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de suite elle fut baisée, comme cela est de droit pour toutes les femmes titrées'. En- même temps ^, elle présenta sa fille, qui l'avoit suivie avec Sainctot, dont c'est la charge. La fille baisa le bas de la robe, et tout aussitôt se présente pour être baisée. Mme la duchesse de Bourgogne, étonnée, hésite : la duchesse du Lude fait signe de la* tête que non; Sainctot n'en fait pas à deux fois, et hardiment pousse la fille de la main et dit à Mme la duchesse de Bourgogne : « Baisez, Madame ; cela est dû. » A cela, et le tout fut fait en un tourne-main % Mme la duchesse de Bourgogne, jeune, toute neuve, embarrassée de faire un afïront , eut plus tôt fait de déférer à Sainctot, et, sur sa périlleuse parole, la baisa''. Tout le cercle en murmura tout haut, et femmes assises, et dames debout, et courtisans. Le Boi, qui survient toujours à ces sortes d'audiences pour faire l'honneur à l'ambassadrice de la saluer" et ne la recevoir
i. Sur ce baiser d'étiquette, j'indiquerai, outre le chapitre x du Nouveau traité de la civilité (1693), l'extrait des mémoires du baron de Breteuil publié dans les Archives curieuses, 2° série, tome XII, p. loo-16'2, les autres documents cités dans notre tome III, p. 271, note 2, et p. 311, note 2, et les Mémoires eux-mêmes, ibidem, p. 27o et 309. « La présentée, a dit cent ans plus tard Mme de Genlis, la présentée faisoit une révérence à la porte, ensuite quelques pas et une seconde révérence, et une troisième près de la Reine. Alors elle ôtoit le gant de sa main droite, se penchoit et saisissoit le bas de jupe de la Reine, pour le baiser. La Reine l'empèchoit de le prendre en retirant sa jupe et en se retirant un peu elle-même. L'hommage étoit rendu; on en restoit là. » (Dictionnaire.... des étiqtiettcs, tome II, p. 72.) Comparez le Journal de Dangeau, tomes I, p. 373, et II, p. 61, avec Additions de Saint- Simon, et les Mémoires de Soiirches, tome I, p. 432.