Erreur signalée ci-dessus, p. r20, note G
2. Voyez, aux Additions et corrections, les Additions 250 bis et fer, qui eussent dû être placées après celles-ci.
3. En un autre endroit, à propos de la mort de la petite Mlle du Maine (26 septembre 16Di), il a mis cette note : « Le Roi prend le deuil d'une fille de M. du Maine qui n'avoit pas un mois, et ne l'avoit pas pris d'un fils de M. le prince de Conti bien plus âgé, peu auparavant. La cour n'a porté le deuil d'aucun enfant de la Reine au-dessous de sept ans. » Comparez aussi une autre Addition, à la date du 13 mars l'09.
4. A la date du 2o novembre l"0", dans une Addition sur le mariage du prince de Talmond avec Mlle de Bullion.
.■;. Cette -addition est faite ;i l'occasion de la retraite de Fervaciiucs.
des requêtes et employé sous Henri IV et Louis XIII en plusieurs négociations, et fut, en •163''2, surintendant des finances, et enfin président à mortier; il fut aussi garde des sceaux de l'Ordre. Il étoit gendre de la sœur du chancelier de Sillery, et à qui Puysieulx, son fils, dut sa fortune, mais qui ne fut porté à la surintendance des finances que huit ans après que ce chancelier et son fils eurent été chassés. On ne peut s'empêcher de rapporter une saleté de ce surintendant, pour sa singularité étrange. Étant au Conseil avec la Reine régente, il vint une odeur de charbon et d'ordures qui infecta le lieu, et dont la Reine se plaignit fort. Bullion tira une petite boîte d'ivoire de sa poche et la présenta à la Reine pour la sentir; la Reine l'ouvrit avec impatience, mais, en la portant à son nez : « Ah! Bullion, s'écria-t-elle en la lui rejetant, vous m'empoisonnez. Comment! c'est de la merde! » C'en étoit en effet: la boîte se renouveloit tous les matins de la plus fraîche, et le surintendant, qui n'aimoit rien tant que cette odeur, avoit oublié que ce goiit lui étoit tout à fait particulier. C'étoit au reste un habile ministre, estimé et considéré, et qui avoit beaucoup d'amis. Lorsqu'il fit faire les premiers louis d'or, il pria cinq ou six hommes de ses amis à dîner, le maréchal de Graniont, le maréchal de Villeroy, les commandeurs de Jars et de Souvré, le marquis d'Hauterive, parent et ami intime des trois derniers, et quelqu'autre encore qui s'y trouva : au fruit, il fit servir cinq ou six bassins remplis de cette nouvelle monnoie, et leur dit d'en remplir leurs poches et leurs chausses, leurs chapeaux même, s'ils vouloient, et que tout ce qu'ils pourroient en emporter eux-mêmes étoit à eux. Pas un de la compagnie ne se fit prier, et tous s'en fourrèrent tant qu'ils purent, s'en allèrent à grand peine gagner leurs carrosses, et trouvèrent n'avoir jamais fait si bonne chère. Cette magnificence n'a pas été répétée; mais on peut croire que, quoiqu'elle vînt du surintendant, la Reine en avoit pourtant eu la confidence*.
2o3. Les ducs ne reconnaissent point la juridiction des maréchaux de France.
(Page 1 SO.)
lo mai 1698. — M. de Duras, seul, accommoda cette affaire, qui fut une bagatelle sortant de la comédie. Les ducs n'ont jamais reconnu les maréchaux de France pour juges, et, quand ils l'ont été, c'a été comme commissaires députés à cela par le Roi, et jamais le tribunal-, ni comme maréchaux de France.
254. L' archevêque de Paris sauve M. de Beauviîlier de la disgrâce. (Page 144.)
2 juin 1698. — L'affaire de Monsieur de Cambray s'étoit tournée en
1. Voyez les Additions et corrections. — 2. Ainsi, dans le manuscrit.
cabale do cour. La faveur de MM. de Chevreuse et de Beauvillier et de leurs femmes étoit ancienne et de plus en plus floinssante ; la vertu, l'estime, la confiance en étoient les bases ', et une longue habitude ne laissoit rien à espérer à leurs envieux jusqu'à cette occasion. Mme de Maintenon, entraînée par Monsieur de Chartres, à qui Monsieur de Cambray avoit tenté d'enlever la faveur et la confiance jusque dans son retranchement de Saint-Cyr, étoit devenue ennemie des deux ducs et de leurs femmes, par leur attachement à Monsieur de Cambray, à Mme Guyon et à la cause qui étoit portée à Rome. Les difficultés que sa condamnation y reçut, et la conduite du cardinal de Bouillon contraire à ses ordres aigrissoit Mme de Main tenon au dernier point, qui en avoit fait son affaire personnelle. Les trois prélats qui en étoient les tenants sentoient tout le contrecoup de n'y pas réussir, et les Noailles, avec qui Mme de Maintenon venoit de s'unir si étroitement par le mariage de sa nièce, avoient alors auprès d'elle toutes les grâces de la nouveauté, auxquelles elle ne résistoit jamais. Ils résolurent donc d'en proliter pour chasser les deux ducs et profiter de la dépouille de M. de Beauvillier en faisant donner à M. de Noailles les places qu'il occupoit auprès des enfants de France et dans le Conseil. Mme de Maintenon y entra et le proposa au Roi comme un moyen auquel il étoit obligé en conscience pour faire réussir à Rome la bonne cause et y ôter à la mauvaise les appuis dont elle s'y paroit, eu faisant entendre en ce pays-là que, si le Roi en avoit une aussi mauvaise opinion que Messieurs de Paris, Meaux et Chartres le faisoient entendre, il ne laisseroit pas M. de Beauvillier dans son Conseil, et beaucoup moins auprès des princes ses petits-fils, avec un nombre de subalternes qu'il y avoit mis et qui étoient dans les mêmes opinions que lui : ce qui avoit une apparence très plausible et à laquelle le procédé du cardinal de Bouillon donnoit un grand poids; au lieu qu'ôtant ces appuis à leur cause, c'étoit la renverser et montrer au Pape qu'il n'y avoit aucun ménagement à garder en chose oi'i le Roi lui montroit l'exemple. M. de Beauvillier fut instruit par un ami intime-, quoique d'âge peu proportionné, du péril qu'il couroit, dont il a})pril toutes les circonstances, combien le Roi étoit ébranlé, et il avoua lui-même à cet ami que lui, son beau-frère et leurs i'emmes s'apercevoient depuis longtemps de l'entier changement de Mme de Maintenon à leur égard, de celui de la cour avec elle, et de l'entraînement du Roi même. Là-dessus, l'ami crut pouvoir presser le duc d'avoir plus de coml)laisance par moins d'attachement à ce qui l'cxposoit si fort, et à parler au Roi ; mais il fut inébranlable : il répondit, sans s'émouvoir, qu'on lui en disoit tant qu'il ne doutoit point de tout le péril qu'on lui apprenoit, mais qu'il n'avoit jamais souhaité aucune place ; que Dieu l'y avoit mis, et que, quand il les lui ôteroit, il étoit tout près de les lui remettre; qu'il n'y avoit d'attachement qno par le bien (pi'il y pouvoit faire, et