‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 381 sur 427 · Voyez notamment la lettre du 11 septembre · texte numérisé non relu

Voyez notamment la lettre du 11 septembre

9. Mémoires sur Mme de Scviijné; continuation par Aubenas, tome VI, p. 185.

place, mais avec la Reine, qui l'associait à son jeu et le lui faisait même tenir pour elle pendant les prières'. Le . pénétrant courtisan » s'attendait à voir quelque crise se produire pendant un voyage de Quanto aux eaux de Bourbon; mais Quanta revint, peut-être ayant hâté son retour, et tout rentra dans l'ordre. Le 19 août, Mme de Sévigné écrit 2 : « On me mande que la belle madame a reparu dans le bel appartement comme à l'ordinaire, et que ce qui avoit causé son chagrin étoit une légère inquiétude de son ami et de Mme de S***, Si cela est, on verra bientôt cette dernière sécher sur pied ; car ou ne pardonne pas seulement d'avoir plu^. » Puis, le 2 septembre'' : -c La vision de Mme de S*** a passé plus vite qu'un éclair; tout est raccommodé. Quanto, l'autre jour, au jeu, avoit la tête toute appuyée familièrement sur l'épaule de son ami; on crut que cette affectation étoit pour dire : « Je suis mieux que jamais. « Mme de Maintenon est revenue de chez elle; sa faveur est extrême.... » C'est de ce côté-là, bien évidemment, que les clairvoyants pressentaient uu « changement de théâtre'. » Quant à Mme de Soubise, elle est partie pour aller en Beaucc, au château de Lorge : « Ce voyage fait grand honneur à sa vertu ; on dit qu'il y a eu un bon raccommodement^, peut-être trop bon.... » Elle « est partie avec beaucoup de cliagrin, craignant bien qu'on ne lui pardonne pas l'ombre seulement de sa fusée; car ce fut une grande boucle tirée lorsqu'on y pensoit le moins qui mit l'alarme au camp^. » La « grande boucle tirée » a paru aux commentateurs être une allusion aux pendants d'oreilles d'éraeraudc que la princesse arborait bien en vue, selon Mademoiselle et Mme de Caylus, pour annoncer l'absence de son mari et offrir ou accepter un rendez-vous. Mme de Caylus dit à ce propos : « Le Roi n'étoit point l'homme le plus fidèle en amour, et il a eu, pendant son commerce avec Mme de Montespan, quelques autres aventures galantes, dont elle se ^soucioit peu, et elle n'en parloit que par humeur ou pour se divertir. Je ne sais pourtant si Mme de Soubise lui fut aussi indifférente, quoiqu'elle parût ne pas s'en soucier. Mme de Montespan découvrit cette intrigue par l'affectation que Mme de Soubise avoit do mettre certains pendants d'oreilles d'émeraude les jours que M. de Soubise alloit à Paris. Sur cette idée, elle observa le Roi, le fit suivre, et il se trouva que c'étoit effectivement le signal du rendez-vous. Mme de Soubise avoit un mari qui ne ressembloit pas à celui de Mme de Montespan, et pour lequel il falloit avoir des ménagements".... »

Mme de Sévigné ne va pas si loin, n'est pas si affirmative, car elle

1. Lettres de Mme de Sévigne', tome IV, p. S3d et o44. — 2. Tome V, p. 2o-2G. o. Est-ce une allusion aux opérations magiques d' « envoûtement, » auxquelles on sait que Mme de Montespan fut accusée d'avoir recouru? ■4. Ibidem, p. 49. — 5. Ibidem, p. 56. — 6. Ibidem, p. S9.

7. Ibidem, p. 03-04. C'est de Mme de Coulanges que la marquise, alors à Livry, tenait tous ces détails.

8. Souvenirs de Mme de Cmjlus, p. 486; comparez les Mémoires de Made^ moisclle, toiuc IV, p. 419-420.

écrit encore à la date du 30 septembre ' : « Tout le monde croit que l'ami n'a plus d'amour et que Mme de *** est embarrassée entre les conséquences qui suivroient le retour des faveurs et le danger de n'en plus faire, crainte qu'on n'en cherche ailleurs. Outre cela, le parti de l'amitié n'est point pris nettement : tant de beauté encore et tant d'orgueil se réduisent difficilement à la seconde place. Les jalousies sont vives ; mais ont-elles jamais rien empêché? Il est certain qu'il y a eu des regards, des façons pour la bonne femme; mais, quoique tout ce que vous dites soit parfaitement vrai, elle est une autre, et c'est beaucoup. Bien des gens croient qu'elle est conseillée pour lever l'étendard d'une telle jterfidie, avec si peu d'apparence d'en jouir longtemps : elle seroit précisément en butte à la fureur de Mme de Montespan; elle ouvriroitle chemin de l'infidélité, et ne serviroit que comme d'un passage pour aller à d'autres plus jeunes et plus ragoûtantes. Voilà nos réflexions ; et cependant chacun regarde, et l'on croit que le temps découvrira quelque chose. Cependant ia bonne femme a demandé le congé de son époux, et, depuis son retour, elle ne paroît ni parée, ni autrement qu'à l'ordinaire*. » Et huit jours plus tard^ : « La vision de la bomie femme passe à vue d'œil; mais c'est sans croire qu'il y ait plus autre chose que la crainte qui attache à Quanta. » En fermant cette dernière lettre, la marquise ajoute : « Mme de Soubise est allée voir son mari malade en Flandre ; cela me plaît. Voyez la Gazette de Hollande. » En effet, la feuille publiée à Amsterdam avait donné toute une série d'informations ; celle-ci d'abord, sous la rubi-ique de Paris, 25 septembre: « Mme de Soubise, une des plus belles personnes de la cour, s'étoit absentée pour quelque ombrage qu'elle y donuoit à d'autres ; mais on l'a rappelée et on lui a envoyé des relais de carrosses pour la faire revenir à la cour, et elle sera apparemment du voyage de Villers-Cotterets. » Quatre jours plus tard (de Paris, "29 septembre), le correspondant avait annoncé que, parmi les habits en préparation pour le voyage de Villers-Cotterets, ceux de Mme de Soubise et de la comtesse de Guiche seraient « les plus galants. » Le 9 octobre, voulant sans doute réparer l'effet de la première nouvelle, il affirme que « Mme de Soubise est parfaitement bien en cour. » Quant au voyage en Flandre qui aurait « fermé la bouche'', » il n'eut pas lieu : « Mme de Soubise étoit partie pour aller trouver M. le duc (sic) de Soubise son

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