Comme étant de la suite de l'ambassadeur
3. Avant secret, le manuscrit porte, par mégarde, une conjonction et.
4. Voici le texte de Dangeau (tome VI, p. 383), que notre auteur modifie à peine : « On mande de Vienne que le czar de Moscovie avoit eu une audience de l'Empereur. Il entra par l'escalier secret, et l'Empereur le vint recevoir jusque dans son antichambre. D'abord, après les premiers compliments, l'Empereur mit son chapeau ; le Czar ne voulut point se couvrir, à cause qu'il étoit incognito; l'Empereur, voyant cela, se découvrit aussi. Cette audience se donna au palais de la Favorite, oi!i il n'y avoit que deux des grands ofTiciers de l'Empereur et le sieur le Fort, général des troupes du Czar, (pii lui servit d'interprète. » Même texte dans la Gazette, p. 331.
3. Dangeau dit, sous la date du 27 août (p. 403) : « Par les der-
fut là que furent jetés les premiers fondements de leur [Add. S'-S. 939] amitié et de leur alliance^ En arrivant chez lui, il trouva la conspiration fort étendue, et sa propre sœur^ à la tête. Il l'avoit toujours fort aimée et bien traitée; mais il ne l'avoit point mariée. La nation en gros étoit outrée de ce qu'il lui avoit fait couper sa barbe, rogné ses habits longs, ôté force coutumes barbares, et de ce qu'il mettoit des étrangers dans les premières places et dans sa confiance; et, pour cela, il s'étoit formé une grande conspiration, qui étoit sur le point d'éclater par une révolution^. II pardonna à sa sœur, qu'il mit en prison, et fit pendre aux grilles de ses fenêtres les principaux coupables, tant
iiièrcs lettres de Vienne, on apprend que le Czar est retourné eu diligence. Il y a une grande révolte de ses sujets, qui l'a obligé de prendre ce parti-là. Il comptoit de s'en aller à Venise, et les Vénitiens avoient fait de grands préparatifs pour le recevoir. Avant que de partir, il a offert à l'Empereur vingt-cinq millions et sa sœur pour le roi des Romains, disant même que, si on n'étoit point content d'elle, on pourroit la renvoyer, et qu'il trouveroit toujours des gens qui seroient bien aises de l'épouser. » Voyez, sur ce départ précipité, la Gazette, p. 388, 39S-396, 399-400, 411-412, 414, et la Gazette d'Amsterdam, n"' l\iv (d'Amsterdam) et lxv (de Vienne).
1. « On mande de Pologne que le Czar avoit vu S. M. polonoise, qu'ils s'étoicnt entrefait de grands présents, et qu'ensuite il s'en étoit retourné dans ses États. >- (Journal de Dangeau, tome VI, p. 422, 10 septembre 1G98.) Cette entrevue eut lieu le 10 août, et fut suivie de conférences et d'une visite à l'armée. Le Czar arriva à Moscou, où on ne l'attendait point, dans les premiers jours de septembre. {Gazette d'Amsterdam, n°' lxxii, lxxiv et lxxx ; Gazette, p. 445, 446, 481.)
2. Sophie Alexiewna, fille du czar Alexis Micliaïlowitz, avait déjà provoqué les premiers troubles à la suite desquels la milice des strélitz avait associé au gouvernement le prince Jean Alexiowitz, quoique le feu czar Fédor, voyant celui-ci valétudinaire et aveugle, eût désigné le prince Pierre, issu d'un second mariage, pour monter sur le trône. Déconcertée dans ses vues ambitieuses par la mort de Jean (26 janvier 1696), elle forma une nouvelle conspiration avec le général des strélitz.
3. Dangeau écrivait, à la date du 17 TJctobrc 1698 (tome VI, p. 443) : « On mande de Pologne qu'on y a des nouvelles de l'arrivée du Czar à Moscou; tous les désordres qu'il y avoit dans son pays sont apaisés. » C'est là que Saint-Simon a placé l'Addition indiquée ci-contre, n" 239.
[1698] DE SAINT-SIMON. Sd
qu'il en put tenir par jour ^ J'ai écrit de suite ce qui le regarde pour cette année, pour ne pas sautiller sans cesse d'une matière à l'autre : c'est ce que je vais faire, par même raison, sur celle qui va suivre.
Le roi d'Angleterre étoit au comble de satisfaction de Saint-Aibans se voir enfin reconnu par le Roi'^ et paisible sur ce trône; fn^°;i'''j
r r /et Portiand
mais un usurpateur n'est jamais tranquille et content : il ambassndeur étoit blessé du séjour du roi légitime et de sa famille à dAnsictene
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Samt-Germam ; c etoit trop a portée du Roi et trop près d'Angleterre pour le laisser sans inquiétude. Il avoit fait tous ses efforts, tantà Rj^swykquedans les conférences de Portiand et du maréchal de Bouffïers^, pour obtenir leur sortie du Royaume, tout au moins leur éloignement de la cour: il avoit trouvé le Roi inflexible; il voulut essayer tout et voir si, n'en faisant plus une condition, puisqu'il avoit passé carrière*, et comblant le Roi de prévenances et de respects, il ne pourroit pas obtenir ce fruit de ses souplesses. Dans cette vue, il envoya le duc de Saint-Albans\
1. La conspiration fut trahie par deux complices. Le général des strélitz, pris dans une embuscade, eut la tète tranchée, et Sophie Alexiewna fut étroitement enfermée dans un monastère, où elle mourut le 4 juillet 1704, à quarante-six ans. Cet épisode tragique de l'histoire de Pierre le Grand fut l'objet d'une publication de Korb intitulée : Compendiosa descriplio periculosx rehellionis StrelUziorum in Moscovia, traduite par le prince A. Galitzin, en 1839. On pendit en effet des centaines de soldats, le 21 et le 23 octobre, autour dos murailles de Moscou et sous les fenêtres de la princesse. Korb prétond même que le Czar présida aux supplices et fit tomber quelques têtes de sa propre main.
2. Voyez le volume précédent, tome IV, p. 237, 238, 242 et 245.