‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 341 sur 427 · Ainsi, pour San-Gemini · texte numérisé non relu

Ainsi, pour San-Gemini

A. Ainsi, s'accordant avec maisons. Plus loin, précèdent, pour précédant. 5. Produit, au singulier, dans le manuscrit.

II est pourtant vrai de dire que l'origine des Conti paroît la plus illustre et la plus ancienne : on ne leur dispute pas la descente masculine de ces anciens comtes de Tusculum qui, si anciennement, ont été les tyrans d'une partie de l'Italie et de Rome même, où ils faisoient les Papes à leur gré, et c'est ce qui en a tant donné de leur maison, et, sans comparaison, plus que de nulle autre ; mais la voilà prête à s'éteindre. Les Ursins et les Colonnes se sont souvent fait la guerre, et, presque dans toutes celles d'Italie et ses mouvements divers, ont pris des partis différents. Les Ursins n'ont presque plus aujourd'hui que la branche des ducs de Gravine, et les Colonnes ne sont guère plus nombreux. Les deux chefs de ces deux maisons ont été faits grands d'Espagne, mais le Colonne plus anciennement, et sa qualité de connétable héréditaire du royaume de Naples, quoique sans fonction, jointe au nombre prodigieux de ses vassaux dans ce royaume, lui donne depuis longtemps, à Piome, un lustre que les trois autres maisons, et celle même des Ursins, ont eu peine à. soutenir. Toutes quatre ont joui depuis extrêmement longtemps d'un avantage que le long usage a comme tourné en droit, qui est d'avoir toujours au moins un chapeau chacune, et que, lorsque le cardinal de leur nom vient à mourir, il ne se fait point de promotion qu'un autre de la même maison n'y soit compris, et à peu près au désir du chef de la maison, et avec très peu d'égard à l'âge, au mérite, ni à l'emploi, et souvent très jeune et sans emploi, et connu pour ne rien promettre. Quelquefois ces cardinaux ont été de grands hommes et ont fort servi au lustre, à l'autorité et l'accroissement de leurs maisons.

« Notre chevalier de l'Oi'dre étoit fils de Virgilio des Ursins, duc de Santo-Gemini, et de Jeanne* Cajelan, fille du duc de Sermonette, et il étoit petit-fils de Jean-Antoine des Ursins, qui fut chef de cette branche, et de Cornélie de Capoue, fille du comte d'Altavilla ; et Jean-Antoine des Ursins étoit fils puîné de François qui fut premier duc de Gravina, que César Borgia fit étrangler en 1503, et qui est le sixième aïeul du pape Benoît XIII et le septième du duc de Gravina aujourd'hui aîné de la maison des Ursins et neveu de ce pape.

« Ce premier duc de Gravina étoit arrière-petit-fils de François des Ursins, comte de Gravina, préfet de Rome, qui fut un homme puissant et illustre, chef de cette branche de Gravine-, et qui mourut en 14o6. Il eut un bâtard, qui fut grand prieur de Rome et qui fut grand maître de Rhodes en 1467, après Raimond Zacosta. Ce^ bâtard fut aussi un grand maître illustre dans son ordre; ce fut lui qui créa les deux baillis conventuels d'Auvergne et d'Aragon. Le célèbre Pierre d'Aubusson lui succéda.

« Ce François* comte de Gravine, préfet de Rome, étoit second fils

1. J., en abrégé, dans le manuscrit. — 2. Tanlùl Gi-avwa, ellaniùl Gravine.

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