Correspondance de Jiussy, tome V, p
8 et 9. Scvigné, tome VI, p. lOl, -203, 217, 237, 260, 331, etc.
mois de mars 1680; le \o août suivant, naquit le prince Maxiniilion, cet enfant « plus chéri que nul autre, non sans cause, >• selon Saint- Simon, et qui aurait partagé avec son frère Armand-Gaston l'afTection toute particulière du Roi *.
En 1681, au mois de février, M. de Soubise reçut tout à la fois l'agrément du Roi pour acheter le gouvernement du Berry, que vendait M. de la Rochefoucauld, et cinquante mille écus pour payer une partie du prix d'acquisition 2,
Dans le mouvement qui entraîna à la dévotion presque toutes les dames de l'entourage immédiat du Roi devenu veuf, Mme de Soubise ne resta pas en arrière. C'est Mme de Maintenon elle-même qui la nomme, en septembre 1683, avec Mmes de Montespan et de Thiange, la comtesse de Gramontet la duchesse du Lude, comme ne quittant plus les églises^^. Alors se serait établi, de concert entre la princesse et Mme de Maintenon, ce modus vivendi, cette capitulation dont Saint-Simon parle en mainte occasion * : « Livrée au Roi par ambition tant que la dévotion ne l'arrêta pas, contente de la faveur dès que cette dévotion la répudia, elle sut mettre le Roi à son aise et se servir de cette dévotion même pour maintenir son crédit, sous prétexte de ne pas ouvrir les yeux à son mari, qui les avoit si volontairement fermés, par la différence qu'il en sentiroit et
par l'époque de cette différence ^ > Notre auteur ne croit pas qu'en
dehors de l'ambition et de l'avidité, Mme de Soubise, soutenue de « plus d'esprit qu'elle n'en paroissoit, » fût « fort occupée d'autres pensées s. » « Elle n'avoit, dit-il, ni amusements, ni plaisirs, et n'étoit tournée qu'aux affaires.... C'étoit une femme qui, avec un esprit médiocre, l'avoit tout tourné au solide, et à qui il n'échappoit jamais ni un mot, ni une démarche au hasard, occupée sans cesse de ses vues, et qui, ayant toutes les voies ouvertes pour les faire cheminer, ne cessa jamais (le les avancer'..., » Aussi, « comme son affaire avec le Roi avoit été voilée, il n'y eut ni dégoût ni rupture*. » C'est précisément l'équivalent, ce sont presque les expressions mêmes de Mme de Caylus, disant, dans la suite du passage que j'ai cité plus haut^: « Mme de Soubise étoit trop solide pour s'arrêter à des délicatesses de sentiment que la force de son esprit ou la froideur de son tempérament lui faisoit regarder comme des foiblesses honteuses. Uniquement occupée des intérêts et de la grandeur de sa maison, tout ce qui ne s'opposoit pas à ses vues lui étoit indifférent. Pour juger si Mme de Soubise s'est conduite selon