On avait lu jusqu'ici de, au lieu de d'une
a Piganiol de la Force dit : « Celte maison est propre, commode et assez grande, non seulement pour loger la communauté, mais même pour fournir
grande dureté pour soi, d'un esprit au-dessous du médiocre, qui s'entêtoit aisément et qui ne revenoit pas de même, de beaucoup de zèle qui n'étoit pas toujours réglé, mais d'une grande fidélité à sa pénitence, à ses œuvres, et qui se jetoit la tête la première dans tout ce qu'il croyoit de meilleur; avant sa retraite, fort honnête homme et fort sûr, très capable d'amitié, doux et bon homme. On le connoitra encore mieux en ajoutant qu'il avoit une sœur mariée en Lorraine à un Beauvau*, avec qui il étoit fort uni, et que son neveu', fils de ce mariage, épousa une nièce^ de Couvonges que nous allons voir'
1. Louis I", marquis de Beauvau, conseiller d'État et capitaine des gardes du duc de Lorraine (1698), veuf en premières noces de Charlotte de Florainville, épousa en secondes noces Anne de Ligny, fille de François, comte du Charniel, et d'Henriette deGournay; laquelle eut une fille mariée : 1° au marquis de Bassompierre, 2° à Charles-François de Stainville, comte de Couvonges, l'envoyé du duc de Lorraine dont il va être question : voyez notre tome IV, p. 348, note 2. M. de Beauvau mourut en 1703.
"2. Marc de Beauvau, né le 29 avril 1679, servait sous son })èrc dans les gardes du duc. Le duc Léopold érigea pour lui la terre d'Haudonviller en marquisat de Craon, par lettres du 21 août 1712, le fit son grand écuyer, et l'envoya plusieurs fois en mission auprès de Louis XIV, en 1704, 1711, 1714, 1713. Lorsque son père mourut, il était déjà en France, et, comme gros joueur, faisait partie de la cour de Monseigneur, à Meudon. Il devint chef de la maison par la mort de son frère consanguin, en 1744, et mourut le 11 mars 17o4.
3. Anne-Marguerite de Lignéville, fille d'un maréchal de Lorraine et d'Antoinette de Bouzcy, épousa M. de Beauvau-Craon le l(i se[)tembre 1704, fut dame d'honneur de la duchesse de Lorraine (Mlle d'Orléans), et mourut le 12 juillet 1772, ayant eu vingt-deux enfants. Voyez son portrait dans une lettre de Madame du 1" mars 1718 (recueil Brunct, tome I, p. 376-377).
4. Dans le prochain volume, celui-ci ne pouvant comprendre toute la lin de l'année 1698.
des appartements à plusieurs personnes de disliuctioii (|ui veulent s'y retirer pour travailler à la seule nlîaire nécessaire. C'est d"ici que sont sortis pénitcMifs les abbés de Kaiicé et le Camus..., les marquis de r.\igle et de Troisville, le comte de Sautenas, le comte du Charmel, le marquis d'Urfé..., Henri de Barrillon, cvèquc de Luçou. » {Description de Paris, éd. I7i'2, tome VI, p. 30".)
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venir conclure le mariage de M. de Lorraine avec la dernière fille de Monsieur ^ cette nièce qui'^, sous le nom de Mme de Craon, que portoit son mari^, fut dame d'honneur de Mme la duchesse de Lorraine et fit, par le crédit qu'elle prit auprès de M. de Lorraine'', une si riche maison et son mari grand d'Espagne, puis prince de l'Empire^, qui a eu depuis l'administration de la Toscane" et la Toison de l'Empereur', et que j'ai fort connu
1. Ce comte de Couvonges est déjà veau, après la paix, demander la main de Mademoiselle pour son maître (tome IV, p. 348). Il épousa lui-même la sœur germaine de Marc do Beauvau, son neveu par alliance.
2. Ces trois mots sont en interligne, sur un premier qtii, biffé.
3. Ce surnom, pris par Marc de Ccauvau du vivant de son père, leur venait de ce que l'héritière de Craon avait épousé, sous Charles VI, Pierre I" de Beauvau, gouverneur de l'Anjou et du Maine, et sénéchal d'Anjou et de Provence pour Louis II, roi de Sicile. Ils le firent reporter, comme on l'a vu plus haut, sur la terre d'ilaudouviller, près Lunéville, léguée par Couvonges à Mlle de Beauvau, sa femme.
4. Madame et d'autres contemporains ne doutaient pas que le duc Léopold n'eût pour elle une passion et une complaisance extraordinaires; le duc de Luynes s'exprime là-dessus avec plus de réserve : « La grande amitié que le duc de Lorraine, père de l'Empereur, avoit pour M. et Mme de Craon, et l'usage où il étoit d'y passer presque toutes les soirées a fait tenir des propos dans le temps ; mais ces discours n'ont point troublé l'union intinie de l'homme et de la fenjrae. » {Mémoires de Luynes, tome XIII, p. 19o, note.)
5. Ce fut d'abord le titre de prince du Saint-Empire que l'empereur Charles VI lui conféra le 13 novembre 1722, et la grandesse de première classe ne lui fut donnée, par Philippe V, que le 8 mai 1727.
6. En 1736, le duc François de Lorraine, devenu grand-duc de Toscane, ayant chargé M. de Craon d'aller conclure à Vienne son mariage avec l'archiduchesse Marie-Thérèse, il rapporta de cette mission un brevet de conseiller d'État intime et actuel de l'Empereur. On l'envoya ensuite prendre possession de la Toscane, en 1737 : il y organisa et présida le conseil de régence pendant que son maître devenait empereur, et il vécut depuis lors à Florence, entouré des plus beaux esprits du temps.
7. En 1739, tandis que, d'une part, l'Empereur lui accordait le collier de la Toison d'or, d'autre part, par un brevet du 8 avril, son frère et lui furent reconnus pour cousins du roi Louis XV. comme ils l'avaient
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par rapport à son oncle, et qui est demeuré depuis toujours de mes amis*. t. . '- - Méprise de Tout cela dit, venous à ce qui m'a engagé à l'écrire". Monsieur Qjj ^ y^ ç^ gQjj temps^ que Monsieur de la Trappe avoit au choix obtenu du Roi un abbé régulier de sa maison et de son d'un abbé, clioix, auquel il s'étoit démis pour ne plus penser qu'à insiAe^^^itu ^°^^ propre salut après avoir si longtemps contribué à celui de tant d'autres. On a vu aussi' que cet abbé mourut fort promptement après, et que le Roi agréa^ celui qui lui fut proposé par Monsieur de la Trappe pour en remplir la place. Mais, pour saints, pour éclairés et pour sages que- soient les hommes, ils ne sont pas infaillibles. Un carme déchaussé'' s'étoit jeté à la Trappe depuis peu
déjà été sous Louis XIV, en raison du mariage conclu en 14j4 entre Isabeau de Beauvau et Jean de Bourbon, comte de Vendôme, un des aïeux d'Henri IV (Mémoires de Saint-Simon, tome XIII, p. 408).
1. Comparez la suite des Mémoires, tomes IV, p. 382, X, p. •I4'2, et XVII, p. 8o. On a dit de ce prince qu'il était un des hommes les plus instruits, et peut-être le plus aimable de son temps. C'est son grand-père, Henri, marquis de Beauvau, qui avait écrit les Mémoires pour servir à r histoire de Charles IV, duc de Lorraine et de Bar, publiés en Hollande, et que nous avons eu occasion de citer dans notre tome IV.
2. A propos d'un passage du Journal de Damjeau, année 1699, tome VII, p. 'iO"2, où il avait placé l'Addition indiquée p. 387, n° 269. Cette digression, quoique se rattachant à des faits qui sont de la fin de 1698, empii'te aussi sur l'année 1699.