LA DUCHESSE DE BRACCIANO, PRINCESSE DES URSLNS
(Fragment inédit de Saint-Simon^.)
« Anne-Marie^ de la Trémoïlle-Noirmoutier, qui a fait une si incroyable figure sous le nom de princesse des Ursins. Les histoires de son temps ne laisseront pas ignorer une vie si singulièrement illustre et si liée avec les événements les plus grands et les plus intéressants de la première et principale partie du règne de Philippe V en Espagne. Ces courtes notes ne se proposent pas un champ si vaste, mais uniquement de faire connoîlre les personnes et de curieuses miettes échappées, et qu'on ne peut guère espérer d'ailleurs, et qui toutefois méritent d'être conservées*.
" Elle épousa, 16o9, Adrien-Biaise de Talleyrand, qui, le premier, s'appela prince de Chalais, mais sans rang ni distinction quelconque, et qui se trouva engagé dans ce fameux duel, en 1666^, avec MM. de la Frette et plusieurs autres qui y furent tués ou en furent perdus sans ressource. Chalais gagna d'abord ses terres en Périgord, oij ne se trouvant pas en sûreté, il s'en alla en Espagne, et sa femme l'y suivit généreusement. Ce fut le beau commencement du roman de sa vie. Eu Espagne, ils ne se trouvèrent pas bien : ils passèrent eu Italie, et, en attendant qu'ils sussent où s'attacher, la curiosité les conduisit à Rome. Ils y furent quelque temps à chercher. Le service de Venise parut quelque chose de mieux que rien : Chalais s'y voulut engager, et mourut eu chemin, au village de Maestro^, près Venise, en IGTO. Ce fut une étrange nouvelle pour sa femme, qui étoit demeurée à Rome et qui y avoit fait beaucoup d'amis. Les cardinaux d'Estrées et Porto-Carrero