‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 30 sur 427 · Tome IV, p. 227 et · texte numérisé non relu

Tome IV, p. 227 et

4. Terme de manège : « On dit proverbialement qu'on a fait passer carrière à quelqu'un, pour dire qu'on lui a fait faire quelque chose haut la main et malgré lui. » (Furetière.)

5. Charles Beauclerc, né le 8 mai 1670 et créé baron de Heddington et comte de Burford, puis duc de Saint-Albans en 1684 (à la mort du lord .lermyn, venu plusieurs fois à la cour de France avec ce titre), était capitaine des gentilshommes pensionnaires, lieutenant du roi et garde des rôles du comté de Berck. A la suite de sa mission de 1698, il fut fait gentilhomme de la chambre en place de son beau-père le comte

chevalier de la Jarretière S complimenter le Roi sur le mariage de Mgr le duc de Bourgogne \ Il ne pouvoit choisir un homme plus marqué pour une simple commission ; on fut surpris même qu'il l'eût acceptée^ : il étoit bâtard de Charles ÎP, frère aîné du roi Jacques II, et c'étoit bien encore là une raison pour Saint-Albans^ de s'en excuser. Il voulut même prétendre quelques distinctions; mais on tint poliment ferme à ne le traiter que comme un simple envoyé d'Angleterre ''. Les ducs de ce pays-là n'ont aucun rang ici, non plus que ceux d'ici en Angle- [Add.S-S.S40 terre'. Le Roi avoit fait la duchesse de Portsmouth^

et i^',1]

d'Oxford. La reine i\iine lui enleva, en 1712, le conamandement des pensionnaires ; mais on le lui rendit en 1714. Il mourut à Bath le 20 mai 1726.

1. Ce fut seulement dans le chapitre du i> avril 1718 que le roi Georges le fit chevalier de la Jarretière.

2. Journal de Daruieau, tome VI, p. 275, 8 janvier 1698. — • Le duc était déjà venu à la cour de France en 1683 et 1688; désigné à nouveau en décembre 1697, il quitta l'Angleterre le 6 janvier. Le n° v de la Gazette dWnuterdam donne des détails sur le train qu'il amenait avec lui.

3. « On n'auroit pas cru, dit Dangeau (tome VI, p. 273), qu'il (le roi Guillaume) lui donnât cette commission, à cause du roi d'Angleterre qui est à Saint-Germain, dont il a l'honneur d'être neveu. »

4. Sa mère était la comédienne Nell Gwjmn, morte en 1687. 3. Les mots « pour Saint-Albans » sont écrits en interligne.

6. L'audience eut lieu le dimanche 19 janvier. « Il auroit souhaité, dit Dangeau (tome VI, p. 280), d'être traité avec plus de distinction que les envoyés n'en ont d'ordinaire; mais on a suivi l'usage accoutumé. » Sur les droits des envoyés, très inférieurs à ceux des amliassadeurs, voyez les mémoires de Sainclot, dans le ras. Fr. 14118, fol. 193-211 et 213-223, et dans le tome IV du Supplément au Cor-ps diplomatique de Du Mont, p. 30-31, 117-121 ; le Journal deDanyeau, tomes 1, p. 268, VII, p. 2U4, VIII, p. 213; les Mémoires de Luyncs, tomes I,p.403,X,p.233, XIV, p. 191, etc.

7. Le volume 36 des papiers de Saint-Simon renferme deux mémoires sur les rangs des comtes et barons en Angleterre, et sur les « rangs observés entre les ducs, comtes, et les aines et puînés des ducs, marquis, comtes, vicomtes et barons en Angleterre, lorsque le roi, le prince de Galles, etc., sont présents. » Pour la hiérarchie nobiliaire en Angleterre, voyez le même Supplément au Corps diplomatique, tome V. p. 481-483.

8. Louise-Renée de Penancoët de Kerouaile, issue d'une famille bretonne et née en 1649, parut pour la première fois à Londres en 1670, comme fille d'honneur de Madame Henriette, lorsque cette princesse alla

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et le duc de Richemont^ son fils, duc et duchesse à brevet", et accordé un tabouret de grâce, en passant, à

négocier pour la France. Elle y fit dès lors, prétendent certains bistoriens, la conquête du roi Charles, fut rappelée par lui peu après la mort de Madame et placée auprès de la reine Catherine de Portugal, comme fille d'honneur, puis dame du palais, devint officiellement la maîtresse du roi, fut créée par lui, en 1673, baronne de Petersfield, comtesse de Farneham et duchesse de Pendennyss, puis de Portsmouth, et, quand elle vint s'établir en France, elle obtint l'érection de la terre d'Aubigny en duché non enregistré, comme il va être dit. Elle mourut à Paris, le 44 novembre 1734. On peut voir ses titres tout au long dans ['État de la France ou dans l'Histoire généalogique. M. Henri Forneron vient de publier une étude sur elle dans la Revue historique, mai-octobre 188a.

i. Charles Lennox, né à Londres le 11 juillet 1672, créé duc de Richmond (dans l'Yorkshire), comte de March, etc., en 1675, fait chevalier de la Jarretière en 1681, grand écuyer du roi son père le 14 décembre 1681, et grand amiral d'Ecosse, perdit ses charges à la mort de Charles II, passa alors en France, où il venait d'être naturalisé (enregistrement du i"! janvier 1683), et abjura la religion protestante entre les mains de Bossnet le 21 octobre suivant, mais quitta, en 1692, la cour et une compagnie de cavalerie qui lui avait été donnée avec vingt mille livres de pension, pour repasser en Angleterre et se mettre sous les ordres du prince d'Orange, à côté duquel il combattit à Steinkerque et à Nerwinde. Il devint son grand écuyer, se maria, fit retour à la religion anglicane, eut plus tard une charge de gentilhomme de la chambre sous Georges I", et mourut le 7 juin 1723, à Goodwood.

2. La duchesse de Portsmouth, en récompense des services qu'elle avait rendus à la France, et sur la prière même de Charles II, eut, dès le mois de décembre 1673, des lettres de don de la terre ducale d'Aubigny-sur-Nère, revenue au domaine par la mort du dernier descendant de Jean Stuart, connétable d'Ecosse, qui l'avait reçue du roi Charles VII. En janvier 1684, cette terre fut érigée en duché pour elle et tel de ses enfants que désignerait le roi d'Angleterre ; mais les lettres ne furent enregistrées, ni pour la duchesse, ni pour son fils, qui quitta la France huit ans plus tard. Les pièces relatives au duché sont au tome V de VHistoire généalogique, p. 919-925. Dans un voyage fait en France en 1682, sous prétexte d'aller aux eaux de Bourbon, la duchesse avait eu le tabouret et les honneurs du Louvre, ce qu'elle briguait par-dessus tout depuis dix ans ; de même, lorsque Jacques II vint s'établir à Saint-Germain, la reine sa femme la « fit asseoir » (Journal du P. Léonard, ms. Fr. 10 265, fol. 10 ; Mémoires de Sourches, tome I, p. 91 et 92; Journal de Dangeau, tome II, p. 290 et 295). Enfin, quand son fils abjura, devant le Pioi et toute la cour, entre les mains de Bossuct, celui-ci le traita de

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la duchesse de Cleveland', maîtresse de Charles II, son ami; la duchesse de la Force", retirée en Angleterre pour la religion, et, avant elle, la duchesse Mazarin^, fugitive de son mari et fixée en Angleterre, y avoîent obtenu le rang des duchesses ; mais ce sont des grâces particulières qui ne tirent point à conséquence pour le général'.

prince clans son discours : ce que blâme Saint-Simon, car, dit-il, « en Angleterre, il n'y a point de princes, même du sang, passé l'arrière-petitfils du roi. » (Dangeau, tome I, p. 236, avec Addition de Saint-Simon.) Voyez l'article consacré par notre auteur à Mme de Portsmouth, comme duchesse d'AuBiGxv, et à son fils, tome IV des Écrits inédits, p. 48o-487. i. Barbe Villiers, fille du vicomte Grandison, mariée à Roger Palmer, devint la maîtresse de Charles II peu après 1661, et quitta son mari, qui fut cependant créé comte de Castlemaine, en Irlande. En 1670, elle reçut les titres de baronne de Nonsuch, comtesse de Southampton et duchesse de Cleveland. En 1672, ayant mis au monde une fille qui passait pour être de Churchill, plus tard duc de Marlborough, le roi rompit avec elle. Devenue vouve en 1703, à l'âge de soixante-cinq ans, elle épousa l'aventurier Fielding, puis divorça pour bigamie, et mourut enfin le 9 octobre 1709. — Sur sa venue en France en 1670, voyez les Lettres de Colbert, tome VI, p. 276, 278 et 280; sur un autre voyage de 1676, l'étude indiquée de M. Foineron, où il est beaucoup parlé d'elle, et, sur une troisième visite, de l'année 1678, où elle se trouva en rivalité avec la Portsmouth, les Mémoires de Jean Rou, tome I, p. 142-147.

2. Suzanne de Beringhen, seconde femme de Jacques-Nompar de Caumont, duc de la Force (tome II, p. 18), mariée à Charenton le 12 mars 1673, et morte à Londres le 2.5 mai 1731. Nous dirons ailleurs quelles rigueurs furent exercées contre elle jusqu'à ce que la mort de son mari, en 1699, lui permît de gagner l'Angleterre.

3. Hortense Mancini, l'une dos cinq nièces du cardinal Mazarin, née vers 1643, mariée le 1" mars 1661 à Armand-Charles de la Porte, duc de la Meilleraye, qui devint duc Mazarin de par le testament du cardinal, et morte en Angleterre le 2 juillet 1699. Sa beauté hors ligne, qui subsista jusqu'au dernier jour, sa vie aventureuse, ses succès à la cour de France, où elle attira les regards de Louis XIV jeune, et surtout en Angleterre, où elle conquit Charles II, puis le délaissa pour M. de Monaco, ses relations familières avec Saint-Évremond, Sainl-Réal, etc., sont bien connus. Voyez les Nièces de Mazarin, par Am. Renée, p. 362 et suivantes, l'étude de M. Forneron sur la duchesse de Portsmouth, et la suite des Mémoires, tome II de 1873, p. 214.

4. Général « se dit collectivement pour signifier l'universalilé. » (Fîiretière.)

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Ce duc de Saint-Albans fut le précurseur du comte de \Add. S'-S. 242] Portland, à l'arrivée duquel il prit congé. J'ai déjà assez parlé' de ce favori pour n'avoir pas besoin d'y rien ajouter. Les mêmes raisons qui l'avoient fait choisir pour conférer avec le maréchal de Boufflers - le firent préférer à tout autre pour cette ambassade. On n'en pouvoit nommer un plus distingué. Sa suite fut nombreuse et superbe, et sa dépense extrêmement magnifique en table, en chevaux, en livrées, en équipages, en meubles, en habits, en vaisselle et en tout, et avec une recherche et une délicatesse exquise ^. Tout arriva presque au même temps, parce que le comte vint de Calais dans son carrosse, à journées^, et reçut partout toutes sortes d'honneurs militaires et civils^. Il étoit en chemin lorsque le feu prit à WhitehalP, le plus vaste et le plus vilain palais de l'Eu-

i. A\irès parlé, le manuscrit porte une lettre /, précédée d'un point et corrigée en d.

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