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3. Voyez ci-dessus, p. 380, note dénote. • ■ ' ; •'""■'' ■ .-^fîT'
4. Voulaient est bien au pluriel, par suite de l'idée de concert entre le secrétaire et M. du Charmel. — Beaucoup de documents du temps accusent en effet ces deux personnages d'avoir été les instigateurs de cette affaire, avec l'intention de mettre le gouvernement aux mains d'un religieux janséniste (voyez notamment les notes du P. Léonard, ms. Fr. 24 123, fol. 47 v°), et, de bien des côtés différents, on se plaignait *que M. Maisne exerçât une fâcheuse influence sur Rancé. Dom Gervaise ''parle de même dans sa justification du Jugement critique. Il y rend
'•"compte aussi de son voyage à Fontainebleau, fin octobre, p. 519 et suivantes. Voici ce qu'en dit le P. Léonard (ras. Fr. 24123, fol. 51) : « Au coraraenceraent de novembre 1698, il alla, par ordre du Roi, à f^ontainebleau, où la coilr étoit, sans passer par Paris. M n'a pas parlé à S. M., mais seulement au P. de la Chaise, son confesseur. On ne sait point le sujet de ce voyage : on croit que le Roi a voulu être informé des sujets qu'il pourra nommer à cette abbaye, et le P. de la Chaise pour être instruit du dedans de ce monastère, o\i l'on a introduit, ou plutôt renouvelé le jansénisme, par lettres, par livres, par voyageurs, etc. L'ancien abbé Bouthillier a donné un certificat en faveur du dernier abbé dom Armand-François: il témoigne être fort content de lui, ayant toujours eu pour lui tous les égards possibles, et qu'il lui a parlé avec beaucoup de respect et de soumission, etc. Et ne pouvant signer, c'est le sieur Mené {sic) qui a signé pour lui. Le 23 de décerabre environ, 1698, le Roi, suivant l'avis de l'ancien abbé, Bouthillier, nomma dom Jacques de Court [sic), i-eligieux de ce monastère, pour abbé de cette abbaye. » Voyez plus loin, p. 408, note 2, un extrait du Moréri. 6. C'est à partir du jour où l'abbé de Saint-Cyran avait pris tout crédit sur les religieuses de Port-Royal de Paris (tome II, p. 190) et
le chasser', parce qu'il étoit entièrement opposé à ce parti, et que de là venoient toutes les intrigues de sa déétabli dans leur ancien monastère de Port-Royal-des-Champs, près de Chevreuse, les célèbres solitaires si connus et si justement renommés pour leur ascétisme, pour leurs ouvrages d'érudition ou de philosophie et pour leur méthode d'enseignement, en opposition avec celle des jésuites, que des tendances jansénistes furent dénoncées dans l'une et l'autre maison. Les livres d'Antoine Arnauld (ci-dessus, p. 285) furent d'abord frappés, puis les écoles, où s'élevaient une grande quantité de jeunes filles, et, comme les religieuses se refusaient à signer le désaveu des doctrines de Jansénius, ou formulaire, on éloigna leurs confesseurs jansénistes, on dispersa même quelques-unes d'entre elles dans d'autres monastères, et on défendit de recevoir des novices. Cette persécution dura de 4660 à 1669, et la « paix de l'Église, » qui suivit, no mit fin qu'en apparence aux dissensions religieuses : nous verrons, en 1709, une lutte plus vive encore entre les dames de Port-Royal et l'autorité du Roi se terminer par la destruction définitive de la maison des Champs. A ce propos, Saint-Simon, dont on a dit qu'il se rencontrait avec tous les esprits supérieurs de son temps sur la pente qui conduisait à Port-Royal (notice de M. Paul Mcsnard, en tète des Lettres de Mme de Sévicjîié, tome I, p. 169), résumera l'histoire du jansénisme : tome VII des Mémoires, p. 133 et suivantes. — C'est en 1692 que les dénonciations d'un jeune apostat du noviciat de la Trappe firent croire un moment que cette maison était le centre des intrigues du parti janséniste, qu'on y enseignait les doctrines les plus outrées sur le dogme et sur la morale, etc. Comme les jansénistes louaient beaucoup l'austérité et les vertus de Rancé, et que celui-ci ne ménageait point les jésuites et leur morale « relâchée, » ses adversaires tirent grand bruit des révélations du novice; mais l'archevêque de Paris intervint, et, quelque prévenu que fût le Roi contre tout ce qui sentait le jansénisme, il permit de faire une enquête et d'entendre la défense de Rancé. Sans dissimuler ses relations avec les grands jansénistes, l'abbé se justifia facilement : ayant signé purement et simplement le formulaire, il n'avait jamais cessé de répéter à tous que, pour la foi et les mœurs, chacun devait se soumettre aux constitutions des Papes. « M. l'abbé de la Trappe, dit Mme de Maintenon, étoit un grand esprit et d'une vie fort austère : les jansénistes auroient bien voulu avoir un si grand homme de leur parti, pour s'en prévaloir, et en avoient même fait courir le bruit ; mais, grâces à Dieu, il ne leur a pas donne longtemps cette joie, car il s'en est bien défendu dans une lettre que Monsieur de Chartres a eu soin de faire insérer dans sa Vie » [Lettres historiques de Mme de Maintenon, tome II, p. 224-225.) 1. Chasser doiu Gervaise.
mission'. Quelque grossier que fût un tel panneau, qui ne pouvoit couvrir'^ une démission signée et envoyée par lui-même, le P. de la Chaise y donna en plein et devint tellement contraire'', qu'il fut impossible de le ramener, ni même de se servir utilement de Monsieur de Paris, qu'il avoit rendu suspect au Pioi dans cette affaire. Mais la Providence y sut encore pourvoir.
11 s'étoit passé, depuis dix-huit mois, quelque chose d'intime et d'entièrement secret entre Monsieur de la Trappe et moi ', et cette chose étoit telle, que j'étois cer-
1. C'est a CCS insinuations que répond !a lettre suivante de Rancc à l'archevêque, qui a passé dans une vente d'autographes faite par M. Etienne Cliaravay, le 12 juillet 1879. Elle est datée du 13 novembre 1698, et a été publiée par M. Gonod : « Monseigneur, dom Antoine, qui étoit autrefois religieux dominicain, qui a passé depuis cinq ou six ans à la Trappe, et qui y a vécu avec beaucoup d'édification, a désiré d'avoir l'honneur de vous écrire, il dit qu'il a celui d'être connu de vous il y a longtemps; il vous ouvre son cœur avec simplicité. Je n'ai point voulu le détourner de son dessein, m'imaginant que vous ne l'auriez point désagréable. Je ne puis m'empècher d'ajouter à ce billet, Monseigneur, qu'il m'est revenu qu'on répandoit par le monde qu'il y avoit des gens qui ne faisoient point de difficulté de publier que la Trappe étoit pleine de jansénistes et que c'étoit une cabale de jansénistes qui pensoient à l'établissement de dom Malachie. Je puis vous assurer qu'il n'y a point de lieu qui en soit plus exempt que celui-ci, et que c'est une calomnie, une imposture si aisée à justifier, que je ne comprends pas qu'on ait osé l'avancer. J'ai cru, Monscigncui", qu'il étoit à propos que je vous en informasse, afin que vous n'en fussiez pas surpris, si cela venoit jusqu'à vous ; vous voulez bien que je vous dise que j'ai la dernière confiance dans la bonté que vous m'avez toujours témoigiiée, que la reconnoissance quç j'en ai est au delà de ce que je puis vous en dire, aussi bien que l'attachement et le profond respect avec lequel je suis, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. Fr. Armand- Jean, ancien abbé de la Trappe. »
2. Il s'agit du panneau en filet servant à prendre le gibier ; d'où la locution : « donner dans le panneau. »