‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 382 sur 427 · Le 1 octobre tC7G, p. 89 et 9o · texte numérisé non relu

Le 1 octobre tC7G, p. 89 et 9o

4. C'est Mme de Sévigné qui écrit, le la octobre : « La bonne femme est en Flandre; cela terme la bouche. » Reprenant et commentant ce mot, la Beaumelle a dit à sou tour que, Mme de Soubise s'étaiit mise sur les rangs, son mari lui ordonna de le suivre en Flandre, et qu'elle nmrmura de cet ordre, mais que le Roi n'approuva pas ces plaintes, et qu'elle obéit, {Mémoires de Mme de Maintenon,éA. t789, tome II, p. l-ii.'.)

mari, qui étoit indisposé ; mais elle l'a trouvé eu chemin, et est revenue avec lui à la cour*. » Étant allée tout aussitôt rendre visite aux époux, Mme de Sévigné écrit '^ : « Je l'ai trouvée fort belle, à une dent près qui lui fait un étrange effet au devant de la bouche. Son mari est en parfaite santé et foi"t gai. Il me paroît qu'on les a mal gardés ces nuits passées^. La grande femme^ s'est fort éclaircie avec Quanto et a fait voir au doigt et à l'œil qu'elle étoit incapable d'approuver de nouveaux feux. On ne peut pas être mieux qu'elle est présentement. Peutêtre que demain ce ne sera plus la même chose; mais enfin elle est au comble. On lui a donné quatre cents louis pour faire des habits pour Viliers-Cotterets, où l'on doit faire la Saint-Hubert; mais on croit cette partie rompue. J'ai toujours cru qu'il n'y auroit de sûr que la dépense des dames, qui est excessive. Elle a été si sotte que de donner scrupuleusement dans l'étoffe, sans rien mettre à part; il me semble qu'elle eût mieux fait d'en mettre une partie en pains de Gonesse^, et d^autanf plus que, quand on n'achète point un visage neuf, les atours ne font pas bon effet.... »

La dent disparue faisait beaucoup gloser, si nous nous en rapportons à la lettre suivante^ : « Mme de *** a paru avec son mari, deux coiffes et une dent de moins, à la cour, de sorte que l'on n'a pas le mot à dire. Elle avoit une de ses dents du devant de la bouche un peu endommagée ; ma foi ! elle a péri, et l'on voit une place comme celle du gros abbé, dont elle ne se soucie guère davantage. C'est pourtant une étrange perte. » Et encore, le S novembre : « Il faut qu'il y ait eu quelque rudesse marquée à ces fêtes de Versailles ; car Mme de Coulanges vient de me mander que, du jour d'hier, la dent avoit paru arrachée. Si cela est, vous aurez bien deviné qu'on n'aura point de dent contre elle'. » Était-ce une façon de prouver qu'aucun sacrifice ne lui coûterait pour désespérer le Roi? — Mais c'en est assez pour que Saint-Simon reconstruise l'enchaînement des faits : « Le Roi, dit-il*, l'avoit souvent vue à

1. Gazette d' Amsterdam, correspondance de Paris, 20 octobre 1G7G.

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