Ainsi, en adverbe, comme trois lignes plus haut
4. Saint-Simon est revenu sur ces façons d'agir, avec une allusion à la scène de Compiègne, dans le grand tableau de l'existence de Louis XIV. Il dit, évidemment d'après le passage de Dangeau cité plus haut, p. 367, qu'à Marly, où la contrainte était moindre et l'assistance très restreinte, le chariot et la chaise s'avançaient parallèlement : « Souvent le Roi marchoit à pied à côté de la chaise. A tous moments, il se découvroit et se baissoit pour parler à Mme de Maintenon ou pour lui
ordres, en peu de mots et rarement, et quelques réponses à 3Ime la duchesse de Bourgogne, qui tàchoit de se faire parler, et à qui Mme de Maintenon montroit et parloit par signes de temps en temps, sans ouvrir la glace de devant, à travers laquelle la jeune princesse lui crioit quelque mot. J'examinois fort les contenances : toutes marquoient une surprise honteuse, timide, dérobée, et tout ce qui étoit derrière la chaise et les demi-cercles avoient plus les yeux sur elle que sur l'armée; et tout dans un respect de crainte et d'embarras'. Le Roi mit souvent son chapeau sur le haut de la chaise pour parler dedans, et cet exercice si continuel lui devoit fort lasser les reins. Monseigneur étoit à cheval dans la plaine, avec les princes ses cadets, et Mgr le duc de Bourgogne, comme à tous les autres mouvements^ de l'armée, avec le maréchal de Boufflers en fonction de général^, C'étoit sur les cinq heures de raprès-dînée\ par le plus beau temps du
répondre, si elle lui parloit. Comme elle craignoit l'air dans les temps même les plus beaux et les plus calmes, elle poussoit à chaque fois la glace de côte de trois doigts, et la referraoit incontinent. Posée à terre..., c'étoit le même manège. Souvent alors, Mme la Dauphine se venoit percher sur un des bâtons de devant et se mettoit de la conversation ; mais la glace de devant demeuroit fermée.... » (Addition au Journal de Damjemi, tome XVI, p. 74; comparez le tome XII des Mémoires, p. 130-136.) Étant données l'extrême politesse de Louis XIV, et d'autre part la crainte que Mme de Maintenon avait des courants d'air, ce double manège s'admet très aisément.
1. M. le duc de Noailles, dans ['Histoire de Mme de Maintenon, tome IV, p. 633, nie qu'il dût y avoir une telle stupéfaction chez les gens de la cour, habitués à pareil spectacle, comme on a pu le voir dans les notes précédentes.
2. Tous corrige toiitle, et la première lettre de mouvcmcns corrige un d.
3. C'est-à-dire en qualité de généralissime. Il portait une écharpe blanche sur son habit tout couvert de broderies. « Mgr le duc de Bourgogne fat toujours avec les assiégeants. Tous les travaux et toutes ces attaques lui font grand plaisir et l'instruisent fort. Messeigneurs ses frères sont presque toujours avec lui, et supportent fort bien la fatigue de la guerre. » {Journal de Dangcau, tome VI, p. 420.)
4. Sur les six heures seulement, selon Dangeau. La Gazette d'Amsterdam (voyez notre appendice XIV) annonce que « le Roi et les dames
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monde et le plus à souhait. 11 y avoit, vis-à-vis la chaise à porteurs, un sentier taillé en marches roides, qu'on ne voyoit point d'en haut, et une ouverture au bout, qu'on avoit faite dans cette vieille muraille pour pouvoir aller prendre les ordres du Roi d'en bas, s'il en étoit besoin. Le cas arriva : Crenan envoya Canillac', colonel de Rouergue'', qui étoit un des régiments qui défendoient^, pour prendre l'ordre du Pvoi sur je ne sais quoi. Canillac se met à monter, et dépasse jusqu'un peu plus que les épaules : je le vois d'ici ^ aussi distinctement qu'alors^. A mesure que la tête^' dépassoit, il avisoit cette chaise, le Roi et toute cette assistance, qu'il n'avoit point vue, ni imaginée, parce que son poste étoit en bas, au pied du rempart, d'où on ne pouvoit découvrir ce qui étoit dessus. Ce spectacle le frappa d'un tel étonnement, qu'il demeura court à regarder, la bouche ouverte, les jeux fixes, et un^ visage sur lequel le plus grand étonnement étoit peint. Il n'y eut personne qui ne le remarquât, et le Roi le vit si bien, qu'il lui dit avec émotion : « Eh bien! Canillac; montez donc. » Canillac demeuroit; le Roi reprit : « Montez donc; qu'est[-ce] qu'il y a? » Il acheva
doivent sortir sur les quatre heures après midi, pour voir l'attaque des deux petits ouvrages et du chemin couvert. »
1. Philippe de Monlboissier-Beaufort, marquis de Canillac, exempt des gardes en 1674, capitaine de cavalerie en 1688, avait acheté le régiment d'infanterie de Rouerguc en 1692. Il passa brigadier en 1702, maréchal de camp en 1703, devint lieutenant général au bas Languedoc en 17:20, et mourut le 29 janvier 1725, âgé de cinquante-six ans.
2. Ce régiment, créé en 1667 pour le comte de Montpcyroux, avait comme insignes la veste, le collet et les parements rouges, avec boutons et galon de chapeau dorés.