‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 391 sur 427 · Tome VI, p · texte numérisé non relu

Tome VI, p

8. Des quatre fils que la princesse perdit jeunes, l'aîné mourut en 1689,

avait parlé de plaies, d'ulcères, et prétendu que Mme de Montespan comptait sur cet inconvénient pour éteindre dans le dégoût la passion naissante du Roi ; mais on disait aussi que celui-ci avait eu l'occasion de vérifier de visu que c'était pure calomnie*.

Du jour oia la maladie empira, Mme de Soubise dut se condamner à la réclusion, et elle ne parut plus à Versailles que dans de très rares occasions, comme elle fit lors du procès en contestation de nom intenté par les Rohan-Guémené à son propre frère, procès où toutes ses sympathies, toutes ses démarches furent pour les adversaires de celui-ci'. Ce- ])endant on la croyait en voie de guérison, lorsque survint, en mars 1706, une rechute, suivie, quelque trente mois plus tard, d'un nouvel accident ; et enfin elle mourut le dimanche 3 février 1709, entre cinq et six heures du matin, âgée de soixante et un ans^.

Pendant ces longues années d'éloignement*, il paraît que la princesse avait entretenu son commerce de lettres avec le Roi** : à l'extrémité, avant de recevoir les derniers sacrements, elle voulut encore lui écrire^, solliciter quelques grâces en faveur de son fils chéri le futur cardinal^, un renouvellement du duché d'Estouteville pour le père du comte de Torigny, qui devait épouser sa petite-fille *, une création de duchépairie pour son fils le prince de Rohan. Sa pensée suprême, toujours au dire de Saint-Simon, aurait été de laisser à ses enfants et à leur maison un dernier témoignage de son crédit : » Tous princes que sa beauté avoit su faire les Rohans, elle avouoit très librement que cela

des suites d'une blessure reçue en Flandre (c'était, selon le maréchal deVillars, un jeune homme de très grande valeur), et un autre, le chevalier (Henri-Louis), se rompit une veine dans la poitrine, étant de service à l'arrière-garde de l'armée, en juillet 1G93. Restent le troisième, Alexandre- Mériadec, qui mourut à dix-sept ans, le Dinars 1C87, et un dernier, Frédéric- Paul-Malo, né le 15 août 1683 et mort jeune, disent les généalogies. Les enfants survivants arrivèrent à des âges très avancés.

1. Voyez le pamphlet de 1G73 ou 1G76 reproduit dans VHistoire amoureuse des Gaules, tome IV, p. C7-G8, 81 et 83 : ci-après, p. 500. Mme de Montespan la qualifiait de «belle pomme gâtée au dedans. »

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