‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 90 sur 427 · Littré p'a pas relevé cette forme réfléchie · texte numérisé non relu

Littré p'a pas relevé cette forme réfléchie

4. Une des lettres de Beauvillier à Pomponne (18 juin 1698) est reproduite dans le tome IX des Archives de la Bastille, p. 69. Elle récapitule les faits passés

5. Ailleurs, il dit du môme Beauvillier : « Avec tant de lumières et de sagesse, il est surprenant que rien ne l'ait pu détacher, ni le duc son beau-frère, de l'admiration et de l'attachement à Mme Guyon, à laquelle Monsieur de Cambray les tenoit enchaînés, ni que la fausseté de ses prophéties ne leur ait jamais ouvert les yeux. » (Addition au Journal de Dangeau, tome XV, p. 231-232; comparez la suite des Mcmoires, tome X, p. 284.)

Roi étoit fort ébranlé. II m'écouta sans m' interrompre, avec beaucoup d'attention. Après m'avoir remercié avec tendresse, il m'avoua que lui, son beau-frère et leurs femmes s'apercevoient depuis longtemps de l'entier changement de Mme de Maintenon, de celui de la cour, et même de l'entraînement du Roi*. J'en pris occasion de le presser d'avoir moins d'attachement, au moins en apparence, pour ce qui l'exposoit si fort, de montrer plus de Sainte complaisauce, et de parler au Roi. Il fut inébranlable; il "(jf'curil'c'' me répondit sans la moindre émotion qu'à tout ce qu'il Ceauviiiier. lui revenoit de plusieurs côtés il ne doutoit point qu'il ne fût dans le péril que je venois de lui représenter, mais qu'il n'avoit jamais souhaité aucune place; que Dieu Tavoit mis en celles où il étoit; que, quand il les lui voudroit ôter, il étoit tout prêt de les lui remettre ; qu'il n'y avoit d'attachement que pour le bien qu'il y pourroit faire; que, n'en pouvant plus procurer, il seroit plus que content de n'avoir plus de compte à en rendre à Dieu et de n'avoir plus qu'à le prier dans la retraite, oi^i il n'auroit à penser qu'à son salut ; que ses sentiments n'étoient point opiniâtreté; qu'il les croyoit bons, et que, les pensant tels, il n'avoit qu'à attendre la volonté de Dieu en paix et avec soumission, et se garder surtout de faire la moindre chose qui pût lui donner du scrupule en mourant. 11 m'embrassa avec tendresse, et je m'en allai si pé-

1. Dès 1690, Bcauvillier avait sif^nalé à M. Tronson les manœuvres tic, la cabale contre Fénelon, on expliquant ses propres relations d'autrefois avec Mme Guyon et demandant des conseils pour se dégager {Correspondance de Fénelon, loma Vil, p. 'ii't-'iTl , 264-271 et 276-277). Le 9 avril 1697, il avait écrit à Mme de Maintenon que sa femme et lui avaient rompu tout commerce avec Mme Guyon, dont il condamnait les livres absolument, sans aucune restriction; de même à M. Tronson, en lui disant, le lij avril : « Jamais intrigue de cour n'a été plus étendue, ni plus forte contre un particulier, que celle qui est contre moi. On ne va pas moins qu'à dire qu'il est terrible de voir des princes entre les mains de gens d'une religion nouvelle. » (Correspondance de Fénelon, tome Vil, p. 396-404; Correxpoudance qénérale de Mme de Maintenon, tome IV, p. 87-89.)

nétré de ces sentiments si chrétiens, si élevés et sirares\ que je n'en ai jamais oublié les paroles, tant elles me frappèrent, et que, si je les'^ racontois à cent fois différentes, je crois que je les redirois toutes, et^ dans le même arrangement que je les entendis'. Cependant l'orage arriva au point de maturité, et en même temps un autre prodige^. Les Noailles se servoient bien de Monsieur de Paris pour persuader au Roi par conscience un éclat qui retentit jusqu'à Rome, et d'ôter" d'auprès des princes tout mauvais levain"; mais ni le mari ni la femme n'osèrent jamais lui confier leur but: il* étoit trop honmie de bien;

i. L's de »*ares est ajoutée après coup. ' . . ;

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