Addition au Journal, sur sa mort, tome XIV, p
8. En mars 1667, M. de Soubise avait payé quatre cent cinquante mille livres la sous-lieutenance des gendarmes; en septembre 1673, quand M. de la Salle lui vendit la charge de capitaine-lieutenant pour cinq cent mille livres, il n'eut à en donner que cinquante mille, et le reste lut couvert par la vente de la sous-lieutenance à M. de Saint-Luc et par le débit de deux charges d'enseigne et de guidon créées à cette intention ; le Dictionnaire des bienfaits n'explique pas bien cette combinaison. De même, en 1681, pour payer le gouvernement de Bcrry, on lui donna à vendre deux nouvelles charges, qui produisirent la moitié du prix, cinquante mille ccus. En 1693, le Uoi lui abandonna, pour eu disposer à son prolit, la charge qu'il avait
compter la part fort considérable qui revint à la princesse dans la succession Rohan-Chabot ' et les héritages que le prince recueillit, comme celui de sa tante Mlle de Goëllo-; sans compter aussi le produit annuel des charges militaires, et celui des deux pensions, et celui du gouvernement de Champagne, qui était fort considérable^?
Au jugement infamant porté par Saint-Simon sur M. de Soubise, et à celui de Mme de Caylus, qui s'en rapproche si singulièrement et comme expressions et comme portée ; au pamphlet de 1676, qui, nous l'avons vu, tout en protestant de la vertu invincible de la princesse, fait du prince un mari complaisant pi'o commodo et utilitate rci communis et le montre raisonnant sa femme en ce sens*, on peut opposer les opinions d'autres contemporains qui, sans être flatteuses, atténuent singulièrement la note générale, ou plutôt, en confirmant une partie des dires de notre auteur, ne laissent guère de place aux autres imputations. C'est d'abord Spanheim, qui n'a que ces quelques notes : « Bien fait de sa personne, civil et honnête; » et ailleurs : « Honnête homme, glorieux, ambitieux; aimé et considéré du Roi. Estimé du Roi''. » Un des auteurs anonymes des Caractères de la cour de France qui parurent à plusieurs reprises entre 170'2 et 1706 dit, dans la première édition : « Le prince de Soubise est aimé du corps qu'il commande. Bon ami, mais d'une courte influence, tout rempli d'une bonne volonté dont il ne peut faire sentir les effets ; ne s'inquiétant point de la cour et n'y prenant aucun parti, que celui de ne s'embarrasser de rien ; n'ayant pas beaucoup de faveur, mais se souciant au,ssi très peu de faire sa cour ; assez spirituel pourvu qu'on ne l'approfondisse pas: facile à prévenir et insensible au malheur des autres. Son inutilité le rend obscur"'. » En
achetée à son fils le chevalier dans la compagnie des gendarmes. En 1706 enfin, on lui donna cinquante mille écus, sur le produit des charges qui vaquaient par mort danS la compagnie, pour le dédommager ainsi de ce que lui avait coûté l'établissement du prince Maximilien, tué à RamUlies. Il semble également qu'on l'aida de quelque chose lorsqu'il acheta l'hôtel de Guise, et Saint-Simon prétend que le Roi paya quarante mille écus pour Strasbourg (Dangeau, tome VII, p. 264 et 277 ; Saint-Simon, tome II de 1873, p. 306 et 315) .
1. Sa mère était extrêmement riche et l'avait avantagée de toutes façons, aux dépens du duc de Rohan {Saint-Simo)t, tome V de 1873, p. 64).
2. De ce cheT, il eut, en 1707, un legs de cent mille écus, qui vint fort à propos pour les travaux de l'hôtel de Guise.