‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 4 sur 427 · Correspondance de Fénelon, tome VIII, p. 56 et · texte numérisé non relu

Correspondance de Fénelon, tome VIII, p. 56 et

5. Dangeau dit, le 17 janvier (tome VI, p. -279) : « Le Roi entretint

Elle fut Jiientôt finie : l'archevêque n'osa pousser les choses à bout et voulut faire sa cour, et les jésuites, au désespoir de s'être embourbés avec trop de confiance, ne cherchoient qu'à sortir de ce mauvais pas'. Cela finit donc, de l'avis du premier président, par une visite à l'archevêque du provincial et des trois supérieurs des trois maisons de Paris '^, qui, sans lui parler plus de son ordonnance^^, ne lui demandèrent autre chose que de vouloir

longtemps l'archevêque de Reims et le P. de la Chaise, chacun en particulier, et à plusieurs reprises. S. M. veut faire finir l'affaire qui est entre cet archevêque et les jésuites, qui s'aigrissoit fort et qui auroit été une occasion de scandale aux esprits mal faits. S. M., du consentement des parties, leur a donné le premier président pour arbitre, et avec ordre que cela soit terminé les premiers jours de la semaine qui vient. »

1. Dans une lettre du 10 janvier 1698 (et non 1700, comme Lavallée l'a cru), Mme de Maintcnon écrivait à l'archevêque de Paris : « L'affaire de Monsieur de Reims contre les jésuites est très fâcheuse. Il est sûr que ce sera un grand scandale, et, quoique le Roi assure fort qu'il ne s'en mêlera pas, il est fort à craindre que M. le premier président ne croie faire sa cour en soutenant les jésuites, et que l'épiscopat n'en souffre. » {Correspondance générale, tome IV, p. 306-307.)

2. On sait que la Compagnie de Jésus avait à sa tête un général perpétuel et absolu, avec cinq assistants pour les nations ou provinces d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne, de France et de Portugal, chaque province étant gouvernée par un provincial, chaque maison par un supérieur, ou, pour les collèges, par un recteur, à la nomination du général. — Selon la Gazelle (ï Amsterdam (n° ix), la déclaration des Pères fut remise à l'archevêque le ii3 janvier, en présence des évêques de Boissons et de Laon, ses suffragants, de l'abbé Roulland, son grand vicaire, et de l'abbé Boileau, chanoine de la Sainte-Chapelle, par Jacques le Picard, provincial des jésuites de la province de France, Louis le Valois, supérieur de la maison professe, Pierre Pommereau, recteur du collège de Louis-lc-Grand, et Isaac Martineau, recteur du Noviciat de Paris. Le texte en est donné dans l'Extraordinaire xi (il est aussi dans les papiers du P. Léonard, M 757, 170' portefeuille, p. 5:2-34), et parait conforme à l'analyse de Saint-Simon. « Au reste, ajoutait le correspondant de la Gazelle d' Amsterdam, cet accommodement ne regarde point le fond de l'affaire, mais seulement la forme, et le tour qu'on a pris pour ménager les expressions sur un point aussi délicat en fait bien sentir la ditliculté. « Comparez le ms. Clairambault ;290, p. ÎjOI.

3. Ord'^', ici encore, est en interligne, au-dessus de mandem\ biffé.

Deux lourdes

[1698] DE SAINT-SIMON. o

être persuadé de la sincérité de leurs respects et de la protestation qu'ils lui faisoient qu'aucun des leurs* nétoit capable d'avoir fait l'écrit dont il avoit lieu de se plaindre, qu'il avoit paru sans qu'ils en eussent eu la moindre connoissance, et qu'ils l'improuvoient^ de tout leur cœur, en le suppliant de les honorer du retour de sa bienveillance. L'archevêque les reçut, et leur répondit assez cavalièrement. Ils ne s'en aimèrent pas mieux'; mais, de part et d'autre, ils n'osèrent plus s'escarmoucher\

Sainctot ', introducteur des ambassadeurs'', fit faire une sottise à la duchesse du Lude qui pensa devenir embar- sottises

i. Leur, au singulier, par mégarde.

2. Ce verbe est employé dès le quatorzième siècle par Oresme. Littré en cite des exemples de Pascal, de Bossnet et de Mme de Sévigné; voyez aussi les Œuvres de la Bruyère, tome II, p. 197. L'Académie ne l'admet plus qu'au neutre.

3. En 1700, Dangeau (Journal, tome VII, p. 3.^1) dit que le prélat sert les jésuites, (juoique leur ennemi, et (pi'ils paraissent contents de lui.

4. S'escarmoucher se trouve dans Littré, avec un assez grand nombre d'exemples, dont le plus ancien est de Montaigne.

5. L'anecdote qu'on va lire est prise dans le Journal de Dangeau, tome VI, p. 271-272, 5 janvier 1698, où Saint-Simon avait déjà placé une Addition sur l'affaire de 1664 (ci-après, p. 111. Il a eu à parler de Nicolas Sainctot en 1692, p. 93 de notre tome I.

6. Nous avons dit que Sainctot avait acheté en 1691 une des deux charges semestres d'introducteur des ambassadeurs. Elle fut portée pour lui de soixante mille livres à deux cent quarante-six mille, par deux brevets de retenue ou d'assurance. Les appointements étaient de neuf mille livres. Il se démit le 9 décembre 1709, ayant plus de cinquante-cinq ans de service, au profit de son fils, et reçut alors des lettres de vétérance. (Arcb. nat., O'Sd. fol. 237 v°; 43, fol. 420; 47, fol. 208; 53, fol. 166 v°, 170 ot 171.) — Sur la charge d'introducteur, voyez Wicquefort, VAnihassadeur et ses fondions. Impartie, p. 418, et Guyot, Traité des droits attachés aux.... dignités, tome I, p. 608-610, ainsi que les mémoires laissés par M. de Breteuil, collègue de Sainctot (Bibliothèque de l'Arsenal, rass. 38o9 et 3800), par MM. de Brûlon et de Berlize. ses prédécesseurs (Bibl. nat., ms. Fr. 18520), et par M. de Verneuil, pour les années 1747-17oo (Bib!. nat.. mss. Nouv. acq. fr. Ll! 1-11 loi.

de Sainctot, rassaiîte. Ferreiro^ chevalier de l'Annonciade- et ambasiiitroducteur gadeur de Savoie, allant à une audience de cérémonie ambassadeurs, chez Mme la ducliesse de Bourgogne, Sainctot dit a la duchesse du Lude qu'elle devoit aller le recevoir dans l'antichambre, avec toutes les dames du palais^. Cellesci, jalouses de n'être point sous la charge de la dame d'honneur*, ne l'y voulurent point accompagner. La duchesse du Lude allégua qu'elle ne se souvenoit point d'avoir vu les autres dames d'honneur de la Reine, ni de Madame la Dauphine, aller recevoir les ambassa-

i. Ïhoraas-Félix de Ferreiro, marquis de. la Marmora et de Canosio, comte de Boriana et de Beatia (voyez le grand recueil généalogique italien de Litta, 6° partie, et celui d'Inilioi', p, SI), était déjà venu deux fois en France, comme ambassadeur du duc de Savoie, de mars 1674 à octobre 1677, et de mars 1681 à février 1687. Nommé à ce poste une troisième fois, après la paix, le 14 novembre 1696 (voyez une lettre de Tessé dans l'Appendice de notre tome III, p. 444), il fit son entrée à Paris le 7 juillet 1697, eut sa première audience le 9, et prit congé le 30 septembre 1698. Il était grand hospitalier de l'ordre des saints Maurice et Lazare (août 1675), chevalier de l'Annonciade, gouverneur du val d'Aoste et de la province d'Ivrée (1677), conseiller d'État (octobre 1681), et devint grand maître de la duchesse douairière en avril 1699. Son entrée du 7 juillet 1697 est racontée dans le Mercure de ce mois, p. 203-213, et son audience secrète dans les mémoires du baron de Breteuil (ms. Arsenal 3860, p. 156). Né le 20 mars 1626, il mourut le 10 mars 1706.

2. Sur cet ordre, voyez notre tome III, p. 136, note 6. Il ne comprenait que douze places. Un armoriai des chevaliers modernes a été publié en 1878, à Grenoble, par le comte de Foras.

3. Voyez, sur la première nomination de six dames du palais de la duchesse de Bourgogne, le 2 septembre 1696, notre tome III, p. 1S9. La reine Marie-Thérèse en avait eu douze à partir de 1674 (Pellisson, Lettres historiques, tome II, p. 103 ; Lettres de Mme de Sévigné, tome III, p. 343, 348 ct3o8), servant par semaine, quatre à la fois, puis, en 1681, servant toutes ensemble (Mémoires de Soiirches, tome I, p. 01). Elles n'avaient qu'à tenir compagnie à leur maîtresse et à la suivre partout.

4. « Les dames du palais n'ont rien à démêler avec les dames d'atour, et même la feue reine avoit des dames du palais qui n'auroient pas voulu être dames d'honneur ni d'atour, qui étoient : Mlle d'Elbeuf, la princesse d'Harcourt et Mme d'Armagnac. » {Lettres de la duchesse de Lorrame à Mme dWidcde, i). 68-69.)

deurs; Sainctot lui maintint que cela se devoit, et l'entraîna à le faire. Le Roi le trouva mauvais, et lava la tête* le jour même à Sainctot; mais l'embarras fut qu'aucun autre ambassadeur ne voulut prendre cette même audience sans recevoir le même honneur. On eut toutes les peines du monde à leur faire entendre raison sur une nouveauté faite par une ignorance qui ne pouvoit tourner en usage et en règle, et ce ne fut qu'après une longue négociation et des courriers dépêchés à leurs maîtres et revenus plus d'une fois qu'ils se contentèrent chacun d'un écrit signé de Torcy, portant attestation que cela ne s'étoit jamais pratiqué pour aucun ambassadeur, que ce qui s'étoit passé à l'égard de Ferreiro étoit une ignorance, et que cette faute ne se commettroit plus^ Avec cet écrit, ils prirent leur audience, la duchesse du Lude ne bougeant de sa place auprès et en arrière de Mme la duchesse de Bourgogne.

A quelque temps de là, le même Sainctot en fit bien [Add. S'-S. ?5.?] un autre^. Heemskerck\ ambassadeur d'Hollande, avoit

•1. « Laver la tête à quelqu'un..., est dit par métaphore du laver de la tête par main de barbier ou autre; car celui qui lave la tête à un autre, il la lui frotte, tourne et retourne, et rebourse les cheveux comme s'il le pelaudoit, s'il en jouoit à la pelote. Par ainsi, laver la tête à quelqu'un est aussi le traiter à la rigueur. « (Nicot, 1606.)

i2. Ceci est pris, mais non textuellement, du Journal de Dangeau, tome VI, p. 284. — Voyez le compte rendu de l'affaire dans les mémoires de Breteuil, dont le récit a été publié par le Magasin de librairie, tome II, p. 293-295, et le rapport du vénitien Erizzo, qui, comme les autres ambassadeurs, eut des conférences avec Pomponne et reçut la lettre de désaveu signée par Torcy (copie des Dépêches vénitiennes, lilza 190, p. 370-572, 579-681 et 583, au Cabinet des manuscrits).

3. Le manuscrit porte : un autre, quoique, plus haut, il y ait : « faire une sottise ». — Cela se passa le dimanche 12 octobre : Journal de Dangeau, tome VI, p. 437, avec Addition de Saint-Simon, p. 440. Le récit du baron de Breteuil a été publié dans les Archives curieuses de Vhistoîre de France, 2° série, tome XII, p. 155-156.

4. Conrad de Heemskerck (telle est sa signature, tandis que Saint- Simon écrit : Heemskerke), né en 1647 et fils d'une Beuningen, avait d'abord servi comme volontaire sous les ordres de Ruyter, puis était

amené sa femme et sa fille. Sa femme' eut son audience publique de Mme la duchesse de Bourgogne, assise au milieu du cercle, à la droite de la duchesse du Lude, chacune sur leur tabouret, comme c'est l'usage^. En arrivant, reçue en dedans de la porte par la dame d'honneur^, elle la mena par la main à Mme la duchesse de Bourgogne, à qui elle baisa le bas de la robe, et dont tout'

allé occuper le poste d'ambassadeur à Madrid de 1680 à 1691, avait eu entre temps une mission auprès des cours du Nord, et, de 1692 à ■1697, avait représenté les États-Généraux à Constantinople, où ses aventures et l'insuccès de sa mission, ainsi que de celle de lord Paget, avaient fait grand bruit (voyez la Gazette de 1693, p. 2o, et un dialogue dans le recueil périodique : les Travaux d'Hercule, 3" partie, mars '1693), et à Vienne, où l'Empereur l'avait créé comte de l'Empire, le 12 décembre 1697. A la même époque, il avait été désigné pour venir à Paris avec M. d'Odijck ; mais ce dernier le laissa seul en octobre 1698, peu après leur entrée officielle (24 août), au sujet de laquelle fut rédigé un mémoire de cérémonial qui se trouve dans le dossier Hollande du P. Léonard (Arch. nat., K 1307, n" 6). Il quitta la cour de France au début de la guerre de 1701, et mourut le 23 juillet 1702.

1. La Biofjrapliie hollandaise de Van der Aa (tome VIII, p. 360) ne donne que le nom de cette femme : Cornélie Pauw.

2. Sur la réception des ambassadrices, voyez les mémoires de Sainctot lui-même (Bibl. nat., ms. Fr. 14117, fol. 669-686; même texte que le Cérémonial de la cour de France imprimé en 1739, dans le Supplément au Corps diplomatique de Du Mont, tome IV, p. 49-50 et 57- 59), et divers passages du Journal de Dancjean, tome VII, p. 15-16 et 83, et des Mémoires de Lmjnes, tomes I, p. 33 et suivantes et 183, II, p. 374-373, m, p. 114, VII, p. 410, VIII, p. 198-200. L'usage do les faire asseoir était venu d'Italie {Gazette de 1062, p. 962) ; dans les autres pays, elles n'avaient que le traitement dû au titre de leur mari. Les femmes do simples envoyés no prenaient pas le tabouret {Correspondance de Madame, recueil Brunet, tome II, p. 28-29). Nous ferons remarquer que, peu de temps après l'affaire qui va être racontée, deux autres réceptions, celles des ambassadrices de Venise et de Savoie, eurent lieu ; si notre auteur n'en parle pas, c'est qu'il n'en est dit mot dans le Journal de Dangeau. Elles sont relatées dans la Gazette d'Amsterdam (n° Lix), dans notre Gazette, p. 348, et dans la copie des Dépêches vénitiennes, fllza 191, p. 254.

3. Sainctot avait d'abord prétendu que c'était à lui de la présenter.

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