Tome IV, p
3. Louise-Françoise Bouthillier, mariée par contrat du 26 avril 1654 à Philippe de Clérambault, comte de Palluau, maréchal de France, devenue veuve le 24 juillet 1665, et morte le 27 novembre 1722, dans sa quatre-vingt-neuvième année. Voyez la suite des Mémoires, tomes III de 1873, p. 243-244, et XIX, p. 82-84. Elle fut gouvernante des enfants de Monsieur à partir de 1669, et dame d'honneur de la première femme du roi Charles II d'Espagne.
4. C'est sans doute de la généalogie du Moréri que Saint-Simon s'est servi, soit pour cette rédaction-ci, soit pour la rédaction antérieure de l'Addition 248, plus développée, mais présentant quelques erreurs, qui proviennent sans doute d'un défaut d'attention à bien lire les dates.
5. Voyez le tome II, p. 224-232, des Mémoires inédits de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne, publiés par F. Barrière, en 1828. L'auteur dit que sa femme mourut, « de pure douleur, » peu de mois après sa disgrâce, et fait son éloge, tout en racontant ailleurs (p. 321-323) bien des galanteries d'elle; mais cette mort ne fut probablement pas l'unique motif de sa retraite : son père et lui, en même temps, furent forcés de vendre leur charge de secrétaire d'État, le 3 avril 1663; Louis XIV trouvait le père trop vieux, trop sûr de lui-même, trop obstiné à <- penser les choses contre le sens et contre la raison » du maître, le fils animé du désir de bien faire, mais trop jeune (d'esprit sans doute) pour qu'on lui laissât faire les fonctions de la charge, dont la majeure partie revenait déjà à Hugues de Lionne {Mémoires de Louis XIV, tome II, p. 390- 391). De plus, le fils, ami et créature de le Tellier, devait être mal vu dans le Conseil par Colbert, si l'on s'en rapporte à une anecdote des Mémoires de l'ahhé de Choisij, p. 578, et enfin il y eut contre lui des accusations d'indélicatesse, comme on va le voir.
6. Chapelain, qui dit positivement qu'on le renvoya pour faits de
tre*. Dans les suites, il s'en repentit : il écrivit des lettres, des élégies, des sonnets beaux et pleins d'esprit, et tenta tout ce qu'il put pour rentrer à la cour et en charge^. Cela ne lui réussit pas^; la tête se troubla : il sortit de sa retraite et se remit à voyager; il lui échappa beaucoup de messéances* à son état passé et à celui qu'il avoit em-
jeu, annonce, le 20 décembre 1663, que, « dégoûté du monde après la perte de sa charge et de sa femme, » il est chez les Oratoriens, se préparant à eatrer à la Chartreuse; puis, qu'il hésite, et enfin il écrit, le 29 avril 1664 : « 11 est tombé sans ressource et s'est renfermé dans une des maisons de l'Oratoire de Paris, sur le refus qu'ont fait les chartreux de le recevoir dans la leur, craignant que leur profession ne fût trop austère pour lui. Ce ne seroit qu'un mal supportable d'avoir perdu sa charge, s'il avoit conservé sa réputation, et que sa chute n'eût pas été à titre de pipeur et de fourbe. C'est pourtant dommage, car il avoit de l'esprit et un grand amour pour les lettres, dont il faisoit sa principale ambition. Voilà ce que c'est de n'avoir point de cervelle et d'être indifférent au vice et à la vertu. » [Lettres de J. Chapelain, tome 11, p. 291- 292,343, 347,351,355, 360.) D'ailleurs, Brienne lui-même fait allusion (tome H, p. 224, de ses Mémoires) à cette accusation de filouterie.
1. C'est en septembre 1667 qu'il reçut le sous-diaconat à Angers. En 1671, il publia un Recueil de poésies chrétiennes et diverses, sous le nom de la Fontaine, qui écrivit la dédicace au prince de Conti. Il était alors au séminaire oratorien de Saint-Magloire, rue Saint-Jacques, aujourd'hui occupé par l'Institut des Sourds-Muets, et inclinait au jansénisme.
2. Ceci n'est pas dans l'article du Moréri, qui, d'ailleurs, s'étend assez longuement sur les productions litléraiies de Brienne. La seconde épigramme de Boileau a trait à sa passion pour les vers latins.
3. « Il sortit de l'Oratoire malgré lui, si on l'en croit, et, comme il l'avoue, cette sortie le jeta bientôt dans une vie entièrement dissipée. Il s'exila de sa patrie et passa en Allemagne, y fut obligé de sortir de son rang et de son caractère, et se mêla de plusieurs affaires qui lui en attirèrent, dans la suite, de très fâcheuses. On ne peut y penser sans douleur, parce cjnc c'étoit un beau génie et qu'il avoit une érudition peu conunune. » (Moréri.) Comparez les Mémoires inédits de Brienne, tome 11, p. 233. Selon les biographes, c'est une passion extravagante qui lui fit quitter l'Oratoire en 1670. En Allemagne, non content de duper au jeu, dit-on, le duc de Mecklenbourg, il se déclara ouvertement l'amant de la duchesse. Ses folies le firent rappeler à Paris en 1673.
4. Voyez ce mot dans le tome Vil des Mémoires, p. 375, et dans le tome XXI, p. 173, dans une Addition au Journal de Dancjcan, tome XII,
brassé depuis. On le fit revenir en France, où, bientôt après, on l'enferma dans l'abbaye de Château-LandonV Sa folie ne l'empêcha pas d'y écrire beaucoup de poésies latines et francoises, parfaitement belles et fort touchantes, sur ses malheurs^ Il laissa un fils% qui est aussi
p. 428, etc. Littré en cite des emplois par Voiture et la Fontaine, outre ceux de Saint-Simon. « Qualité de ce qui ne sied pas bien, qui est indécent, incivil, » dit Furetière.
•1. Chàteau-Landon avait une abbaye fort peu riche, fondée au sixième siècle par Childebert, fils de Clovis I", sous le vocable de saint Séveriii, puis occupée par des chanoines réguliers de Saint-Victor, et dont l'abbé était, depuis 1G89, Henri de la Graiige-Trianon. Mais, avant d'être relégué dans cette maison, Brienne fut d'abord conduit à Saint-Germaindes-Prés, en 1673, puis, la même année, le 9 mai, à Saiut-Benoît-sur- Loire, et, le 28 janvier 1G74, à la maison de Saint-Lazare, où il resta dix-huit années. C'est seulement en 1692, sur les démarches de Pontchartrain, son allié, et après enquête et jugement du lieutenant civil le Camus (voyez les pièces publiées par M. Aimé Champollion en tête des mémoires de Brienne le père, éd. Michaud et Poujoulat), qu'il obtint de vivre à sa guise dans Saint-Lazare, non plus comme correctionnaire ou insensé, mais comme pensionnaire volontaire. Il est possible, et il le dit lui-même, que les mano3uvros de certains parents avides et dénaturés aient été pour beaucoup dans sa longue détention ; toutefois, on ne lui rendit jamais la liberté complète, soit à Saint-Lazare, soit au séminaire des Missions étrangères, où il passa le 27 août 1692. C'est sur sa prière, et afin qu'il eût plus de commodités pour prendre l'air et se promener, qu'on l'envoya, le 4 avril 1696, à Chàteau-Landon, où il finit ses jours. Les pièces relatives à ces détentions se trouvent dans les registres de la maison du Roi (Arch. nat., 0' 3G, 39 et 40), et les lettres de Brienne lui-même, en 1692, dans le ms. Clairambault 1129, fol. 4o-69. Voyez aussi les papiers du P. Léonard, Arch. nat., MM 823, fol. lo2.
2. Voyez les détails donnés par le Moréri. C'est également pendant cette longue réclusion que furent composés les Mémoires inédiis que Barrière fit paraître cent cinquante ans plus tard, et qui vont jusqu'à l'année 1683. On y a constaté, par endroits, des preuves d'altératioîi d'esprit.
3. Louis-Henri II de Loinénie, comte de Brienne, marié en 1689 à une fille du premier président Brûlart, mourut à Paris, le 14 mars 1743, âgé d'environ quatre-vingt-cinq ans. C'est le père du célèbre archevêque de Toulouse, ministre de Louis XVI. Si c'est bien de ce personnage qu'il s'agit ici, la rédaction serait postérieure à 1743, tandis que nous savons qu'elle se place entre 1739 et 1740. D'autre part, comment notre
mort enfermé, et deux filles. Sa sœur' et sa fille ainée^ épousèrent MM. de Gamaches, père et fils; et l'autre fille^, M. de Poigny Angennes^ Ainsi ont fini les Loménie^
auteur dit-il que ce fils est « aussi mort enfermé, » et, deux lignes plus loin, que « les Loménie ont ainsi fini » ? Le duc de Luynes, qui, par sa femme, était beau-frère de Louis-Henri II, ne parle pas de folie (tomes IV, p. 439-440, et V, p. 227). Quant à l'extinction des Loménie- Brienue, elle n'était pas encore près d'avoir lieu. Peut-être Saint-Simon ne pense-t-il qu'à leur existence ministérielle, finie en 1663.
1. Marie-Antoinette de Loménie de Brienne, mariée le 4 juin 1642 à Nicolas-Joachini Rouault, marquis de Gamaches (voyez notre tome I, p. 104), devenue veuve en 1689, et morte le 8 décembre 1704, à près de quatre-vingts ans. On a d'elle les caractères de Brienne et de sa mère, dans la Galerie de Mlle de Montpensier. Saint-Simon avait son portrait à la Ferté, avec celui de la princesse de Conti, son amie.
2. Lisez : cadette. — Louise-Madeleine de Loménie, mariée en 1680 à Claude Rouault, comte de Cayeux, puis marquis de Gamaches (aussi cité dans le tome I, p. 104, note 6), devint veuve le 2 décembre 1736, et mourut à Paris, dans sa quatre-vingt-unième année, le 11 décembre 1739. Voyez la suite des Mémoires, tomes IV, p. 199, et XVII, p. S3.
3. Anne-3Iarie-Thérèse de Loménie, mariée en mai 1678, et morte le 7 mars 1680, à vingt-trois ans, laissant un fils que nous verrons figurer sous le titre de marquis d'Angennes, et qui fut tué à Malplaquet, dernier de sa branche.
4. Joseph d'Angennes, marquis de Poigny (branche cadette des Rambouillet), guidon des geiukiraics do la maison du Roi en 167o, enseigne de 1682 à 1683, mourut à Paris le 19 mars 1687, âgé de trente-quatre ans et s'étant remarié avec Marie de Châtillon.
o. Quoique leurs preuves de noblesse pour l'Ordre, en 1619, remontassent à 1470, ce n'était pas une vieille famille : on ne connaît rien de bien sûr avant le père de M. de la Ville-aux-Clercs, qui était greffier du Conseil et que le comte de Retz fit tuer dans de singulières circonstances, le jour de la Saiut-Barlhélemy. On les disait originaires de Limoges, où il y avait encore des marchands de ce nom, et où un Jean de Loménie se fit recevoir trésorier provincial des ponts et chauseces en 1654". Quant au titre si ancien de comte de Brienne, il vint à Henri- Auguste de Loménie par la vente du comté que lui fit, vers 1623, le cardinal de Richelieu ; celui-ci l'avait acquis des demoiselles de Luxembourg, héritières de Charles, vingt-cinquième comte et duc à
" Le fils d'un bourgeois de Limoges du nom de Loménie épousa, sous Louis XIV, Geneviève Béjard, bclle-sœiir de Molière. Voyez le commentaire du Pourceaicgiiac, dans le tome VII des Œuvres, p. 218.
M. de Lionne' eut la charge de M. de Brienne'-; sa famille a encore moins duré, et n'a pas fmi plus heureusement^ : tel est d'ordinaire le sort des ministres*.
En même temps' mourut à Rome le duc de Bracciano, Mort du duc de
à soixante-dix-huit ans, dont tout le mérite consista en Duciièsse
sa naissance et en ses grands biens **. C'étoit, comme je de Bracciano;
l'ai dit", le premier laïque de Rome, grand d'Espagne, ses premières
prince du soglio du Pape* et chef de la maison des Ur- prend
sins\ La sœur de son père^" étoit la fameuse duchesse '^ "°'"
brevet de Brienne (voyez notre tome II, p. 21-23, et, dans les Écrits inédits de Saint-Simon, un article des Duchés éteints, tome V, p. 220- 229), dont l'une, Louise de Luxembourg, femme de M. de Bcon du Masses, maria sa fille, aussi en 1623. au même Henri-Auguste de Loraénie.