‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 403 sur 427 · De soixante à soixante-quinze mille livres par an · texte numérisé non relu

De soixante à soixante-quinze mille livres par an

4. Ci-dessus, p. 561, ei Histoire amoureuse des Gaules, tome IV, p. 40-46 et 50. Cela rappelle le mot cynique do Bussy-Rabutin écrivant, en 1677, à Mme de Montmorency, à propos de Mlle de Ludres : « Je dirai, avec le vieux Senneterre, que les gens d'honneur n'ont point de chausses. Il n'appartient pas à ceux qui n'ont point de pain de faire les généreux.... » (Coi-j-espondance, tome III, p. 285.)

5. Relation de la cour de France en 1690, p. 130, et portraits de la cour vers 1700, à la suite, p. 423.

6. Caractères de.... la cour de France, éd. 1702, p. 28, et éd. 1706, réimprimée par M. Edouard de Barthélémy, p. 20.

4703 : « Le prince de Soubise n'est ni bien ni mal fait de corps. Son esprit est de même trempe. Bon seigneur, mais peu raftîné courtisan. Il vit tranquillement dans le poste qu'il occupe. Il aime le corps qu'il commande (gendarmes), et en est aimé. Cela suffit pour lui. Il ne faut pas lui en demander davantage*. »

M. de Soubise s'était éloigné lui-même de la cour depuis le mois de novembre 1703, en donnant sa démission et remettant la compagnie des gendarmes aux mains de son fils et survivancier, pour qui le brevet de retenue fut porté alors à quatre cent mille livres -. Il survécut seulement quatre années à sa femme ; mais, comme elle, il eut une longue agonie, qui dura d'avril à août 1712. Déjà perclus par la goutte, il dicta, le 4 avril, dans son hôtel de la rue de Paradis, un codicille additionnel au testament que lui et sa femme avaient fait conjointement le 9 août 1708^. Certains détails de cette pièce indiquent un profond esprit de résignation- et d'humilité, entre autres la devise empruntée aux livres saints pour un cadran solaire qui devait être placé dans la cour de l'hôtel, sur le mur d'un voisin, M. Chaillou :

Dies nostri sicut umhrse prsetereu7it.

Sic transit gloria mundi.

Vanitas vanitatum, et omnia vanitas^.

Le prince recommandait à son tils aine de surveiller la réfection du portail des Pères de la Merci ^, ses proches voisins, dont il s'était chargé le 6 juin 1709, moyennant concession du caveau funéraire où il alla rejoindre sa première et sa seconde femme. C'est le 24 août 4712, à Fontainebleau, qu'il mourut, étant âgé de quatre-vingt-un ans selon l'Histoire généalogique, dom Morice et Saint-Simon, de quatrevingt-cinq selon Dangeau^. Une lacune de deux mois et demi dans la correspondance de Mme de Maintenon avec Mme des Ursins nous prive des réflexions que cette mort put inspirer à l'une et à l'autre. Le Mercure se borna à l'annoncer.

1. Caractères inédits de 1703, au Musée Britannique, ms. Addit. 29 507, fol. 23v°.

2. Journal du temps, publié en 1868 dans \' Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 2° partie, p. 70; Journal de Dangeau,\,oxaeW, p. 363.

3. Copie authentique de ce codicille, dans le dossier Rohan des Pièces oH- 5^iMfl/es, vol. 2530, fol. 301-304 et 306. , ".

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