Le voulut corrige l'a voulu
4. Les Annales de la cour (tome II, j). 14) disent que le marquis, vieux et goutteux, « n'a point feint d'épouser une fille de dix-huit ans. » Elle avait vingt-deux ans et demi, étant née le 8 octobre 1675. 11 avait failli obtenir, en 1696, la jeune et belle Grancey (Sourches, tome V, p. 112).
5. Voyez notre tome III, p. 81 et Additions, p. 542. Guitry (ici écrit : Quitry), ayant acheté la charge de Soyecourt pour six cent mille livres, la fit ériger en titre de grand maître, et revendit les deux charges de maître, pour cinq cent mille livres, l'une à M. de Nogent, l'autre à l'abbé de Clcrmont, qui prit alors le nom de marquis de Saissac (Journal d'Ol. dOrmesso7i, tome II, p. 574). On réserva les fonctions et le détail du service au grand maître, ne laissant aux deux maîtres que l'honneur de suppléer celui-ci et quelques menues fonctions au lever et au coucher, mais point du tout le droit de s'occuper des habits du Roi. Les appointements et profits étaient de dix-huit
gros joueur et beaucoup du grand monde, mais peu estimé, et on se défioit fort de son adresse au jeu'. Le Roi, dans ces temps-là^ jouoit aussi fort gros jeu, et c'étoit le berlan^ qui étoit à la mode. Un soir que Saissac étoit de la partie du Roi, M. de Louvois vint lui parler à l'oreille. Un moment après, le Roi donna son jeu à M. de Lorge, à qui il dit de le tenir et de continuer pour lui jusqu'à ce qu'il fût revenu, et s'en alla dans son cabinet avec M. de Louvois. Dans cet intervalle, Saissac fit une tenue* à M. de Lorge, et qu'il jugea contre toutes les règles du
mille li^Tes environ. Voyez les Mémoires du duc de Luynes, tome I, p. 2"22-223 et 236, et l'État de la France, 1698, tome I, p. 191-193.
1. Les Mémoires du inarquis de Soiirches (tome I, p. 208, note 4) le qualifient seulement de « grand joueur, ayant beaucoup gagné » .
2. En 1671 : Lettres de Mme de Sévigné, tome II, p. 113-114. Selon le récit très circonstancié de la marquise, Saissac gagnait partout depuis deux mois, et il avait enlevé cinq cent mille écus (d'autres disaient deux raillions) au Roi, à l'aide de cartes « ajustées. » Il « savoit si bien le jeu des autres, que toujours il faisoit va-tout sur la dame de pique, parce que les piques étoient dans les autres jeux, et le Roi perdoit toujours à trente et un de trèfle, et disoit : « Le trèfle « ne gagne point contre le pique en ce pays-ci. » Le jeu se tenait alors chez Mme de la Vallière, et Saissac, ayant donné trente pistoles aux valets de chambre pour jeter à la rivière « des cartes qu'ils avoient, qu'il ne trouvoit pas bonnes, » avait introduit son fabricant dans la maison. Le Roi fit avouer lui-même à ce « cartier » qu'il fournissait plusieurs autres personnes « de ces bonnes cartes rangées. » Il se crut obligé de sévir, et défendit au marquis de reparaître devant lui. Saissac recula devant une justification et se retira à Castelnau, en laissant démission et procuration aux mains du maréchal d'Albret : voyez les pièces publiées dans le tome IV des Archives de la Bastille, p. 50-Sl.
3. « Berlan, jeu de cartes qu'on joue à trois personnes et à trois cartes, où on fait des enchères à l'euvi les uns des autres. » {Furetière, 1694.) Saint-Simon, comme le duc de Luvnes, écrit souvent : berlan. Dans les Additions indiquées ici, il parle de reversis, et non de brelan, et Saissac « pousse M. de Lorge de renvis. » Dans la notice inédite de Saint-Simon sur Saissac que l'on trouvera à l'Appendice, n" VIL c'est le brelan à cinq, et le coup est bien mieux expliqué qu'ici.
4. C'est-à-dire tint un coup sur la proposition de son adversaire. Furetière définit la tenue : <> Action d'un joueur qui pourroit s'en aller, et qui ne le fait pas. »
jeu, puis un va-tout', qu'il gagna ne portant quasi rien. Le coup étoit fort gros. Le soir, M. de Lorge se crut obligé d'avertir le Roi de ce qui s'étoit passé. Le Roi fit arrêter sans bruit le garçon bleu^ qui tenoit le panier des cartes et le cartier^ : les cartes se trouvèrent pipées \ et le Cartier, pour avoir grâce, avoua que c'étoit Saissac qui les lui avoit fait faire et l'avoit mis de part avec lui^. Le lendemain, Saissac eut ordre de se défaire de sa charge'^ et^ de s'en aller chez lui. Au bout de quelques années, il obtint la permission d'aller en Angleterre** : il y joua plu-
i. Il accepta comme enjeu tout ce que l'adversaire avait sur table.
2. Un garçon du château portant la livrée bleue du Roi. Chez Monsieur, elle était rouge. Le produit des cartes revenait aux valets de chambre.