Un, par mégarde, dans le manuscrit
3. La présidente de Challes, selon la Gazette d'Amsterdam, n° xxxiv. Dangeau (p. 316) dit : « Mme la comtesse de *** », laissant le nom en blanc.
4. Grâce à l'intervention de la comtesse de Soissons et de sa famille, qui protestèrent que Mlle de Soissons seule était une « indigne créature, » Mlle de Carignan, remise le lo avril à l'ambassadeur, obtint de partir pour Bruxelles avec sa dame d'honneur, Mme de Saint-Martin, '<■ après avoir pris congé et reçu les compliments de toute la cour, " tandis que Mlle de Soissons se dirigeait sur Chambéry (appendice V ot Gazette d'Amsterdam, n°' xxxii et xxxiv). On ne revit Mlle de Carignau à Paris qu'en 1718, et momentanément : après quoi, elle alla mourir à Chambéry, dans un couvent.
5. Louis-Thomas de Savoie : voyez ce qui a déjà été dit de lui, à propos de ses sœurs, eu 1696, tome III, p. 278 et note 2, et comparez la suite des Mémoires, tome III de 1873, p. 301.
6. En 1694. On lui avait aussitôt retiré ses pensions, et, l'année suivante, un ordre du 22 mai 1693 avait prescrit à tous les intendants de mettre ses biens et ceux de sa femme sous séquestre, pour en verser le produit à l'extraordinaire des guerres. Une pension de douze raille livres avait seulement été attribuée à ses sœurs, pour leur subsistance.
7. Lors de la paix conclue en 1696, il avait espéré rentrer en grâce par l'entremise du duc de Savoie ; mais ceiui-ci n'intervint que pour la forme, et le Roi repoussa ses ouvertures : voyez l'Appendice de
Espagne, qu'il n'y trouva non plus qu'ailleurs \ Il eut peine à obtenir permission de passer à Turin, où Monsieur de Savoie ne le vouloit point voir. Sa femme* y étoit dans un couvent, fort pauvre et fort retirée^. Abbé L'évêque de Poitiers'* étoit mort au commencement de
de coëteiez cette année*. Il avoit été longtemps prêtre de l'Oratoire,
notre tome III, p. 432 et 439. En 1691, il avait quitté l'Angleterre, où Guillaume d'Orange le pensionnait, pour passer en Flandre, et de là à Milan, avec l'intention d'y attendre M. de Vaudémont.
1. Son projet de passer en Espagne est annoncé dt's le mois de janvier 1696 par Dangeau, qui rapporte, en novembre 1697, que le prince de Carignan lui a donné une pension de cinq mille livres, puis, en novembre 1698, qu'il a séjourné deux jours à Turin, avec la permission du duc, mais sans le voir, et, en février 1699, qu'il est à Gênes pour se diriger sur l'Espagne tandis que sa femme restera à Milan. Le roi Charles II ayant fait donner des ordres dans les ports pour qu'on le IbrçAt à rebrousser chemin, s'il paraissait {Journal, tomes V, p. 3u2, VI, p. 20o, 459, et VII, p. 29 ; Gazette d Amsterdam, 1699, w" xviii), il alla à Vienne, et fit encore demander la permission de revenir en France, à charge d'y garder prison « tout le temps que la pitié ou la punition l'exigeroit ; » mais le Roi répondit qu'il continuât de servir les princes qu'il voudrait choisir {Mémoires de Villars, éd. Vogiié, tome I, p. 229 et 239).
2. Ce comte de Soissons avait épousé secrètement, le 12 octobre 1680, malgré sa famille et la cour, Uranie de la Cropte de Beauvais, demoiselle d'honneur de Madame, qui mourut le 14 novembre 1717, à l'âge de soixante et un ans, et dont les Mémoires parleront longuement.
3. Elle était sortie de France peu après son mari, en mai 1693, et le Roi avait ordonné de la traiter avec honnêteté à cette occasion (Arch. nat., 01 39, fol. G8; Journal de Dangeau, tome V, p. 200).
4. L'évêché de Poitiers valait plus de trente mille livres {Journal de Dangeau, tomes VI, p. 283, et VIII, p. 331).
3. François-Ignace de Baglion de Saillant (terre du Charolais), après avoir d'abord servi comme capitaine de cavalerie, puis être entré à l'Oratoire et y avoir eu le titre d'assistant du général, avait été nommé évêque de Tréguier en mars 1679, et de Poitiers en avril 1686. Il mourut le 26 janvier 1698, à soixante-quatre ans. Il était lils d'un gentilhomme ordinaire de la maison du Roi et descendait, par sa mère, du chancelier de lîellièvrc. Voyez son article nécrologique dans le Merctire de février 1698, p. 266-267, son éloge dans la Gallia christiana, tome II, col. 1210, et son oraison funèbre par le P. Jacques Chesnon, jésuite. — Saint-Simon prend celle mort dans le Journal de Dangeau.
11698] DE SALNT-SIMON. 79
sous le nom de P. Saillant% et il étoit de ces Baglioni qui fait et défait ont tant fi2:uré dans les ffuerres d'Italie'. Ses sermons , ^^^que
. . ... de Poitiers.
l'avoient fait évêqiie de Tréguier^, où il avoit appris le bas-breton pour pouvoir entendre et prêcher les peuples de ce diocèse \ De là, il passa à Poitiers^. C'étoit un excellent évêque, qui venoit peu à Paris ; il ressembloit parfaitement à tous les portraits de saint François de Sales". J'en fus très fàclié; il étoit ami intime de mon père et de ma mère. Son évêché fut donné, à Pâques, à fabbé de Coëtelez'. C'étoit un bon gentilhomme de Bre-
i. Saint-Simon écrit : Saillans. — Le P. de Saillant avait prêché le carême de 1667 à l'Oratoire.
2. Le Morén a consacré un article à trois Baglioni qui eurent un grand renom au seizième siècle, comme condottieri et comme seigneurs souverains de Pérouse. Le Mercure dit en effet que l'évèque de Poitiers se rattachait à cette souche italienne, et les généalogistes attribuent la mémo origine aux Baglion de la Salle, en Lyonnais et Beaujolais (voyez leur article dans le nobiliaire de la Chenaye des Bois), et aux Bâillon de Forges [Armoriai général de d'Hozier, tome VII, 4868, p. 63-70).
3. Cet évêché, dont le ressort ne comprenait que soixante-dix paroisses et deux abbayes, valait quatorze mille livres.
4. Saint-Simon rappelle cela dans la table des décès de 1698 jointe à son exemplaire du Dangeau : « Mort de M. de Saillant, d'abord Père de l'Oratoire, grand prédicateur, excellent évêque de Tréguier, où il avoit appris le bas-breton pour prêcher son diocèse, enfln évêque de Poitiers. » Le fait est mentionné dans l'oraison funèbre du prélat, p. 19-20.
o. Journal de Dangeau, tome I, p. 319 et 332.
G. François de Sales, né à Sales, près Annecy, le 21 août lo67, entra dans la maison des jésuites de Paris en io80, puis se fit recevoir docteur à Padoue et avocat au sénat de Chambéry, devint prêtre et prévôt du chapitre de Genève en io93, commença alors à se faire remarquer par ses missions, polémiques, conférences et conversions, fut fait évêque de Genève en 1602, et mourut à Lyon, le 28 novembre 1622. On sait quel fut le succès de ses livres Y Introduction ù la vie dévote et l'Amour (le Dieu. Il fut canonisé par Alexandre VII, en 1663. Des portraits de lui ont été gravés par Morin, Habcrt, Audran, Scotin, Larmessin, etc. ; mais ils ne ressemblent pas, comme le dit Saint-Simon, au portrait de M. de Saillant gravé par G. Vallef.
7. Saint-Simon et Luynes écrivent : Caudelet, comme on prononçait co nom: mais la vraie orthographe est : Coëtelez (paroisse du Drénec, près Lesnevon), selon les renseignements qu'a bien voulu me fournir M. P. Pc-
l.agne\ frère d'un capitaine aux gardes"- fort estropié et qui avoit bien servi. Ils étoient parents de la maréchale de Créquy^ et souvent chez elle. L'envie de lui voir un si bel évêché et la rage de n'en avoir point fit aller au P. de la Chaise les plus noires calomnies contre l'abbé de Coëtelez, qui avoit toujours passé pour un fort honnête homme et de très bonnes mœurs, et qui l'étoit en effet, et, entre autres impostures, qu'il avoit passé au jeu tout le vendredi saint, veille du jour de sa nomination à Poitiers. La vérité étoit qu'ayant assisté à tous les offices de la journée, il alla, sur le soir, voir la maréchale de Créquy, qui étoit seule et fatiguée des* dévotions : elle aimoit à jouer; elle proposa à l'abbé de l'amuser une heure au piquet; il le fit par complaisance, fit collation avec elle, et puis se retira. Cela fut bien vérifié ensuite. Le P. de la Chaise, épouvanté de ce qu'il recevoit sur son compte, le dit au Roi, qui lui ôta sur-le-champ Poitiers''. L'éclat fut grand®; le pauvre abbé, accablé de l'affront,
lier de Courcy. — Mathurin le Ny de Coëtelez, né le 5 février 1663, était archidiacre de Vannes sous Tévèque de Rosmadec, son parent.
1. Le Mercure de juillet 1706 renferme un article sur cette maison, p. 87, et elle a un dossier important au Cabinet des titres, n° 12 924.
2. Journal de Danyeau, tome VI, p. 320 : « L'abbé de Coadelet {sic}, frère d'un officier aux gardes, qu'on dit qui est fort homme de bien, et que nous n'avons jamais vu ici. » Ce frère, Charles le Ny de Coëtelez, né le 14 avril 1660, fait sous-lieutenant aux gardes après un an de service aux mousquetaires, en septembre 1681, figura au carrousel de 1683 {Sourches, tome I, p. 237), eut le gouvernement de Redon en 1704, fut promu capitaine eu 1706, et se retira en 1714,
3. Catherine de Rougé du Plessis-Bellière, fille de l'amie dévouée de Foucquet, mariée à François, marquis et maréchal de Créquy, veuve en 1687, et morte le o avril 1713, à soixante-douze ans.
4. DiS corrige de. Deux lignes plus haut, le manuscrit porte : assité.
5. Journal de Dangean, p. 330. — Le 8 avril, le Roi écrivait à M. de Noailles, archevêque de Paris, qu'il avait cru bien faire en nommant à Poitiers l'abbé de Coëtelez, mais qu'il verrait avec plaisir les soins que le prélat se donnerait pour être informé de la conduite de cet abbo (Bibl. nat., ms. Fr. 6919, fol. 178).
6. Les journaux du temps prouvent en effet que ce singulier revire-
se cacha longtemps, puis fut trouvé dans la Chartreuse de
ment de fortune fit beaucoup de bruit : voyez, entre antres, le Supplément de la clef du Journal historique (de Verdun), tome I, p. 90, et surtout le livre des Annales de la cour et de Paris pour 1698, dont le long récit (tome il, p. 34o-353) est à rapprocher de celui de Saint- Simon. Un autre récit encore se trouve dans les notes du P. Léonard pour le mois d'avril 1698 (Arch. nat., M 737, p. 77-78), et il est intéressant à reproduire parce que la maréchale de Créquy et le P. de la Chaise, nommés ici par Saint-Simon, y interviennent pour une part considérable, que l'abbé de la Chastre y est aussi désigné comme le dénonciateur calomnieux de M. de Coëtelez, et qu'on en retrouve les principaux traits dans une lettre de Bossuet du 30 avril 1698 : « Le Roi, qui avoit nommé à l'évèché de Poitiers, le 29 du passé, l'abbé de Coadlet {sic), a révoqué sa nomination et a mis à sa place l'abbé Girard. Voici l'histoire. L'abbé Coadlet est 'breton et parent de Mmes la maréchale de Créquy et de Harlay, femme du fds de M. le premier président du parlement de Paris. Ces dames prièrent, quelques jours avant la fête de Pâques dernière, le P. Gaillard, jésuite, qui étoit chez ladite maréchale, de parler de leur part au P. de la Chaise, jésuite et confesseur du Pioi, en faveur de l'abbé Coadlet, leur parent, afin de le faire nommer par le Roi à la charge d'aumônier de S. M. vacante par la promotion de l'abbé de Mailly à l'archevêché d'Arles, et l'assurer que ce seroit obliger M. de Harlay, premier président. Le P. de la Chaise embrassa cette occasion avec plaisir, et, comme ce magistrat venoit de rendre un bon office aux Pères de la Société dans l'affaire qu'ils avoient avec M. le Tellier, archevêque de Reims, ce confesseur crut qu'il l'obligeroit davantage, si, au lieu de la charge d'aumônier du Roi, il procuroit à cet abbé l'évèché de Poitiers, qui est considérable, et qui étoit vacant. 11 en parla au Roi et lui fit un si beau portrait de cet abbé, que S. M. crut que c'étoit un bon sujet pour remplir dignement le siège de Poitiers. Quelque temps après avoir été nommé, le Roi fut fort surpris quand il apprit que cet abbé étoit un joueur de bassette, etc. Ce fut l'abbé de la Chastre, à ce qu'on dit, qui lui en dit les premières nouvelles ; quoi qu'il en soit, cet abbé aspiroit à cet évêché. Le Roi s'enquit lui-même au chevalier de Lorraine s'il avoit joué avec l'abbé Coadlet ; il dit que c'étoit la vérité. Il s'en cnquit à d'autres qui avoient joué avec cet abbé, qui l'avouèrent. Quand le P. de la Chaise vint, le vendredi 18 avril, apporter au Roi la feuille des bénéfices pour la signer et en faire expédier les brevets, ce prince lui dit: « Vous ne connoissez pas l'abbé de Coadlet; «' on m'en a informé. C'est un joueur, etc. Ainsi, [il] faut l'effacer de « dessus cette feuille, etc. » Ce qui surprit fort le jésuite, qui voulut l'excuser, mais inutilement : ce qui a donné un furieux échec au crédit de ce confesseur. » Et ensuite, le P. Léonard ajoute : « Le frère de cet
MlblOmr.S UK SAI.NT-SIMUN. V G
Rouen \ où, sans prendre l'habit, il vécut longtemps comme les chartreux^. Au bout de quelques années, il s'en alla en Bretagne, où il a passé le reste de sa vie dans la même solitude et dans la même piété, sans s'en être dérangé un moment, ni jamais fait^ la moindre démarche pour avoir quoi que ce soit^. Son frère cependant éclaircit la scélératesse et prouva si nettement^ la fausseté de tous les allégués", que le P. de la Chaise, qui étoit bon et droit, fit tout ce qu'il put pour obtenir un gros évêché à l'abbé de Coëtelez; mais le Roi tint ferme, jusque-là qu'ils en eurent des prises, lui et son confesseur, à qui il reprocha qu'il étoit trop bon, et l'autre au Roi, qu'il étoit trop dur et qu'il ne revenoit jamais '. Il ne se rebuta
abbé, qui est lieutenant aux gardes, a voulu se retirer du service à cause de cette confusion; mais, lorsque M. le maréchal de Boufilers, colonel du régiment, en parla au Roi, S. M. lui dit : « Je suis content « de son service ; qu'il demeure. Quant à son frère l'abbé, j'ai voulu « faire un exemple ; qu'il se corrige, et j'aurai soin de lui. » Ce dernier détail est confirmé par le n° xxxix de la Gazette d' Amsterdam, laquelle avait dit dans l'Extr. xxxvi, ainsi que Racine dans une lettre à son fils {Œuvres, tome YII, p. 238), et que Bossuet et Fénelon, que la « catastrophe de l'abbé de Coadlec (sic), un breton qui n'étoit, pour ainsi dire, connu de personne, » était un i-ude déplaisir pour son protecteur.
1. Maison fondée récemment par le premier président Pellot, près de la porte Saint-Hilaire, sur les deux paroisses de Petit-Couronne et de Pctit-Quevilly, et augmentée, en 1682, par la réunion d'une autre maison dite de la Rose, beaucoup plus ancienne.
2. Le P. Léonard dit que l'abbé se retira d'abord à la Chartreuse de GailloD, puis à celle de Saint-Julien-lcz-Rouen, d'où il ne sortit que pour aller dans une abbaye qu'il possédait cnRrctagnc.il mourut en 1730.