Villars père el son surnom t/'Orondate. (Page
20 mars 1698. ^- La comtesse de Fiesque avoit amené Mlle d'Outrelaize
1. Comparez le début d'une grande Addition sur Puysieulx, à la date du 1'^' janvier l"0o, qui se retrouvera daus les Mémoires. •2. I,'s de points a été ajoutée après coup.
à Paris, de Normandie, d'où elle étoit, et la logeoit avec elle. Mme de Choisy l'alla voir, et y trouva bonne compagnie. L'envie de pisser la prit : elle dit qu'elle alloit monter en haut chez Divine, qui étoit le nom que les amis de Mlle d'Outrelaize lui avoient donné, et qu'elle communiqua depuis à Mme de Frontenac, avec qui elle alla demeurer à l'Arsenal, et y passèrent leur vie ensemble et inséparables; on ne les appeloit que les Divines. Mme de Choisy, montée en haut brusquement, y trouve Mlle de Bellefonds, tante paternelle du maréchal, jeune alors et extrêmement jolie, et voit un îiomme qui se sauve, et qu'elle ne put connoître. La ligure de cet homme parfaitement bien fait la frappa tant, qu'elle redescendit toute enthousiasmée, contant son histoire et disant que ce ne pouvoit être qu'Orondat. La plupart de la compagnie, qui savoit que Villars étoit en haut, où il étoit allé voir Mlle de Bellefonds, dont il étoit fort amoureux, qui n'a voit rien, et qu'il épousa bientôt après, se mit à rire, et le nom d'Orondat en est resté. à Villars toute sa vie. Maintenant que le goût des romans est passé, il faut avertir qu'Orondat est un personnage célèbre dans Cyrus pour sa taille et sa bonne mine, qui charmoit les héroïnes de ce roman. La comtesse de Fiesque, Mme de Choisy, Mme de Villars, Mme de Frontenac et Mlle d'Outrelaize ont été des personnes dont apparemment ces Mémoires donneront lieu de parler dans les suites, et qui méritent bien qu'on les refasse connoître.