L'abbé corrige le ca[rdinal
o. Il protesta n'avoir jamais pensé à l'abbé d'Auvergne, qu'il savait désagréable à la cour : lettres de Bossuet et de son neveu, 20 et 22 avril
de faire l'évêque de Javarin, ne l'étoit pas au point où le cardinal de Bouillon l'avoit mandé pour faire agréer l'expédient qu'il avançoit, et qui, plus françois en son âme qu'impérial^, voyoit l'extrême répugnance du Roi pour cet évêque, temporisa si bien qu'il mourut sans le faire cardinal^ et manifesta de plus en plus, par cette conduite, l'audacieux mensonge du cardinal de Bouillon', que ce pape avoit fait mander aussi au Roi^
Trois mariages se suivirent de près, à la fin de février et au commencement de mars.
Mariage Souvré % frère de Barbezieux et maître de la garde-
et 3 juin 1698. La Relation de l'abbé Phclippeaux donne quelques renseignements sur ses manœuvres en cour de Rome (tome II, p. 39-40). Quant à la correspondance officielle, elle ne contient rien sur l'abbé d'Auvergne. Aucune instruction n'avait été donnée à l'avance ; mais le cardinal, ayant annoncé, le 24 décembre 1697, qu'il y avait des tendances à nommer le candidat impérial, et demandant à mettre quelque nom français en avant, le Roi désigna l'archevêque de Paris (Noaillcs), sauf à s'opposer à toute nomination, si le cardinal ne voyait pas jour à réussir : ce qui eut lieu eu effet. (Affaires étrangères, vol. Rome 385, fol. 232; 386, fol. o9-68; 387, fol. 126, 131-134 et 220 v à 222 v°.) i. C'est-à-dire plus favorable à la France qu'à l'Empereur.
2. Quoique l'évêque de Javarin n'eût pas renoncé à son idée d'obtenir l'appui de la France {Mémoires de Villars, éd. Vogué, tome I, p. 212), c'est seulement en 1706 qu'il y réussit, et le frère de Mme des Ursins en profita (suite de nos Mémoires, tome IV de 1873, \). 278, 284 et 28o).
3. Au commencement de 1099, M. de Bouillon recommença d'autres intrigues pour empêcher qu'on ne donnât un chapeau que demandait le roi Jacques : lettre du 22 janvier 1699, ms. Fr. 6919 (Noaillcs), fol. 141.
4. Ce dernier membre de phrase a été ajouté après coup, dans le blanc qui restait à la fin du paragraphe. D'ailleurs, la construction du commencement est incorrecte.
5. Louis-Nicolas le Tellier, marquis de Souvré (sur l'origine de ce titre, voyez notre tome I, p. 83), né le 23 janvier 1667 et second fils de Louvois, par conséijuent frère cadet de Courtcnvaux et frère aine de Barbezieux, avait eu l'abbaye de Bourgueil jusqu'en 1683, puis s'en était démis pour aller apprendre le métier des armes en Allemagne et en Pologne, et avait pris part au siège de Bude en qualité d'aide de camp du prince Charles de Lorraine. Revenu après quelques mois passés comme otage en Allemagne, le Roi lui avait donné un régiment de cavalerie, et peu de jours après, le 3 mai 1689, la charge de maître
robe du Roi, épousa la fille unique' du feu marquis de Rebenac, frère du marquis de Feuquière^ à condition d'en porter les armes et de prendre le nom de Pas dans les actes, qui est celui de MM. de Feuquière^. Il en eut beaucoup de biens et la lieutenance générale du gouvernement de Réarn et basse Navarre ^ Rebenac étoit fort honnête homme, et fort employé et distingué dans les négociations ^
de la garde-robe qu'avait le fils de M. de Lionne. En mars 1691, une débauche d'ivi-ognerie, où son ami Rochefort l'avait blessé, lui avait valu des témoignages de l'indignation du Roi; mais il s'était distingué dans la campagne du Rhin, en 1697. Il eut l'Ordre à la promotion de 1724, et mourut le 10 décembre 1723. A l'occasion de son mariage, le brevet d'assurance de cinq cent cinquante mille livres qu'il avait depuis 1689 fut renouvelé pour lui et sa femme, le 18 février 1698.
1. Catherine-Charlotte de Pas de Rebenac, que nous avons vue figurer aux fêtes de 1698 (tome IV, p. 321), et qui épousa M. de Souvré le 18 février, non le 13 mars, comme on le lit dans le Moréri : voyez le Journal de Dangeati, tome VI, p. 274 et 297. Elle mourut au château de Louvois, le 16 juillet 1739, âgée de soixante-six ans.
2. Sur ces deux frères, voyez les notes de notre tome IV, p. 321. Ici, Saint-Simon écrit : Rebenac, sans accent, et à la marge : Rebenac.
3. Voyez les Mémoires de Luynes, tome X, p. 256, et un article biographique et généalogique sur la maison de Pas, en Artois, dans le Nobiliaire de Picardie, d'Haudicquer de Blancourt, p. 402-412. « La race en est bonne, » disait Henri IV. Armes : de gueules au lion d'argent.
4. Cette charge (antérieurement revêtue du titre de sénéchal) était venue à M. de Rebenac, ainsi que son surnom, par une fille du président d'Esquille. Conservée à son jeune fils depuis 1694, lorsque cet enfant était mort, elle avait été encore donnée à la sœur, en août 1697.
5. Cette dernière phrase a été ajoutée après coup, dans le blanc qui restait. — La Gazette de 1698, p. 108, en annonçant le mariage, dit de rnême que M. de Rebenac « avoit servi le Roi dans plusieurs ambassades et négociations, avec beaucoup de réputation. » Il est un de ceux qui avaient été oubliés dans la promotion de 1688. On n'a pas publié de recueil proprement dit de ses correspondances diplomatiques, pendant les missions que nous avons indiquées, tandis que celle de son grand-père Manassès de Feuquière (1633) vit le jour dès 1753, et que son neveu Feuquière le Diable, dont Saint-Simon parlera plusieurs fois, a laissé des mémoires de tactique militaire très estimés ; cependant il se trouve un assez grand nombre de lettres de Rebenac dans la collection publiée par feu Etienne Gallois, en 1845-46, sous le titre de : Lettres inédites des Feuquières.
de Souvré
avec Mlle de
Rebenac;
Du vieux Le vieux Saissae^ épousa la dernière sœur du second
saibsac ij^ ^j^j jyç jg Chevreuse'', jeune et jolie, qui, avec peu de
;c une sœur , '' . '' . \^ , ^ ,
du duc bien, le voulut^ malgré la disproportion d'âge ^, dans l'escheyieuse. pérance d'être bientôt veuve et de jouir des erands avan-
ldd.S'-S.330 [ - ^ . ^^, , . ^ , ,
et'250''''] tages de son contrat de mariage. C etoit un homme de grande qualité et de beaucoup d'esprit, que démentoient toutes les qualités de l'àme. Il avoit eu la charge de maître de la garde-robe du Pioi de M. de Guitry lorsque le Roi fit pour lui la nouvelle charge de grand maître de la garde-robe^. Saissac étoit fort riche, fort gascon,
1. Louis de Guilliem de Castelnau, d'abord appelé l'abbé de Clermont- Lodève, puis le marquis de Saissac, baron des États de Languedoc, vicomte de Lautrec et de Nébouzan, etc., maître de la garde-robe de décembre 1660 à septembre 1671, puis mestre de camp de cavalerie de 167S à 1680, mourut à Paris le 25 avril 1705, âgé de soixante-treize ans.
2. Jeanne-Thérèse-Pélagie-Charlotte, septième enfant issu de l'alliance de Louis-Charles d'Albert, duc de Luynes, mort en 1690, avec sa seconde femme Anne de Rohan-Montbazon (ci-après, p. 23"i), était sœur germaine du comte d'Albert, d'U chevalier de Luynes, de la feue princesse de Guémené, de la princesse de Bournonville, de la marquise d'Heilly et de la comtesse de Verue. Née le 8 octobre 1675 et élevée à Port- Royal, comme ses aînées, elle épousa M. de Saissac le 16 mars 1698, et mourut le 14 janvier 1756, ayant survécu à son mari cinquante et un ans, et ayant perdu en 1715 un lils unique, dernier de la race. Elle laissa pour légataire universel son arrière-petit-neveu le duc de Chevreuse (Mémoires de Luynes, tome XIV, p. 381).