‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 94 sur 427 · Par attirer, en attirant · texte numérisé non relu

Par attirer, en attirant

3. Selon le chancelier Daguessean {Œuvres, tome XIII, p. 7o et 174-176), M. de Noailles, « plus chrétien que politique, » consulta Daguesseau père, qui lui conseilla d'épargner M. de Beauvillier, comme ayant fait amende honorable, ainsi que sa femme et les Chevreuse.

4. Fonds, comme toujours, dans le manuscrit, o. Avoit est au singulier, et arrachés au pluriel.

6. Cette insinuation ne s'accorde guère avec le ton des lettres qu'elle adressait à l'archevêque de Noailles, et oîi il est parlé des mesures rigoureuses prises à contre-cœur contre M. de Beauvillier. En juin 1698, au moment de l'exécution dont il va être parlé, elle disait : « Je ne doute point que M. le duc de Beauvillier ne soit fâché de me perdre. Mon amitié pour lui étoit très sincère; je crois qu'il en avoit pour moi.... Nos quiétistes de la cour abjurent Mme Guyon presque aussi mal à propos qu'ils l'avoient soutenue. Le livre de Monsieur de Meaux, disent-ils, leur ouvre les yeux, et il n'y a rien, dans le livre de Monsieur de Meaux, qui ne vienne d'eux. » Le 7 août : « J'ai voulu voir M. de Beauvillier pour nous affliger ensemble. Je suis très édifiée de tout ce que je vis en lui; mais M. l'abbé de Langeron et M. du Puy ne lui tiennent guère moins au cœur que Monsieur de Cambray.... » {Correspondance générale, tome IV, p. 237 et 245-246; Griveau, Étude, etc., tome II, p. o-lO.)

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point, il avoit mis sa confiance et qui, de plus, s'y trouvoit aussi puissamment intéressé, respira et devint inaccessible aux coups qu'à l'appui de cette affaire on voulut leur porter désormais. Mais l'orage tomba' sur les autres, sans que M. de Beauvillier, trop suspect à leur égard, les pût sauver. Ce fut pourtant avec lui-même que le Roi décida leur disgrâce". Il fut longtemps seul avec lui, le matin du lundi 2 juin, avant le Conseil, et, l'après-dînée, Quatre OU sut que l'abbé de Beaumont^, sous-précepteur, l'abbé domestiques j^ Langeron^ lecteur, du Puy et l'Échelle % gentilshommes

i. Tomba a été écrit après coup en interligne.

2. Les deux phrases qui suivent sont presque textuellement transcrites du Journal de Dartgeau, tome VI,. p. 3o6. Comparez la Gazelle d'Amsterdam, n'« xLvii et XLvin. Lavallée a eu tort de placer en juin 1697, au lieu de tG98 (tome IV, p. 160), une lettre où Mme de Maintenon dit que le Roi diffère l'exécution de peur de peiner M. de Beauvillier.

3. Pantaléon" de Beaumont, né en 1660, fils d'Henri de Beaumont, seigneur du Gibaut et maréchal de camp, et d'une sœur consanguine de Fénelon, avait été nommé sous-précepteur en 1689 (Journal de Dangeau, avec Addition, tome IV, p. 346). Après la disgrâce, il rejoignit à Cambray l'archevêque, qui le fit son grand vicaire ; mais il ne put obtenir sa succession en 1715, n'eut un siège épiscopal, celui de Saintes, qu'en 1716, et mourut dans cette ville le 10 octobre 1744, laissant au séminaire un assez grand nombre de manuscrits de son oncle. « C'étoit, dit ailleurs Saint-Simon, le fanatisme et l'abjection même du plus plat sulpicien. » (Addition au Journal de Datigeau, tome IV^ p. 346.)

4. François Andrault de Langeron, fils de cette dame d'honneur de Madame la Princesse dont il a été parlé en 1696 (tome III, p. 207), né le 20 juin I608, et fait prieur d'Anzeline, avait suivi Fénelon dans sa mission de Poitou, en 1686, puis pris une part active à ses relations avec Bossuet. 11 était prêtre et lecteur des princes depuis 1689*. Lui aussi se retira à Cambray, où il mourut le 10 novembre 1710. Sur lui et sa famille, voyez le tome VIII des Mémoires, p. 102.

5. L'un et l'autre ont été déjà nommés à propos du « petit trou-

<» La Gallia christiana l'appelle Léon et dit qu'il était doyen commendataire de Carennac : c'est l'ancien prieuré de Fénelon, que l'abbé de Chantérac ofTrit tout de suite, en 1698, d'abandonner au profit du disgracié.

* Il y a une erreur, à son sujet, dans l'Addition l'-26 (tome II, p. ilO), où il est dit que Fénelon, « devenu intime de Mme de Lanjjeron, procura à son fils une place de sous-précepteur, qui lui fut toujours intimement uni. » C'est l'abbé de Beaumont qui avait eu une des deux places de sous-précepteur, le Roi s'étant réservé de donner lui-même l'autre à l'abbé Fleurv. Les

casse.

de la manche' de Mgr le duc de Bourgogne, étoient chas- principaux des

ses sans aucune conservation pécuniaire'-, et Fénelon^, de'Vr'ance

exempt des gardes du corps, cassé, sans autre faute que chassés et

le malheur d'être frère de Monsieur de Cambray. On ie™P'aces «t

•> le trere de

apprit tout de suite que M. de Beauvillier avoit ordre de Monsieur présenter au Roi un mémoire des sujets qu'il croiroit deCambray propres à remplir les quatre places auprès des princes*. Rien ne marqua plus la rage de la cabale que Fénelon cassé, qui, par son emploi, n'approchoit point des princes, et dont la doctrine, assurément, étoit nulle ^. Aussi

peau » de Muie Guyon : tome II, p. 343, et Addition l:i6, p. 412, où ils ont leur éloge ; comparez les Mémoires du marquis de Sourclies, tome III, p. 138, qui vantent leur sagesse et leur piété. On a deux lettres de du Pny au marquis de Fénelon (1733), dans la Correspondance, tome XI, p. 76 et suivantes. Il avait été dénoncé dès 1696 comme ayant perverti la duchesse de Guiche (Correspondance générale de Mme de Maintenon, tome IVL, p. o8-o9).

1. Tome II, p. 4. — Les deux amis de Fénelon avaient été nommés le 16 septembre 1689. Ces charges rapportaient six mille livres.

2. C'est-à-dire sans que rien leur fût conservé de leurs gages et appointements. L'archevêque fut en même temps rayé de tous les états, et le Roi promit à Bossuet qu'il ne reviendrait jamais à la cour.

3. Henri-Joseph-François de Salignac, chevalier puis comte de Fénelon, demi-frère de l'archevêque, avait été nommé exempt en 1691, dans la deuxième brigade de la, compagnie de Noailles. Il mourut à Paris, le 2 mars 1733, âgé de soixante-quinze ans.

4. On n'épargna que les abbés Fleury et de Catolan. 3. Il avait eu précisément sa charge d'exempt par M. de Noailles et

malgré son propre frère, qui ne lui trouvait pas une conduite assez réglée et cherchait à le convertir. M. de Noailles lui eût fait même avoir un régiment, s'il n'avait été mal noté auprès du Roi et dans son corps. D'autre part, entre Monsieur de Cambray et ce frère, il y avait peu d'intimité. « Je suis persuadé qu'il m'aime, disait Fénelon ;je ne l'ai jamais haï.... » {Correspondance de Fénelon, tome II, p. 21, 28-30, 47-48, 54, 36-38, 63.)

fonctions de sous-précepteur et de lecteur étaient d'ailleurs à peu près les mêmes {Dangeaii, tome XVI, p. 365). On a publié plusieurs lettres de M. de Langeron dans la correspondance de Bossuet et dans celle de Fénelon; quelques-unes doivent venir des archives du château de Mouchy (vol. 68). C'est à lui que l'abbé de Chantérac, pendant son séjour à Rome, adressait des rapports fréquents qui sont imprimés avec la correspondance sur le t|uiétisiiie, et l'on a une lettre touchante de l'archevêque sur sa mort.

Mme de Maintenon fut-elle outrée de s'être vue toucher au but, pour n'avoir plus d'espérance contre des gens qui, échappés de ce naufrage, ne pouvoient plus être attaqués, ni donner sur eux aucune prise. Aussi* ne leur pardonna-t-elle jamais ; mais, en habile femme, elle sut prendre son parti, ployer sous le goût du Roi, et vivre peu à peu, à l'extérieur au moins, honnêtement avec d'anciens amis, puisqu'elle n'avoit pu les perdre^. M. de Noailles fut encore plus outré qu'elle, et fut longtemps en grand froid avec son frère. Mme de Noailles n'en étoit pas moins affligée; mais elle en savoit trop pour ne^ pas sentir les conséquences de cette brouillerie domestique. Elle mit donc tous ses soins, d'abord pour empêcher le plus qu'elle pût qu'on ne s'en aperçût, ensuite pour* les raccommoder : à quoi il fallut bien que son mari en vînt. Le maréchal de Villeroy, M. de la Rochefoucauld, un gros d'envieux qui, chacun à sa façon, avoit^ poussé à la roue, et qui, ravis de la chute des deux beaux-frères, auroient encore été plus piqués d'en voir profiter M. de Noailles, furent" désolés d'un si grand coup manqué, et par leur jalousie et par leur espérance sur la dépouille. Mme la duchesse de Bourgogne, qui, à force de n'être occupée qu'à plaire au Roi et à Mme de Maintenon, prenoit en jeune personne toutes les impressions que lui donnoit cette tante si factice', et qui necachoit pas toujours celles qu'elle avoit prises, parut", depuis cette époque, un^ grand éloi-

1. A remarquer la diirérenee de signification qu'il y a entre cet aussi et celui qui commence la phrase précédente, avec le sens où l'on emploie d'ordinaire aussi bien. Comparez ci-après, p. 196, et ci-dessus, p. 61 .

2. Dans son Élude sur la condamnalion du livre f/es Maximes, M. Griveau étal)lit qu'il y eut réconciliation immédiate. Voyez les lettres de Mme de Maintenon citées plus haut, p. lo;>, note 6.

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