‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 260 sur 427 · La première lettre de fort corrige tl[es · texte numérisé non relu

La première lettre de fort corrige tl[es

3. Voyez le récit de dom Gervaise, dans son Juyemerd critique, p. 456-477.

4. L'Estrée (commune de Muzy, département de l'Eure) était une maison de l'ordre de Citeaux, distante de dix lieues de la Trappe, et dont le Roi avait uni les menses conventuelles à l'évèché de Québec et aux Missions. Il n'y restait que l'église et des masures; mais l'air était meilleur qu'à la Trappe.

3. Après avoir passé une sorte de convention avec les Missions, mais sans attendre l'approbation royale, dom Gervaise s'était hâté d'envoyer à l'Estrée six relig^ieux, sous la conduite d'un de ses parents. Sur ces entrefaites, M. Tiberge, redoutant les possibilités d'intrusion de la Trappe, ne chercha plus à obtenir les lettres patentes nécessaires, et l'intendant s'interposa, car aucun établissement de ce genre ne pouvait se faire

A la première il répondit par une lettre qu'il tira de l'amour de Monsieur de la Trappe pour la continuation de ses souffrances, telle que D. Gervaise la voulut dicter^; à la seconde, par une soumission prompte et par beaucoup de pardons. Ce fut donc en cadence de ces deux lettres % et fort promptement après, qu'arriva la démission, que le Roi remit au P. de la Chaise^. Lui, qui étoit bon homme, ne douta point qu'elle ne fût le fruit des deux lettres que, coup sur coup, il lui avoit écrites : tellement que, séduit par la lettre dictée par D. Gervaise, qu'il avoit reçue de Monsieur de la Trappe, il persuada aisément nu Roi de ne recevoir point la démission, et il le manda à D. Gervaise.

Pendant tout cela, nous allâmes à Compiègne*. Je crus à propos de suivre la démission de près : j'allai au P. de la Chaise, qui me conta ce que je viens d'écrire. Je lui dis que, pensant bien faire, il avoit très mal fait, et j'entrai avec lui fort au long en matière. Le P. de la Chaise demeura fort surpris, et encore plus indigné de la conduite de D. Gervaise à l'égard de Monsieur de la Trappe; et tout de suite il me proposa d'écrire à Monsieur de la Trappe pour savoir au vrai son sentiment à

sans l'autorisation du Roi. Fort étonné du contretemps, dom Gervaise accourut à Paris, et il y resta du 13 mars 1698 au 24 avril, sans rien obtenir. (INotes du P. Léonard, ms. Fr. 24 123, fol. 47.) Cela se passait donc six mois avant l'esclandre.

1. Le Moréri [)arle de cette lettre, ainsi (jue le P. Léonard.

2. En juste coïncidence avec ces deux lettres, ou comme leur conclusion : voyez ci-dessus, p. 328.

3. La Gallia christiana ne fait dater la retraite de dom Gervaise que du mois de décembre 1C98 ; c'est le temps de la décision définitive, après les événements préliminaires dont le récit va venir. M. Gonod a publié (p. 402-404 du recueil déjà cité) la première lettre de Rancé envoyant la démission, puis la seconde où il demandait que l'effet de cette démission fût suspendu par crainte de la malignité des personnes hostiles qui faisaient déjà circuler des libelles calomnieux. Cette seconde lettre se trouve aussi dans le Jugement criHtiiie, p. 488. i

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