Les Vaini et l'origine de leur fortune. (Page
'i février 1698. — Ce Vaïni'^ étoit un très simple gentilhomme romain, également éloigné de l'honneur d'être fait chevalier du Saint- Esprit par sa naissance et ses alliances très communes, et par sa très petite considération personnelle; mais la conjoncture lui fut heureuse. Il s'étoit attaché au cardinal de Bouillon dans ses précédents voyages, et lui avoit donné l'Altesse, que personne de tant soit peu distingué ne lui vouloit accorder. C'étoit là le chemin du cœur du cardinal de Bouillon, qui se fit une affaire capitale d'élever Vaïni, et par reconuoissance, et pour s'attirer cette même complaisance i)ar l'exemple de la récompense, et pour s'élever soi-même par la considération et l'état d'un homme qui le traitoit û' Altesse. Il avoit employé tous ses amis pour le faire titrer par le Pape, et y étoit parvenu, non sans qu'on en eût été scandalisé à Rome, encore que ces titres de duc et de prince que les Papes donnent y soient assez peu considérés; mais ce pas étoit nécessaire pour le porter plus haut. C'est ce qu'il fit en lui procurant l'Ordre, en exagérant ici tout ce qu'on ne trouva ))oint après, et dont on eut tout lieu de se repentir dans la suite, et par une prostitution de l'Ordre qui le fit mépriser en Italie et qui n'y rehaussa point Vaïni, et par les honteuses affaires qui importunèrent fort le Roi à le soutenir,