‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 263 sur 427 · Changea si complètement d'avis, de dispositions · texte numérisé non relu

Changea si complètement d'avis, de dispositions

4. Ce secret nous est révélé par une lettre de Saint-Simon, dont on ne connaît pas le destinataire, mais qui, parvenue, vers 1754, entre les mains du prince de Talmond, fut alors copiée pour le duc de Luynes, par un de ses amis dont on ne sait pas non plus le nom. La

tain de faire tomber tout l'artifice et la calomnie de D. Gervaise en la^ disant à Monsieur de Chartres. Je passai le reste du voyage de Fontainebleau dans l'angoisse de laisser périr la Trappe et consumer Monsieur de la Trappe dans cette fournaise ardente où D. Gervaise le tenoit^ ou de manquer au secret. -Je ne pouvois m'en consulter à^ qui que ce fût, et je souffris infiniment avant que de pouvoir me déterminer. Enfin la pensée me vint que ce secret n'étoit peut-être que pour le salut de la Trappe, et je pris mon parti. J'étois sûr de celui' de Monsieur de Chartres, et le Roi étoit, en ce genre, l'homme de son royaume

copie s'étant conservée aux archives de Dampierre, les éditeurs des Mémoires du duc de Lityncs en ont inséré le texte dans l'Appendice de leur tome I, p. 4do-4o8, avec tout ce qu'ils possédaient de lettres de Saint-Simon, et l'édition de nos Mémoires faite en 1873-187o l'a également comprise dans les Lettres, mémoires, etc., qui terminent le tome XIX, p. 361-367. Nous la plaçons à l'Appendice, sous le n° XV, réservant pour le temps de la mort de Rancé (1700) une autre lettre, qui, adressée à celui-ci le 13 mars 1699 et très importante pour l'historique de la rédaction des Mémoires de Saint-Simon , a été publiée en premier lieu, avec fac-similé, dans l'édition de '18"29, et a depuis figuré en tête des autres éditions. La lettre de Dampierre n'a point de date, mais doit être peu postérieure à la mort de l'abbé. C'est l'histoire d'une consultation en forme que Saint-Simon, assez porté, semble-t-il, vers le parti janséniste, demanda à son saint ami. La réponse fut nette, et tellement concluante comme condamnation du jansénisme, que Saint- Simon, selon son propre dire, en « fut éloigné pour toute sa vie. » Il raconte ensuite ses anxiétés pendant les intrigues de dom Gervaise en 1698, et le parti qu'il prit de s'en ouvrir à l'évêquc de Chartres malgré sa promesse de ne point révéler le secret. Cette dernière partie de la lettre forme comme une première rédaction à comparer avec celle qu'on va lire.

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