‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 273 sur 427 · Qu'elle, avec apostrophe, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Qu'elle, avec apostrophe, dans le manuscrit

3. Cette maison serait-elle celle des Bénédictines de Conflans, où la sœur de Mme de Frémont avait sous sa direction deux jeunes sœurs de Mme de Saint-Simon, ou bien le couvent de la Visitation de Chaillot, où une sœur de Mme de Lorge avait pris le voile en 1687? Voyez nos tomes II, p. 267, et III, p. 496.

4. On appelait in pace (de la formule de condamnation : vacle inpace) le cachot ou les cachots que possédait chaque maison religieuse pour y enfermer, quelquefois à jamais, les membres de la communauté coupables de quelque crime ou délit contre les règles de l'ordre. Cette réclusion, qui souvent équivalait à la mort, ne constituait cependant qu'une simple mesure disciplinaire, de police intérieure, et ni l'oftlcial diocésain, ni le juge séculier n'avaient à intervenir, puisqu'il n'y avait point, à proprement parler, peine affliclive et châtiment corporel.

il continua son commerce de lettres, ne pouvant mieux, et ce fut une de celles-là que nous attrapâmes. Il en fut fort en peine, n'ayant point de nouvelles de son paquet; il fit du bruit, il menaça. Pour le faire taire, on lui en apprit le sort tout entier. Cela le contint si bien, qu'il n'osa plus en parler, ni guère plus continuer ses intrigues^ ; mais, de honte ni d'emlDarras, il en montra peu, mais beaucoup de chagrina Les bulles arrivées, j'allai à la Trappe, et je ne demandai point à le voir. Cela le

1. 11 y eut en effet quelque opposition contre la nomination de dora la Cour, deja part de certains religieux qui craignaient qu'il ne fût janséniste. Les notes du P. Léonard disent que le frère de dom Gervaiso alla deux fois à la Trappe pour réconcilier les moines, et qu'il y réussit « tellement que tellement (sic) » au printemps de 1699 (ms. Fr. 24 123, fol. S2). Ce fut sans doute à la suite de ces deux séjours et de la démission forcée de dom François-Armand que le prévôt de Suèvres écrivit, sur Rancé, l'ouvrage qu'on lui interdit de publier.

2. Voici comment le Moréri résume les choses, dans un sens favorable à dom Cxervaise : « Ne pouvant plus résister à la tempête excitée contre lui, il offrit sa démission par une lettre écrite au Roi, de la Trappe, le 24 août 1698, et envoya en effet cette démission à feu M. le cardinal de Noailles, alors archevêque de Paris, pour être remise par ce prélat à Louis XIV. Cette affaire traîna quelque temps ; il y eut plusieurs lettres respectives : les religieux de la Trappe en dressèrent une, qu'ils signèrent pi'esque unanimement, et qu'ils envoyèrent au Roi pour arrêter, s'il étoit possible, l'effet de la démission. M. de Rancé certifia que cette lettre n'avoit été ni extorquée, ni surprise, et il écrivit luimême à M. l'archevêque de Paris pour faire en sorte que la démission envoyée n'eût point de lieu ; mais l'affaire étoit consommée depuis deux jours quand la lettre arriva. Dom Gervaise en témoigna de la joie et alla à Fontainebleau pour rendre compte au Roi de sa conduite, muni d'un certiticat très honorable que M. de Rancé lui avoit donné. Ce certificat, imprimé dans le Jugemetil critique, mais équitable, des Vies de feu M. l'abbé de Rancé (Londres [Troyes], 1744), avoit déjà été imprimé à la fin d'une longue lettre de M. le Nain de Tillemont à M. de Rancé, publiée en ITOo, à Nancy, in-12. Ledit certificat est du 17 octobre 1698, signé de M. de Rancé et de quatre religieux. Dom Jacques de la Cour ayant été fait abbé en la place de dom Gervaise, celui-ci l'installa luimême le 26 décembre 1698. Vers la fin de l'année suivante, dom Gervaise crut devoir quitter l'.'ihbaye de la Trappe et se retirer dans celle de Longpont.,.. >• {Dictionnaire, tome V, 2" partie, p. 177.)

fâcha ; il en fit ses plaintes à Monsieur de la Trappe, qui, par bonté pour un homme qui en méritoit si peu, exigea que je le visse. Je pris un temps qui ne pou voit être que court. En vérité, j'étois plus honteux et plus embarrassé que lui, qui pourtant savoit que j'étois pleinement instruit de ses deux abominations et qui n'ignoroit pas la part que j'avois eue au maintien de sa démission. Il ne laissoit pas d'être empêtré, et, toujours hypocrite fort affecté, il soutint presque toujours seul la conversation, me voulut persuader de sa joie d'être déchargé du fardeau d'abbé, et m'assura qu'il s'alloit occuper, dans sa solitude, à travailler sur l'Écriture sainte '. Avec ces beaux propos, ce n'étoit pas plus son compte que celui de la Trappe d'y demeurer: il en sortit bientôt après"-. Il porta^ la combustion, cinq ou six ans durant, dans toutes les maisons où on le mit successivement, et enfin les supérieurs trouvèrent plus court de le laisser dans un bénéfice de son frère, vivre comme il lui plairoit. Il ne cessa de vouloir retourner à la Trappe, essayer d'y troubler et d'y redevenir abbé : ce qui m'engagea à la fin à obtenir une lettre de cachet qui lui défendit d'en approcher plus près de trente lieues, et de Paris plus de vingt'.

1 . Ce fut surtout vingt ans plus tard qu'il commença" à faire paraître les ou^Tages pour lesquels la Gallia christiana le qualifie d'homme pîurimis doctisque clams operibus : une Vie de saint Cyprien (1717), que Saint-Simon avait dans sa bibliothèque; une Vie de Pierre Abeilard et celle dlléloise, son épouse (17''20), suivie, en 1723, d'une traduction fort libre de leur correspondance; une Histoire de Suger (ll^li), laquelle amena une Défense, où il introduisit l'apologie de M. de Rancé contre le livre du bénédictin Vincent Thuillier sur les études monastiques ; beaucoup d'autres vies de saints ; une Histoire générale de la réforme de l'ordre de Cîteaux (1746), et surtout le Jugement critique, mais équitable, des Vies de feu M. Vabbé de Rancé.

2. Il se retira d'abord, avec d'autres religieux, à l'abbaye de Septfonds, que dom Eustache de Beaufort réformait à l'exemple de la Trappe.

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