Hollande, d'Angleterre, de Bretagne, et jusqu'à la Méditerranée, fournissoient tout ce qu'elles avoient de plus monstreux' et de plus exquis, à jours et point nommés, avec un ordre inimitable, et un nombre de courriers et de petites voitures de poste prodigieux^ Enfin jusqu'à l'eau, qui fut soupçonnée de se troubler ou de s'épuiser par le grand nombre de bouches*, arrivoit de Sainte-Reine % de la Seine" et des sources les plus estimées. Et il n'est possible